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Cinéma: la Berlinale ouvre pour examiner la complexité du monde
Cinéma: la Berlinale ouvre pour examiner la complexité du monde / Photo: RALF HIRSCHBERGER - AFP/Archives

Cinéma: la Berlinale ouvre pour examiner la complexité du monde

Le festival de cinéma de Berlin doit s'ouvrir jeudi soir avec une sélection de films éclectique qui reflète les tourments du monde et un jury présidé par la figure du nouveau cinéma allemand Wim Wenders.

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Dans un monde de plus en plus polarisé, "il est plus crucial que jamais de défendre notre liberté artistique", revendique la directrice du festival Tricia Tuttle dans un entretien à l'AFP.

"Les dictateurs détestent les esprits créatifs" qui font de leurs films "des armes dans la lutte pour la liberté et la dignité humaine", a estimé le ministre allemand de la Culture Wolfram Weimer dans un communiqué.

Il cible sans équivoque l'Iran et le Venezuela: "Nous ne devons pas laisser les despotes de Téhéran ou Caracas l'emporter."

La 76e Berlinale est le premier grand rendez-vous de l'année de l'industrie du cinéma. L'an dernier, elle avait été percutée par l'actualité politique allemande en raison de la tenue d'élections législatives au lendemain de la cérémonie de clôture.

Cette fois-ci, les enjeux politiques sont moins immédiats, mais les tensions internationales, et notamment la répression sanglante en Iran, devraient de nouveau imprégner un festival perçu comme progressiste et très politique.

Plusieurs thématiques, dont "la famille et l'intimité sous pression, les questions de soin, d'appartenance et l'expérience de vivre entre plusieurs mondes" émergent de la sélection, estime Tricia Tuttle.

Autre axe de lecture de nombreux films, "comment nos vies privées sont façonnées par des forces politiques et sociales plus vastes", souligne la directrice.

- Film d'ouverture afghan -

La cérémonie d'ouverture, qui débute à 19H00 locales (18H00 GMT), mettra à l'honneur l'actrice malaisienne Michelle Yeoh, oscarisée en 2023 pour "Everything, Everywhere, All at Once" et figure des films d'action asiatiques.

Près de 200 films seront projetés pendant les dix jours du festival qui doit s'achever le 21 février, dont 22 en compétition officielle pour succéder à "Rêves" du Norvégien Dag Johan Haugerud, couronné de l'Ours d'or en 2025.

Comme l'année dernière, la Berlinale met à l'honneur une majorité de réalisatrices. Le film d'ouverture est d'ailleurs l'œuvre d'une cinéaste afghane, Shahrbanoo Sadat, dont c'est le troisième long-métrage.

"No Good Men" raconte l'histoire de Naru, journaliste dans la plus grande chaîné télé de Kaboul, séparée du père de son fils en raison de ses multiples infidélités, et qui va faire une rencontre décisive lui redonnant espoir dans les hommes.

Le tout sur fond d'offensive des talibans qui s'apprêtent à reprendre le pouvoir à Kaboul. Shahrbanoo Sadat a elle-même fui son pays en 2021 lors de la chute du régime républicain et réside désormais à Hambourg.

"Cela parle de l'expérience des femmes afghanes, que nous ne verrions pas sans le travail de Shahrbanoo", insiste Tricia Tuttle.

Hors compétition, Roya, de l'Iranienne Mahnaz Mohammadi, raconte le dilemme d'une enseignante entre faire des aveux forcés et rester enfermée à la prison d'Evin, à Téhéran.

- Hüller au masculin -

Contrairement à Venise et Cannes, Berlin accueille peu de grosses productions au casting clinquant. A noter tout de même "The Weight", avec Ethan Hawke et Russell Crowe, sur un homme forcé de faire passer de l'or en contrebande à travers la nature sauvage et hostile de l'Oregon, dans l'Ouest américain, en pleine Grande Dépression des années 1930.

Le film a été tourné en Allemagne, alors que de plus en plus de productions américaines font le choix de tourner à l'étranger pour des raisons de coût.

En compétition, l'un des films les plus attendus est "Rosebush Pruning" d'un grand habitué de la Berlinale, le Brésilien Karim Aïnouz. Son long-métrage est présenté comme "une satire de la famille patriarcale traditionnelle".

Le casting, qui réunit Elle Fanning, Callum Turner, Jamie Bell ou encore Pamela Anderson, devrait électriser le tapis rouge samedi.

L'actrice allemande Sandra Hüller, à l'aura internationale depuis ses rôles dans "Anatomie d'une chute" et "La Zone d'intérêt", est elle aussi très attendue dans la peau d'un homme trompant un village allemand du 17e siècle. "Rose" est en lice pour l'Ours d'or.

Enfin, deux stars françaises viendront défendre un film: Juliette Binoche dans "Queen at Sea" (compétition officielle) de l'Américain Lance Hammer sur une fille confrontée à la démence sénile de sa mère, et Isabelle Huppert en comtesse vampire en quête d'un élixir de vie dans "The Blood Countess", d'Ulrike Ottinger.

F.AbuZaid--SF-PST