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Festival de BD d'Angoulême: les financeurs publics appellent à renoncer à l'édition 2026
Les financeurs publics du festival international de la BD d'Angoulême ont appelé jeudi ses organisateurs à annuler l'édition 2026 prévue fin janvier, cible d'un boycott des auteurs qui a conduit les grands éditeurs à renoncer à leur participation.
Face à cette situation, "il nous apparaît plus que compliqué d'organiser le maintien de l'édition 2026", prévue du 29 janvier au 1er février, a estimé jeudi le maire d'Angoulême, Xavier Bonnefont, devant la presse.
"Sans eux et sans festivaliers, pas de festival et sans festival, pas de subvention publique", s'est résolu l'élu aux côtés de représentants des collectivités locales et de l'Etat, qui financent près de la moitié des quelque six millions d'euros du budget de cet événement vitrine de la bande-dessinée.
"Nous demandons donc à l'association du FIBD (propriétaire historique de l'événement) et à l'organisateur (la société 9eArt+) de tirer les conclusions que cette réalité impose", a-t-il déclaré, assurant "se mettre en ordre de marche" pour trouver "un nouvel opérateur" afin d'organiser l'édition 2027.
Contactée par l'AFP, 9eArt+, délégataire de l'organisation depuis 2007, n'a pas réagi dans l'immédiat.
Sous le feu des critiques depuis sa dernière édition en début d'année, le festival d'Angoulême fait l'objet d'un large appel au boycott des auteurs et autrices de bande dessinée, dont de grands noms primés dans le passé, à l'instar de la lauréate du Grand Prix 2025, Anouk Ricard.
Ces derniers, épaulés par plusieurs syndicats et collectifs, sont en conflit ouvert avec 9eArt+ qu'ils accusent d'opacité financière, de dérives mercantiles et d'avoir licencié, en 2024, une salarié qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival.
- "Nouveau souffle" promis pour 2027 -
Ni le retrait du délégué général de cette société, Franck bondoux, ni la mise à l'écart de la présidente de l'association du FIBD - tout aussi décriée - Delphine Groux, ni la nouvelle gouvernance proposée lundi par les partenaires publics pour l'organisation future de l'événement, n'ont permis de calmer la fronde.
Ces derniers souhaitent confier les rênes du festival, à l'avenir, à une autre structure, l'ADBDA, associant financeurs, professionnels et fondateurs historiques, créée en 2017 après une précédente crise de gouvernance autour de 9eArt+. Les financeurs publics avaient déjà réclamé à l'époque la dénonciation de son contrat à reconduction tacite, qui n'est intervenue finalement que cette année.
Le Syndicat national de l'édition (SNE), qui représente 24 poids lourds du secteur dont Casterman, Glénat, Delcourt ou Bayard, a accueilli favorablement cette proposition, en saluant des "avancées majeures". Mais face à la fronde persistante des auteurs et autrices, les grandes maisons ont jeté l'éponge mercredi, estimant que l'édition 2026 ne pouvait "plus se tenir", au grand regret des collectivités locales.
Jeudi, le maire d'Angoulême a assuré que le changement de gouvernance à venir, chapeauté par l'ADBDA, donnerait "un nouveau souffle" au festival. "Il doit perdurer", a abondé Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, l'un des principaux financeurs de l'événement avec la ville et l'agglomération d'Angoulême.
"Il faut que l'édition 2027 ait lieu", "dans les conditions attendues par l'ensemble de la profession", "qu'elle soit la fête du renouveau" et cela "doit passer par un nouvel opérateur", a martelé M. Bonnefont.
- Porte ouverte à un plan B -
Bien que le SNE ait renoncé à participer au prochain festival, le ministère de la Culture avait appelé, mercredi, à maintenir une édition 2026.
Contacté jeudi par l'AFP après l'annonce faite à Angoulême, il a maintenu cette position, sans autres précisions à ce stade.
Les collectivités locales, de leur côté, n'ont pas enterré la possibilité d'un plan B, précisant toutefois que l'engagement de leurs finances dépendrait de l'importance de cet éventuel événement de remplacement, aux contours encore flous.
Pour Alain Rousset, "on ne va pas remonter toutes les tentes, les barnums, s'il n'y a personne dedans" mais des "discussions" doivent se poursuivre avec la profession pour "organiser quelque chose à Angoulême".
La "porte est ouverte" à d'autres pour proposer "une version mixte" de l'événement, "sans se focaliser sur les dates de janvier", a ajouté Xavier Bonnefont.
U.Shaheen--SF-PST