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A Saint-Brévin, élus et citoyens défilent en soutien au maire démissionnaire
Élus de gauche, syndicalistes ou Brévinois, ils étaient plusieurs milliers de personnes à défiler mercredi à St-Brevin-les-Pins à l'appel de la gauche pour soutenir le maire démissionnaire de cette commune de Loire-Atlantique, devenu le symbole des élus locaux victimes de violences.
"Il a été le visage, dans les valeurs et dans les actes, de la République du quotidien, de la République du réel, pas celle des slogans", a lancé la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, avant le début de la manifestation.
Elle a fait longuement applaudir le maire (DVD) de Saint-Brevin Yannick Morez qui avait créé une onde de choc dans tout le pays en annonçant sa démission il y a deux semaines.
A ses côtés dans les rues de cette station balnéaire de 14.000 habitants ont défilé le patron du PS Olivier Faure, son homologue communiste Fabien Roussel, la secrétaire nationale d'EELV Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou encore François Ruffin (LFI). Derrière eux, environ 3.000 personnes selon les organisateurs.
Outre ces dizaines d’élus ceints de leur écharpe tricolore, se trouvaient un grand nombre d’habitants de Saint-Brevin.
"C’est important pour moi de montrer mon soutien à M. Morez, la grande majorité des Brévinois est outrée de ce qu’on lui a fait subir", assure une vieille dame qui préfère tout de même taire son nom pour "éviter les ennuis" avec un de ses voisins "réactionnaire et mauvais coucheur" selon elle.
"On est tous là pour montrer qu'on tient bon et on veut faire une démonstration. Nous sommes de gauche, le maire est de droite mais la démocratie et la République nous l'avons en commun", a déclaré Jean-Luc Mélenchon.
La marche s’est déroulée dans le calme, jusqu’à l’hôtel de ville où M. Morez, qui n’avait pas voulu y participer, s'est exprimé depuis le perron.
"Je ne m'attendais pas à voir autant de monde pour me soutenir donc un grand merci", a-t-il déclaré. "Je me suis aperçu que c'était véritablement un sujet national les agressions des élus, et donc j'ai décidé d'aller jusqu'au bout".
Sa prise de parole, longuement applaudie, a été suivie d'une Marseillaise entonnée par la foule.
- "Ils passent à l'acte" -
Depuis son audition choc par la commission des lois du Sénat et un entretien à Matignon avec Elisabeth Borne, le 17 mai, l'élu ne s'était plus exprimé.
Devant les sénateurs, M. Morez, médecin de profession, avait longuement détaillé chacune des menaces de l'extrême droite dont il a été victime depuis l'officialisation, fin 2021, du transfert près d'une école de sa commune d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) qui existait déjà à Saint-Brevin depuis 2016.
Il a martelé son sentiment d'avoir été "abandonné" par les services de l'Etat alors que se multipliaient les manifestations organisées par un petit collectif d'habitants, auxquelles s'étaient ensuite joints des groupuscules d'extrême droite, en particulier issus de la mouvance de Reconquête!, le parti d'Eric Zemmour.
Ces attaques avaient culminé le 22 mars au petit matin avec l'incendie de deux véhicules du maire devant son domicile, dont la façade avait également été touchée par les flammes alors qu'il y dormait en famille.
Yannick Morez a fait part de sa décision irrévocable de démissionner et de quitter la ville avec sa famille.
"C'est ce climat que l’extrême droite entretient qui donne une légitimité et une assurance à des gens qui avant n’en avaient pas et restaient terrés chez eux (...) aujourd'hui ils passent à l'acte", a dénoncé Olivier Faure devant des journalistes.
"La question n’est pas seulement de chercher à protéger juridiquement ou physiquement les élus, c’est d’abord de faire en sorte que le message de l’extrême droite soit condamné fermement", a ajouté le patron du PS, déplorant l’absence dans cette marche républicaine de représentants de Renaissance et de la droite modérée.
Les faits de violence physique ou verbale contre les élus ont augmenté de 32% en 2022, selon le ministère de l'Intérieur.
Mais pour Yannick Morez, le chiffre "est totalement sous-évalué!"
"Beaucoup de maires ne déposent plus plainte puisque de toutes façons rien n’est fait derrière", a-t-il regretté mercredi.
G.AbuOdeh--SF-PST