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ALEX BODI sází ve spolupráci s CRIF na transparentní investice a důslednou prevenci praní špinavých peněz
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"Cendrier du Pacifique": au Fidji, un projet d'incinérateur inquiète
Inoke Tora, propriétaire foncier, a pris mardi le bus pour Suva, la capitale des Fidji, pour y remettre une pétition de villageois opposés à un gigantesque projet d'incinération des déchets, inquiets de ses conséquences pour l'environnement.
Les entrepreneurs australiens Ian Malouf, qui a fait fortune dans le traitement des déchets, et Rob Cromb, actif dans le prêt-à-porter, veulent construire un port et un incinérateur à moins de 15 kilomètres de Nadi, la porte d'entrée touristique de l'archipel du Pacifique.
"Il y a des centaines de personnes qui vivent dans des villages à cet endroit et elles pêchent chaque jour, mangent des crabes frais. Elles appellent cette plage le paradis", soutient Inoke Tora interrogé par téléphone par l'AFP alors qu'il se rendait déposer la pétition auprès du Premier ministre des Fidji.
Ses détracteurs redoutent que l'incinérateur ne nuise à la réputation de l'archipel en matière d'éco-tourisme, ne contamine l'environnement et ne transforme l'archipel en destination pour les déchets dont d'autres pays -Australie en tête- ne veulent pas.
- "Colonialisme" -
Estimé à environ 500 millions d'euros, le projet prévoit une capacité de 900.000 tonnes de déchets non recyclables traités par an.
Selon le duo d'entrepreneurs à son origine, il pourrait couvrir 40% des besoins en électricité de la nation très isolée de 900.000 habitants répartis sur des dizaines d'îles, et réduire sa dépendance au diesel.
Mais une étude d'impact environnemental déposée par leur propre société, TNG, estime que l'usine augmenterait également de 25% les émissions de gaz à effet de serre des Fidji, pays en première ligne du changement climatique et de la montée des eaux.
Si le gouvernement assure que le projet est en cours d'examen, l'ambassadeur des Fidji auprès des Nations unies, Filipo Tarakinikini, l'a critiqué lundi sur les réseaux sociaux, avertissant que la côte de Vuda, au nord de Nadi, ne devait pas "devenir le cendrier du Pacifique".
Le diplomate s'inquiète des risques de contamination posés par les retombées toxiques et dioxines ainsi que de la possibilité prévue d'envoyer aux Fidji jusqu'à 700.000 tonnes par an de déchets non recyclables de l'étranger, ce qu'il qualifie de "colonialisme des déchets".
- "Réelles préoccupations" -
Ian Malouf a passé sept ans à essayer de construire un incinérateur similaire dans la banlieue de Sydney, en Australie, avant que les autorités ne rejettent le projet en 2018 en raison des risques sanitaires.
Stephen Bali, le maire qui avait alors mené l'opposition au projet, exhorte les Fidji à demander des analyses indépendantes, relevant en particulier les émissions liées au transport depuis l'Australie: "Nous devons gérer nos propres déchets".
Ian Malouf n'a pas donné suite aux demandes de commentaires de l'AFP, tandis que Rob Cromb a reconnu "de réelles préoccupations concernant la sécurité environnementale, la transparence et l'ampleur de la proposition", assurant qu'elles seraient "prises au sérieux".
L'entrepreneur a organisé des réunions d'information avec les riverains concernés aux Fidji, où il est né et avec qui il garde des liens commerciaux. La marque de prêt-à-porter Kookai, qu'il dirige en Australie et Nouvelle-Zélande, y confectionne des vêtements. Rob Cromb avait racheté en 2017 toute l'entreprise créée à Paris mais ses activités françaises ont depuis été placées en redressement judiciaire et en partie revendues.
Dans un communiqué à l'AFP, l'homme d'affaires réfute l'idée d'un projet consistant à "importer des déchets" dans son archipel natal, bien que les documents déposés auprès du gouvernement stipulent que l'incinérateur serait susceptible de traiter des ordures venues d'Australie et du reste de la région.
Les opposants y voient une violation d'une convention de 1998 signée par l'Australie, qui interdit l'expédition de déchets dangereux vers tout Etat insulaire du Pacifique.
M. Cromb assure que l'objectif est de traiter des ordures générées aux Fidji tout en répondant aux besoins énergétiques. Il met en avant les avantages environnementaux d'incinérer les déchets plutôt que de les enfouir, ainsi que de les valoriser en produisant de l'électricité et en réduisant ainsi la consommation d'hydrocarbures.
Les systèmes de production d'énergie à partir de déchets non-recyclables, insiste-t-il, "sont largement utilisés dans des juridictions qui comptent parmi les protections environnementales les plus strictes au monde".
Y.AlMasri--SF-PST