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La grande distribution se met à l'éco-score textile pour ses vêtements
Les enseignes de la grande distribution Carrefour et Coopérative U ont décidé de renforcer la transparence environnementale dans le textile avec le déploiement de l'affichage du coût environnemental sur leurs vêtements, un dispositif encore volontaire.
Carrefour va expérimenter dès lundi l'affichage de cet éco-score sur près de 70 vêtements de sa marque Tex, avant de l'étendre à "l'ensemble de ses collections textiles", a annoncé lundi le distributeur dans un communiqué.
"Cette première étape" s'inscrit dans le cadre du déploiement "de l'affichage environnemental porté par le gouvernement", destiné à devenir un "nouveau repère" dans l'habillement, au même titre que le nutri-score dans l'alimentation, a précisé Carrefour.
Coopérative U prévoit pour sa part le déploiement du dispositif sur 220 produits proposés aux magasins U dès fin janvier avec la collection Printemps-Été 2026, une étape clé dans la stratégie RSE (responsabilité sociétale des entreprises) de la coopérative.
"Pour ce lancement, Coopérative U a choisi de se concentrer sur des familles significatives" de produits comme les jeans et les t-shirts des segments homme, femme, enfant et bébé des marques de l'enseigne "afin de toucher le plus grand nombre de consommateurs".
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique du leader français des supermarchés E.Leclerc, avait quant à lui annoncé en décembre sur LCI que l'ensemble des 7.000 références de la marque maison Tissaya afficherait dès début janvier des informations environnementales, sociales et climatiques, quel que soit le pays de production.
"Il y aura un QR Code sur chaque article et le consommateur pourra surveiller notre engagement, notre promesse d'ici 2035 de diminuer de moitié le poids carbone de chacun de ces articles", avait-il précisé.
Entré en vigueur en octobre sur la base du volontariat des marques, cet éco-score, chiffré en points, doit aider les consommateurs à choisir les produits les plus vertueux.
Il prend en compte divers paramètres: consommation en eau, émissions de gaz à effet de serre, toxicité, possibilités de recyclage ou réparation, rejet pendant le lavage de fibres microplastiques ou encore "coefficient de fast fashion" dépendant notamment des volumes de production.
Plus le chiffre est élevé, plus l'impact environnemental est important.
Ainsi, "un tee-shirt Tex en coton bio obtient un résultat de 510 points d'impact (pour 100g)", contre plus de 1.000 points (pour 100g) pour "celui d'une marque de fast fashion" à "prix équivalent (non bio)", illustre Carrefour, revendiquant un "coût environnemental moyen" de 542,91 points (pour 100g) pour l'ensemble de ses vêtements évalués à ce jour.
Les marques peuvent mentionner leurs résultats directement sur l'étiquette des produits ou via un QR code ou encore sur leur site internet.
Carrefour a choisi "de tester un mode d'affichage via l'application Clear Fashion". Les clients pourront ainsi scanner le code barre sur l'étiquette des habits concernés pour connaître leur éco-score, qui sera accompagné d'une note sur 100, calculée en parallèle par Clear Fashion selon ses propres critères environnementaux et sociaux.
Coopérative U proposera pour sa part d'accéder à l'information via un QR code en rayon, renvoyant vers un catalogue numérique détaillant le coût environnemental des articles.
"C'est très bien, il faut que les entreprises commencent à se saisir de cette question", a salué auprès de l'AFP Valeria Rodriguez, directrice du pôle plaidoyer de l'association Max Havelaar France. Mais les autorités doivent rendre cet éco-score "obligatoire" et y intégrer des "critères sociaux", selon elle.
Prévu dans la loi Climat et Résilience (2021), le dispositif devait l'être dès 2024, mais n'est finalement que volontaire, afin de laisser l'Union européenne boucler ses travaux sur l'élaboration d'un futur affichage environnemental obligatoire.
Entre 2025 et 2026, plusieurs dizaines de marques devraient avoir adopté le dispositif, estimait en octobre le cabinet de la ministre de la Transition écologique, interrogé par l'AFP.
O.Mousa--SF-PST