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Interdire les réseaux sociaux? Pour les ados, c'est "trop"
L'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans? Trop sévère, jugent de nombreux ados pour qui TikTok, Snapchat, ou Instagram sont devenus "indispensables" même s'ils en connaissent les dangers.
Tandis que le gouvernement souhaite instaurer cette interdiction dès la rentrée 2026, selon un projet de loi qui doit être prochainement examiné, les premiers concernés se montrent plutôt dubitatifs, tant ces outils font partie de leurs vies.
TikTok, Snapchat, Instagram, c'est "tous les jours, matin, midi et soir", témoigne Shay, 13 ans. "Ça me sert à me distraire et... à parler aux garçons" confie cette adolescente strasbourgeoise, déclenchant les rires de ses copines, qui portent comme elle les cheveux longs.
"Snap" c'est "mon moyen de communication". "TikTok me permet de scroller quand je m'ennuie, je regarde des vidéos pour me détendre. Et sur Instagram, je fais des +stories+ et je regarde les +stories+ de personnes que je connais", énumère Louise, 14 ans, qui vit en Haute-Loire.
"Pour moi c'est indispensable, c'est une habitude, par exemple le matin, je me prépare avec de la musique ou des vidéos, un peu moins quand il y a cours" raconte la jeune fille qui consulte les réseaux sociaux environ cinq heures par jour.
- Discuter, s'informer -
Elle y voit de nombreux intérêts: "Instagram me permet de savoir ce que font mes amies chaque jour. TikTok peut être une source d'information quotidienne pour savoir ce qui se passe dans le monde, par exemple avec (la chaîne d'actualité) +HugoDécrypte+ et sur Snap je peux m'organiser avec mes amies pour qu'on se donne rendez-vous ou pour qu'on s'aide dans nos devoirs, même si ce n'est pas très souvent !", admet-elle.
Louise dit avoir conscience des dangers "pour les yeux, le sommeil, pour tout".
Mais interdire les réseaux aux moins de 15 ans, c'est "trop". La mesure devrait plutôt concerner "les plus jeunes" selon elle, "par exemple les CM2 qui peuvent tomber sur des vidéos destinées aux grands, ou les ados de 6e ou 5e".
"Avec les réseaux sociaux, on peut faire des bonnes choses, discuter, prendre des nouvelles... ou de mauvaises choses, comme regarder du contenu interdit", remarque Yanil, "bientôt 14 ans", à la sortie du collège Pasteur à Strasbourg.
"Il faut les utiliser avec modération", estime-t-il, pas hostile à une interdiction pour les moins de 14 ou 15 ans, un âge où, selon lui, on sait alors "bien gérer" leur usage.
Pour Eden, 14 ans, en troisième au collège Carnot de Lille, "c'est une bonne idée" d'interdire les réseaux sociaux, qui peuvent être "aussi bien utiles que dangereux". Il confie être lui-même tombé par hasard sur "des choses choquantes, des vidéos publiques de morts, de suicides" sur TikTok.
A l'inverse, selon Menaouer, 13 ans, en quatrième dans le même collège, une telle interdiction "ne sert à rien" car "de toute façon, les gens vont tricher".
- Limites de temps -
Les réseaux sociaux "c'est bien mais il faut être raisonnable", estime Eugénie, 12 ans, consciente que ça peut être "une drogue" et que s'y trouvent des "personnes mal intentionnées".
Cette adolescente qui vit en région parisienne n'utilise pour sa part que WhatsApp qui lui sert à "discuter avec les amis", "organiser des sorties" et "échanger les devoirs" avec les élèves de sa classe.
Plutôt que de rendre inaccessibles les réseaux sociaux aux ados, Eugénie estime que "mettre une limite de temps obligatoire, ce serait mieux. Par exemple, 30 minutes max".
"Interdire totalement, c'est peut-être un peu excessif pour ceux qui ont l'habitude de passer beaucoup de temps dessus. Ils auront du mal à revenir à la normale".
A Strasbourg, Rita, 14 ans, juge que ce serait même "n'importe quoi". Quitter Snap ou Insta? "Jamais de la vie!".
E.Qaddoumi--SF-PST