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Thomas Buberl, l'homme qui a transformé Axa
Thomas Buberl, qui va prolonger jusqu'à 2030 son mandat à la tête d'Axa, a profondément changé le profil du deuxième assureur européen depuis dix ans avec à la clé une accélération de la croissance.
L'assemblée générale du géant de l'assurance a voté jeudi le renouvellement pour quatre années supplémentaires du mandat d'administrateur du directeur général.
Depuis son arrivée à la tête du groupe en 2016, l'homme d'affaires, né en Allemagne, entreprend de remodeler le profil de l'entreprise.
D'un assureur "très focalisé sur l'assurance vie et sur le risque financier", Axa se recentre sur la santé, les produits d'épargne peu consommateurs de capital, la prévoyance et l'assurance d'entreprises en dommages, explique-t-il à l'AFP.
Il resserre dans le même temps l'empreinte géographique du groupe à une quinzaine de pays parmi la soixantaine où il était présent, se positionnant là où "la croissance se trouve".
"Quand j'ai commencé, je pense qu'on était à moins de 2% de croissance. Aujourd'hui, on est à plus 6%", note le dirigeant de 53 ans.
Pourtant, à ses débuts à la tête de l'assureur, jeune, allemand et inconnu de la place économique parisienne, il n'avait "aucun atout pour réussir", se rappelle M. Buberl pour qui "trouver son point de différenciation, sa particularité n'est pas facile", explique-t-il.
Silhouette longiligne et tiré à quatre épingles, l'homme a rapidement gravi les échelons au sein de l'assureur, avant d'être choisi, de manière inattendue, comme nouveau patron en 2016.
Il avait commencé sa carrière comme consultant au Boston Consulting Group. Une période formatrice, qui lui laisse le temps de choisir dans quelle carrière il veut se lancer.
Il constate que l'assurance, malgré une image poussiéreuse et administrative, est un métier "très noble", dans lequel vous "aide(z) les gens qui sont en difficulté", mais pas reconnu à sa juste valeur, regrette-t-il dans un français parfait.
Il rejoint en 2005 Winterthur assurances, groupe qui sera acquis l'année suivante par Axa. M. Buberl intègre ensuite Zurich Insurance en 2008 comme directeur général pour la Suisse.
C'est en 2012 qu'il revient au sein d'Axa, devenant directeur général de sa filiale allemande et membre du Comité exécutif du groupe, ce qui lui permettra d'assister aux décisions stratégiques, et d'apprendre.
Henri de Castries, à qui il succède, raconte l'avoir "repéré" quand Axa a racheté Winterthur en 2006, "il était très jeune, mais il sortait déjà du lot".
- Intégration -
Thomas Buberl a "non seulement bien dirigé le groupe, mais il a fait des efforts assez remarquables d'intégration dans la société française", insiste M. de Castries.
Le dirigeant européen, qui possède les nationalités allemande, suisse et française, estime qu'"être ouvert"; avoir connu "plusieurs cultures", l'a aidé à "trouver sa place".
Ayant collaboré avec lui au bureau du collectif des entreprises pour une économie plus inclusive, la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, salue le fait que le dirigeant d'une multinationale se soit impliqué dans cette initiative franco-française.
"C'est quelqu'un de très réfléchi, de très concentré", indique-t-elle.
Ils partagent ainsi la conviction "du rôle très vertueux que peut avoir et que doit avoir l'entreprise sur des sujets de société, mais qui lui sont propres", selon Mme MacGregor.
Ces dix années à la tête d'Axa lui permettent aussi d'asseoir son style de management.
"Ce qu'il faut arriver à faire comme dirigeant c'est d'aligner les gens pour poursuivre un but, mais aussi de donner suffisamment de pouvoir et de délégation pour qu'ils puissent exercer leur métier (...) Il faut s'assurer que les gens suivent leur chemin, mais qu'ils décident comme vous décidez", explique-t-il.
M. Buberl, officier de réserve de la Marine nationale, explique avoir "copié-collé pas mal de l'armée chez Axa": "le principe de délégation, le principe d'alignement des valeurs, (...) c'est très proche", estime l'assureur.
Les partenaires sociaux n'ont pas souhaité répondre aux sollicitations de l'AFP.
Un salarié, qui a gardé l'anonymat, estime lui qu'Axa est une bonne entreprise au niveau social, mais qu'il existe certaines rigidités dans le dialogue social, notamment en ce qui concerne le télétravail, que la direction a souhaité ramener à deux jours au lieu de trois.
D.Qudsi--SF-PST