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La Bourse de Paris repart à la baisse, rattrapée par les prix du pétrole
La Bourse de Paris a nettement reculé jeudi, plombée par la reprise de la flambée des prix du pétrole en raison de la guerre au Moyen-Orient qui ravive les craintes d'inflation et fait bondir les taux d'intérêt de la dette française.
Le CAC 40 a perdu 1,49% à 8.045,80 points, une baisse de 121,93 points. Ce recul a coupé court à la tentative de rebond de l'indice de la veille (+0,79%), sur fond d'accalmie sur le marché des hydrocarbures, après un début de semaine dans le rouge.
"On ne voit pas de désescalade, et le prix du pétrole continue de grimper", résume Stanislas de Bailliencourt, directeur adjoint des investissements de Sycomore AM, interrogé par l'AFP.
Au sixième jour de la guerre, le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), reste paralysé.
Le pétrole continue de grimper. Vers 17H00 GMT, le WTI américain prenait 6,04% à 79,17 dollars, au plus haut depuis plus d'un an, et le Brent de la mer du Nord gagnait 3,71% à 84,42 dollars.
La hausse du gaz naturel restait contenue, avec une progression de seulement 2,00% à 49,74 euros le mégawattheure pour le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe. Mais depuis le début de la semaine, il a flambé de près de 60%.
La volatilité a marqué la séance. Après avoir ouvert en légère baisse, les indices européens ont grimpé à la mi-journée, après un article de presse évoquant "que l'Iran pourrait potentiellement abandonner son programme nucléaire si les États-Unis proposaient un accord alternatif suffisamment attractif", explique Fawad Razaqzada, analyste de Forex.com.
Mais "au fil de la journée, avec les nouvelles actions militaires, cet optimisme a laissé place à la désillusion", selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
- Flambée des taux d'intérêt -
"Les marchés craignent que cette guerre soit inflationniste, en raison de la hausse des prix du gaz et du pétrole", selon Stanislas de Bailliencourt.
Partout en Europe, dont les pays importent massivement leurs hydrocarbures, cette crainte a fait flamber les taux d'intérêt des dettes d'Etat.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le taux d'intérêt de l'emprunt français à échéance dix ans a atteint 3,46%, contre 3,34% la veille. Vendredi dernier, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Son équivalent allemand, référence en Europe, a lui atteint 2,84%, contre 2,75% mercredi soir.
E.Qaddoumi--SF-PST