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Un "sabotage" met la gare de l'Est à l'arrêt, longues réparations pour le retour des trains mercredi
Le trafic va reprendre mais restera "perturbé" mercredi au départ et à l'arrivée de la gare de l'Est à Paris, avec un TGV sur trois aux heures de pointe, à cause d'un "acte de sabotage" qui a largement empêché les trains d'arriver ou de repartir de la grande gare mardi, a annoncé la SNCF.
"Ce matin, nous avons subi un acte de sabotage vers 03H00 du matin. Nous avons découvert (…) des dégradations importantes", a relaté Olivier Bancel, numéro deux de SNCF Réseau, lors d'un point presse. "C’est un acte de sabotage sur des câbles de signalisation qui comportent des circuits de sécurité."
La SNCF a porté plainte et le parquet de Meaux a ouvert une enquête pour dégradation volontaire et mise en danger de la vie d'autrui. "Il n’y a pas de piste, pas de revendication d’un groupe", a indiqué à l’AFP en début de soirée une source proche de l'enquête.
"Rien ne permet de préjuger de qui ou pour quelle raison il y a eu cet acte de sabotage qui a beaucoup nui à nos clients", a déclaré Olivier Bancel, responsable exploitation et réseau à la SNCF. Mais selon deux cadres de la compagnie ferroviaire interrogés par l'AFP, les auteurs de ce "sabotage" connaissaient "forcément bien le réseau", vu l'endroit visé.
- "Sans trace d'effraction" -
Les premières constatations du parquet de Meaux témoignent d'une certaine organisation: deux panneaux en béton condamnant l'accès à une trappe où se trouvait un premier coffret abritant les câbles électriques ont été "retirés et déposés".
La même opération a été constatée sur un second coffret, lui aussi incendié, accessibles par un tunnel situé sous les voies, a indiqué le parquet dans un communiqué, précisant qu'"un portillon d'accès aux voies de la SNCF était ouvert sans aucune trace d'effraction".Plus tôt dans la journée, le ministre des Transports Clément Beaune a dénoncé "un acte de malveillance scandaleux" qui "doit être sanctionné et condamné".
Les réparations sont fastidieuses. "Des équipes très spécialisées sont en train de travailler", a expliqué Olivier Bancel.
"Il y avait une cinquantaine de câbles qui ont été détériorés, qui ont été mis à feu. Et 600 circuits de sécurité environ. Il faut les prendre un par un, les vérifier, les réparer. On ne fait aucune concession avec la sécurité".
La gare dessert tout l'est de la France, l'Allemagne et d'autres pays européens, mais quasiment aucun train n'a pu y arriver ou en repartir durant toute la journée de mardi.
En fin d'après-midi, la gare, où ont transité 41 millions de voyageurs en 2019, était presque désertée.
Les TGV ont été supprimés pour la plupart, mais plusieurs pour Fribourg, Metz, Stuttgart ou Luxembourg ont été reprogrammés au départ de la gare du Nord, voisine.
- Sabotage allemand -
Mercredi, le trafic va reprendre mais doucement: un TGV sur trois circulera aux heures de pointe et un sur deux dans la journée, au départ et à l'arrivée de la gare de l'Est.
Un Transilien sur 2 est prévu sur la ligne P (axes Meaux et Château-Thierry) aux heures de pointe et "un trafic normal avec des adaptations hors heure de pointe". Le trafic TER Grand Est devrait être normal "avec des adaptations de desserte".
Dans le hall de la gare, toute la journée, les voyageurs pris de court, déçus mais généralement calmes, ont cherché des alternatives: autocar, train d'une autre gare ou, au pire, se sont résolus à une nuit d'hôtel à Paris.
L'incident rappelle un acte de sabotage qui avait visé des câbles de liaison radio en octobre en Allemagne, provoquant une panne massive dans le nord du pays.
En France, le 25 juin 2021, un incendie aux conséquences moindres avait visé quatre installations contenant des câbles de signalisation sur la ligne TGV Méditerranée, perturbant le trafic Paris-Marseille pendant plus d'une journée.
bur-meh-liu-sb/ico/or
N.AbuHussein--SF-PST