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Raphaël Glucksmann élu candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle

Raphaël Glucksmann élu candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle

Le leader de Place Publique Raphaël Glucksmann s'est imposé dimanche dès le premier tour comme le vainqueur de la gauche sociale-démocrate, devant Olivier Faure, le patron du Parti socialiste.

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C'est la première fois de son histoire que le PS n'aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

Avec plus de 66 % des voix (79.613 voix), l'eurodéputé de 46 ans, a réussi son pari de l'emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu'il refuse.

"La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (...) je suis le candidat de la gauche démocratique" qui "pourra battre l'extrême droite", a-t-il affirmé lors d'une allocution devant la presse.

Il s'est désigné également comme le candidat "de la rupture avec le macronisme" et "de la rupture avec l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche".

Auparavant sur X il avait jugé que ce résultat disait "quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner". Mais "nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l'élection présidentielle", a-t-il ajouté.

Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14 % des voix (17.398 voix).

Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection, comptait sur le patriotisme de parti pour l'emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5 % des voix, loin des intentions de vote de M. Glucksmann, qui navigue entre 10 et 12 %.

"Une majorité très claire s'est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants", a-t-il dit à l'attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

M. Faure qui avait considéré qu'une victoire de M. Glucksmann signifierait l'effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s'y sont engagés tous les candidats.

- "Choix du repli" -

L'ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n'avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n'a obtenu que 7,62% des voix. Elle s'est dite "déçue" du résultat, sans rien regretter.

Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6 % des voix. Ils faisaient figure d'outsiders.

Au total quelque 120.787 votants se sont exprimés sur les 134.456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l'ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu'à dimanche soir.

Très identifié sur l'international et l'Europe, M. Glucksmann voit dans cette primaire le début d'une "refondation de la gauche", avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon.

Ce fut d'ailleurs son principal sujet de discorde avec M. Faure et Mme Royal, lors des débats télévisés.

M. Glucksmann, qui considère que M. Mélenchon joue avec les codes de l'antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l'a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024).

M. Faure, partisan d'un rassemblement de la gauche à l'Assemblée, l'avait accusé en retour de vouloir se rapprocher du centre, ravivant le procès en "macronisme" qui colle à la peau de l'eurodéputé.

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, proche de M. Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit "celui qui fait le choix du repli".

Jean-Luc Mélenchon, qui a rassemblé dimanche 10.000 personnes lors d'un meeting à Clermont-Ferrand, avait expliqué samedi attendre que la primaire "se passe". "Une fois que le candidat socialiste sera désigné, le tableau sera plus stabilisé", a-t-il dit. "Enfin, pas tout à fait de leur côté", a-t-il ironisé, prévoyant de rapides dissensions internes.

Pour le député insoumis Paul Vannier, "le PS sort ce soir de la scène politique nationale en ne présentant pas de candidature issue de ses rangs à la présidentielle" et son candidat "est prétendant au leadership au sein du bloc macroniste".

T.Ibrahim--SF-PST