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Décréter la sortie des énergies fossiles n'est "pas réaliste", dit le président de la COP31 à l'AFP
La transition vers les énergies renouvelables sera une priorité du sommet annuel sur le climat de l'ONU en novembre, dit dans un entretien à l'AFP le président turc de la COP31, Murat Kurum, qui rejette cependant toute notion de pression sur les Etats.
"Tous les pays sans exception dépendent des énergies fossiles. Se contenter de leur demander d'en sortir n'est donc pas réaliste", a déclaré M. Kurum jeudi à Paris, en marge d'une conférence à l'Agence internationale de l'énergie consacrée à la transition énergétique.
La COP30 à Belem a échoué en novembre à inscrire une phrase sur les énergies fossiles dans le texte final, approuvé par près de 200 pays sous l'égide de l'ONU, face à l'opposition de grands pays producteurs. En maigre compensation, la présidence brésilienne de la conférence a lancé l'idée d'une "feuille de route" volontaire pour une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz.
La Turquie tentera-t-elle de faire revenir dans le texte final une mention des énergies fossiles? "L'important n'est pas d'ajouter quelques mots dans un texte", rétorque M. Kurum, via un interprète, semblant vouloir ménager les intérêts des pro et des anti-énergies fossiles. Un président de COP n'a pas d'autre pouvoir que celui de gérer les négociations entre l'ensemble des pays.
"Nous mettrons cette décision en œuvre", dit toutefois Murat Kurum au sujet de l'initiative brésilienne sur la "feuille de route", sans se montrer plus explicite.
Le camp des partisans de la sortie des énergies fossiles a cette semaine été rasséréné par la première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta en Colombie, à laquelle ont participé une cinquantaine de pays.
L'objectif d'une sortie progressive des énergies fossiles a été adopté universellement à la COP de Dubaï en 2023 mais se trouve dans l'impasse politique depuis, sur fond de reculs environnementaux à travers la planète.
- Sincérité et promesses tenues -
Sur les thèmes qui pourraient faire de la COP31 une réussite, Murat Kurum, ancien candidat à la mairie d'Istanbul et proche du président Recep Tayyip Erdogan, répond attendre "de la sincérité" des délégués.
"Nous voulons des promesses tenues à la COP31", dit-il, ajoutant rechercher "une COP axée sur les résultats et la mise en œuvre", à l'instar des Brésiliens en 2025.
M. Kurum ajoute que "nous ne ferons aucun progrès si nous prenons la crise comme excuse", tout en ayant reconnu quelques heures plus tôt au cours d'un discours que "le monde est aujourd'hui confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire" en raison de la guerre au Moyen-Orient.
"Bien sûr, les feuilles de route et les plans d'action sont très importants. Mais l'essentiel est de parvenir à diversifier les sources d'énergies propres et renouvelables. Si l'on ne veut plus jamais revivre une telle crise", dit-il encore.
Quant à l'absence des Etats-Unis aux négociations climatiques internationales depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le responsable confie que des entreprises américaines "nous ont contactés pour nous faire savoir qu'elles souhaitaient jouer un rôle actif lors de la COP31".
"Si telle est l'attente du public, alors, en fin de compte, d'une manière ou d'une autre, les gouvernements devront s'y conformer", ajoute Murat Kurum dont le pays va partager l'organisation de la COP31 avec l'Australie, qui dirige les négociations, un arrangement inédit dans l'histoire des COP.
Malgré cette répartition des tâches, la Turquie n'entend pas s'occuper seulement de logistique.
"La Turquie jouera un rôle partout, où que ce soit", insiste fermement M. Kurum, notant qu'"en fin de compte, ce sera la présidence de la COP31 qui prendra les décisions".
D.Qudsi--SF-PST