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Trump promet un accord de vente de TikTok, mais ByteDance devrait rester impliquée
Donald Trump affirme qu'un accord sur une cession de TikTok sera trouvé avant la date limite du 5 avril, mais tous les observateurs s'attendent à ce que la maison mère chinoise ByteDance reste impliquée, contrairement aux souhaits initiaux du Congrès américain.
"Il y aura un accord pour TikTok", a déclaré dimanche le chef de l'Etat américain à bord de l'avion présidentiel Air Force One, évoquant "beaucoup d'acheteurs potentiels" et "énormément d'intérêt" pour la plateforme aux 170 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis.
Une loi votée au Congrès en 2024 impose à ByteDance de vendre le réseau social sous peine d'interdiction aux Etats-Unis. La date limite, initialement fixée par les élus au 20 janvier, a été renvoyée au 5 avril par Donald Trump dès sa prise de fonctions.
A ce jour, ByteDance n'a toujours pas accepté officiellement le principe d'une cession mais, selon plusieurs médias américains, des discussions sont en cours, avec comme scénario central la scission de TikTok de sa maison mère.
Les actionnaires de ByteDance se verraient alors confier des actions de cette nouvelle entité à concurrence de leur participation actuelle dans le géant chinois.
Selon TikTok lui-même, environ 60% du capital de ByteDance est aux mains d'investisseurs non chinois, ce qui reviendrait à ce que la plateforme vidéo ne soit plus contrôlée majoritairement par une entreprise chinoise, principal exigence du Congrès.
Si ce scénario l'emportait, il écarterait tout paiement et éviterait aussi l'entrée au capital d'un ou plusieurs prétendants qui se sont manifestés ces derniers mois pour racheter TikTok.
Cette liste comprend notamment le "Project Liberty" de l'entrepreneur Frank McCourt, propriétaire de l'Olympique de Marseille, le YouTubeur MrBeast ou la startup d'intelligence artificielle (IA) générative Perplexity AI.
Quelques acteurs américains, notamment le spécialiste de l'informatique à distance (cloud) Oracle, qui héberge déjà les serveurs de TikTok aux Etats-Unis, ou la société d'investissement Blackstone, pourraient néanmoins prendre une participation minoritaire, selon des médias américains.
"Nous pensons qu'Oracle va joueur un rôle majeur dans cette saga", a commenté à l'AFP Dan Ives, du cabinet de recherche Wedbush Securities.
- Qui aura l'algorithme? -
Mais l'enjeu est tout autant financier que technologique avec, au centre du dossier, le fameux algorithme de recommandation de TikTok, considéré comme le meilleur au monde parmi tous les réseaux sociaux, ce qui explique la popularité de l'application.
"ByteDance conservera le contrôle et la propriété de l'algorithme", avance Dan Ives.
Or, c'est bien au contrôle de ce programme par une entité chinoise que voulait mettre fin le Congrès, qui craignait que des données d'utilisateurs américains puissent être remontées aux autorités chinoises.
Les parlementaires s'inquiétaient aussi de voir Pékin tenter d'influencer les internautes américains présents sur la plateforme, toujours via l'algorithme.
"Je vois mal les sénateurs républicains ou leurs homologues de la Chambre des représentants s'opposer à un report de la date limite ou à une transaction qui ne sortirait pas clairement ByteDance", fait valoir Carl Tobias, professeur de droit à l'université de Richmond.
En effet, rappelle l'universitaire, Donald Trump n'a rencontré d'opposition à aucun des dizaines de décrets qu'il a pris depuis son investiture, "dont beaucoup violent les prérogatives du Congrès garanties par la Constitution".
"J'aimerais que TikTok reste en vie", a avancé le président américain. "Egoïstement parlant, j'ai gagné le vote des jeunes de 36 points. Les républicains ne font généralement pas aussi bien auprès des jeunes et je pense que ça pourrait en grande partie être dû à TikTok."
"Trump va sortir de là en se présentant comme le sauveur de TikTok, pour pouvoir s'attirer le vote de la Gen Z", du nom de la génération née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, observe Chris Dier, professeur d'histoire et TikTokeur aux 180.000 abonnés.
Mais depuis le début de l'année et les derniers épisodes de l'épopée TikTok, il a constaté que beaucoup de créateurs de contenu et d'utilisateurs migraient vers d'autres réseaux sociaux, en particulier Instagram.
"Il y a une entreprise américaine derrière", rappelle-t-il, "Meta, qui est dans les bonnes grâces du gouvernement Trump."
Par ailleurs, selon lui, la suspension temporaire de TikTok des principales boutiques d'applications durant près d'un mois, entre mi-janvier et mi-février, a pesé.
De nombreux propriétaires de smartphones ont ainsi téléchargé d'autres applications équivalentes, réduisant l'influence de TikTok.
Q.Jaber--SF-PST