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Coup d'envoi du sommet pour l'IA de Paris en présence de dirigeants politiques et de la tech
"Un moment de véritable ouverture sur le monde": le sommet international de Paris sur l'intelligence artificielle (IA), réunissant dirigeants politiques et de la tech, s'est ouvert lundi matin au Grand Palais, pour deux journées de débats sur la régulation de cette technologie qui bouleverse les sociétés depuis deux ans.
"Il est grand temps que nous passions de la science-fiction au monde réel concernant l'application de l'IA", a insisté Anne Bouverot, envoyée spéciale de la présidence française pour ce sommet co-dirigé avec l'Inde, représentée par son Premier ministre Narendra Modi.
"Il nous faut nous demander si nous pouvons créer une intelligence artificielle qui soit une force pour le bien commun", a ajouté Fei-Fei Li, informaticienne et chercheuse à l'université américaine de Stanford.
Près de 1.500 participants sont attendus pour cette troisième rencontre internationale sur le sujet, dont le vice-président américain J.D. Vance (arrivé à l'aéroport d'Orly dans la matinée), le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing (qui a rencontré le président français Emmanuel Macron à l'Elysée) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Des dirigeants de la tech comme Sam Altman d'OpenAI, créateur de ChatGPT, Sundar Pichai, directeur général de Google, et Dario Amodei, patron de la start-up américaine Anthropic, ont également fait le déplacement.
Ils échangeront lors de tables rondes aux noms évoquant aussi bien les opportunités que les dangers de cette technologie: "Cyberattaques et intégrité de l'information", "IA et science", "L'avenir du travail".
Les grands acteurs du secteur se pencheront aussi sur une gouvernance mondiale de l'IA visant à encadrer ses potentielles dérives, après son irruption auprès du grand public il y a deux ans avec ChatGPT. Sans en entraver le développement.
- "Plus vite", "plus fort" -
Neuf pays, dont la France, des associations et des entreprises ont annoncé dès dimanche le lancement d'une initiative baptisée "Current AI" pour une "IA d'intérêt général", dotée d'un investissement initial de 400 millions de dollars et parrainée par 11 dirigeants de la tech.
Ce projet doit développer l'accès à des bases de données privées et publiques dans des domaines comme la santé et l'éducation, promouvoir une IA plus transparente et sécurisée et mettre au point des systèmes pour évaluer l'impact social et environnemental de cette technologie.
Face à l'irruption du robot conversationnel chinois DeepSeek, qui a stupéfié la Silicon Valley en janvier par sa capacité à égaler ses concurrents américains à un coût très inférieur, et la puissance de frappe des Etats-Unis avec les 500 milliards de dollars du projet "Stargate", l'enjeu du sommet est aussi de montrer que "la France et l'Europe sont crédibles", a martelé Emmanuel Macron dimanche.
"On veut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort", a-t-il insisté, en dévoilant que 109 milliards d'euros allaient être investis par des entreprises privées dans l'IA en France dans les prochaines années.
- Sommes conséquentes -
Si le détail de ce montant doit être précisé pendant le sommet, il inclut plusieurs annonces faites ces derniers jours, dont un centre de données géant financé par les Emirats arabes unis, faisant partie d'un campus IA, à hauteur de "30 à 50 milliards d'euros", ainsi que 20 milliards d'euros du fonds canadien Brookfield pour de nouveaux data centers dans l'Hexagone.
Des sommes conséquentes qui illustrent bien l'importance que prennent ces gigantesques bâtiments qui stockent les données et fournissent les énormes capacités de calcul requises par l'IA.
"Il y a vraiment besoin de beaucoup investir", confirme à l'AFP Sylvain Duranton, directeur monde de l'entité tech du cabinet de conseil BCG.
"Il ne s'agit pas uniquement d'entraîner des modèles mais de former des gens, créer des centres de recherche, bâtir des infrastructures", souligne-t-il.
Parmi les autres annonces attendues, une dizaine de grands supercalculateurs dédiés à la recherche publique ou ouverts pour les start-up européennes devraient être annoncés par Ursula von der Leyen. Ces ordinateurs surpuissants sont cruciaux pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'IA.
Mardi, une séance plénière réunira les chefs d'Etats d'une centaine de pays, tandis que se tiendra en parallèle un "Business Day" pour faire se rencontrer les entreprises de la tech venues à Paris.
A l'issue de ce sommet, la France souhaite que de nombreux acteurs prennent des engagements pour une intelligence artificielle durable et respectueuse de l'environnement, mais sans cadre contraignant.
bur-kf-dax-mng/mch/pel/vmt
Q.Jaber--SF-PST