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En raison d'un "inconfort", Elizabeth II renonce à la messe de son jubilé historique
Acclamée par la foule jeudi au balcon de Buckingham, la reine Elizabeth II, à la santé fragile, manquera en raison d'"un certain inconfort" le service religieux célébré vendredi pour ses 70 ans de règne, une longévité sans précédent pour la monarchie britannique.
"La reine a beaucoup apprécié le parade pour son anniversaire aujourd'hui (jeudi) et le défilé aérien mais elle a ressenti un certain inconfort", a indiqué le palais de Buckingham.
"En prenant en considération le trajet et l'activité requise pour le service d'action de grâce à la cathédrale Saint-Paul, Sa Majesté a conclu à contrecoeur qu'elle ne participerait pas", a-t-il ajouté.
Cette annonce vient relancer les inquiétudes sur l'état de santé déclinant de l'ultrapopulaire souveraine de 96 ans, qui a du mal à marcher et dont les apparitions officielles sont devenues de plus en plus rares depuis une nuit à l'hôpital en octobre.
Jeudi, à la plus grande joie des dizaines de milliers de spectateurs rassemblés pour le coup d'envoi de quatre jours de festivités, elle est toutefois apparue deux fois au balcon du palais, souriante et vêtue d'un ensemble bleu tourterelle, s'appuyant immobile sur une canne.
Elle est revenue au balcon peu après, pour un survol aérien, cette fois accompagnée par 17 membres de la famille royale qui ont des fonctions officielles et leurs enfants.
Les mimiques de son arrière petit-fils Louis, 4 ans, le plus jeune des enfants du prince William, ont fait fondre le public.
- "Se réinventer" -
Privés de balcon, le prince Harry et son épouse Meghan ont assisté à la parade discrètement depuis un autre bâtiment, pour leur premier retour public au Royaume-Uni depuis leur fracassant départ en Californie en 2020.
Manquait aussi le prince Andrew, qui a payé des millions de dollars pour mettre fin à une plainte pour agressions sexuelles. Il sera également absent de la cathédrale Saint-Paul, car testé positif au Covid-19.
Pour ce jour férié, une foule dense, colorée de drapeaux et portraits de la reine, s'était massée le long du Mall, avenue menant au palais.
Certains confiaient avoir l'impression de vivre la dernière grande apparition de la reine nonagénaire, aimée pour son sens du devoir, sa neutralité irréprochable et son humour pince sans rire.
"Cela n'arrive qu'une fois dans une vie", explique à l'AFP Mark Cornell, venu spécialement du nord de l'Angleterre, qui assure pourtant ne pas être un fan inconditionnel de la monarchie: "ils doivent se réinventer pour les nouvelles générations".
- Portraits géants -
Pour ce jubilé, fanions, drapeaux et portraits géants ont été accrochés dans les rues de tout le Royaume-Uni, les vitrines sont remplies de souvenirs et les ventes d'alcool et de gâteau typiquement "british" ont explosé.
Buckingham Palace a confirmé que la reine allumerait dans la soirée, à distance, depuis le château de Windsor où elle réside, une sculpture en forme d'arbre de 21 mètres de haut située devant le palais de Buckingham.
Un concert géant est ensuite prévu samedi mais aussi des dizaines de milliers de rassemblements populaires, dont des pique-nique géants dimanche.
"J'espère que les prochains jours seront l'occasion de réfléchir à tout ce qui a été accompli au cours des 70 années, tout en regardant l'avenir avec confiance et enthousiasme", a déclaré dans un message écrit la souveraine, cheffe d'Etat de 15 royaumes, du Royaume-Uni au Canada en passant par la Nouvelle-Zélande.
Les félicitations ont afflué du monde entier, le président français Emmanuel Macron saluant son "dévouement" à "l'amitié indéfectible" franco-britannique. Même le parti républicain irlandais Sinn Fein a souligné son rôle dans le processus de paix en Irlande du Nord, une démarche longtemps inimaginable de la part de l'ex-vitrine politique de l'IRA.
Dans cette ambiance de fin de règne, la monarchie se trouve confrontée à des critiques croissantes, notamment dans les anciennes colonies, concernant le passé esclavagiste de l'Empire britannique.
Au Royaume-Uni, la reine reste très aimée de ses sujets avec 75% d'opinions favorables selon l'institut YouGov, mais son héritier Charles est bien moins apprécié (50%). Seuls 39% des Britanniques pensent que l'institution existera encore dans cent ans.
L.Hussein--SF-PST