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Twitter va interdire à ses utilisateurs de promouvoir des réseaux sociaux concurrents
Twitter va désormais interdire à ses utilisateurs de publier des liens vers des réseaux sociaux concurrents, comme Facebook ou Instagram, au moment où la plateforme d'Elon Musk est sous le coup de critiques pour avoir suspendu plusieurs comptes de journalistes.
"Twitter n'autorise plus la promotion gratuite de certains réseaux sociaux sur Twitter", a annoncé la plateforme dimanche.
Sept plateformes sont concernées: Facebook, Instagram, Mastodon, Truth Social, Tribel, Post et Nostr. Ainsi que "des agrégateurs de liens vers des réseaux sociaux comme linktr.ee, lnk.bio", est-il précisé.
Il devient par exemple prohibé de tweeter: "Merci de me suivre @Identifiant sur Instagram".
Mettre en avant sa dernière photo Instagram, ou une publication Facebook, expose ainsi l'utilisateur de Twitter à une suspension de son compte. Et s'il mentionne l'un de ses autres comptes dans sa biographie ou dans son nom, la sanction est la même, avertit le réseau.
"Si des violations à la règle restent un acte isolé ou une première infraction, nous pourrons prendre un certain nombre de mesures allant de la suppression d'un ou plusieurs tweets jusqu'au verrouillage temporaire de compte(s)", détaille Twitter.
Mais les contrevenants sont prévenus: "Toute récidive entraînera une suspension permanente".
Ces nouvelles règles sont annoncées alors que de nombreux utilisateurs de Twitter ont récemment dit envisager de migrer vers d'autres plateformes, ce qui préoccupe très probablement le nouveau patron de l'entreprise basée à San Francisco.
Le changement a aussi suscité l'incompréhension de Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter, société qu'il a quittée en 2021. "Pourquoi?", a-t-il sobrement tweeté.
- Inquiétude -
Depuis son rachat par le patron de Tesla et SpaceX fin octobre, pour 44 milliards de dollars, les règles de modération mises en place sur Twitter par Elon Musk, autoproclamé défenseur de la liberté d'expression, suscitent l'inquiétude.
Il a, ces derniers jours, supprimé puis rétabli les comptes de plusieurs journalistes américains, de CNN, du New York Times et du Washington Post notamment, faisant réagir l'Union européenne et l'ONU. La vice-présidente de la Commission européenne l'a même menacé de sanctions.
Le multimilliardaire avait d'abord, mercredi, suspendu @elonjet, un compte qui rapportait automatiquement les trajets de son jet privé, puis les comptes de journalistes qui avaient ensuite tweeté à propos de cette décision, les accusant de mettre sa famille en danger.
Ceux-ci ont été rétablis samedi, mais certains ont indiqué avoir été sommés d'effacer certaines publications s'ils voulaient pleinement utiliser la plateforme.
Et, samedi soir, le compte Twitter d'une journaliste du Washington Post, Taylor Lorenz, a à son tour été suspendu pendant plusieurs heures.
"Elon Musk a suspendu mon compte Twitter", a affirmé sur son blog la journaliste, qui couvre le secteur des technologies pour le Washington Post.
Son compte a été rétabli dimanche, et elle a envoyé un tweet à 12H38 (17H38 GMT).
- Messages contradictoires -
Le patron multimilliardaire de la plateforme avait, plus tôt dans la journée, déclaré sur Twitter qu'il s'agissait d'une "suspension temporaire due à une divulgation antérieure de données personnelles par ce compte".
Son tweet répondait à Eric Weinstein, directeur général de Thiel Capital - société d'investissement fondée par Peter Thiel, investisseur et soutien de Donald Trump - qui l'interrogeait sur le sujet.
La journaliste a expliqué avoir posé via Twitter une question à Elon Musk, pour un article qu'elle est en train d'écrire, car elle n'arrivait pas à le joindre par les canaux traditionnels.
"À 20H30 (01H30 GMT), j'ai tenté de le joindre sur Twitter pour obtenir un commentaire", précise-t-elle, ajoutant que lorsqu'elle s'est ensuite "connectée (à Twitter) pour voir s'il avait répondu à notre requête, j'étais suspendue. Je n'ai reçu aucune communication de la part de l'entreprise sur les raisons de ma suspension ou sur les conditions que j'ai violées".
Elon Musk a envoyé des messages contradictoires depuis qu'il dirige Twitter, rétablissant des comptes qui en étaient auparavant bannis, dont celui de Donald Trump.
Mais il a aussi suspendu celui de Kanye West après la publication de plusieurs messages jugés antisémites et refusé le retour sur la plateforme du complotiste d'extrême droite, Alex Jones.
A.Suleiman--SF-PST