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Le nombre de loups en France recule, rouvrant les débats sur sa protection
Le nombre de loups présents en France en 2023 s'est établi à 1.003 individus, en baisse de 9% sur un an, selon une estimation rendue publique jeudi qui rouvre les débats sur la protection de l'espèce et le nombre de tirs autorisés contre le prédateur.
Il s'agit de la première baisse en près de dix ans de la population lupine, dont le sort oppose le monde agricole aux défenseurs de l'environnement, selon les chiffres disponibles sur le site loupfrance.fr.
Le nombre de loups est passé de 1.096 à 1.003 sur un an, ont révélé dans un communiqué six associations de défense de la nature (WWF France, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), France Nature Environnement (FNE), Ferus, l'Aspas et Humanité et biodiversité).
Ces associations demandent à l'Etat de baisser, en conséquence, le nombre de tirs autorisés du prédateur, fixé à 19% de l'effectif. "Cette nouvelle estimation renforce le constat que (l'espèce) n'est pas en bon état de conservation", écrivent-elles.
Le chiffre de 1.003 a été confirmé à l'AFP par une source administrative proche du dossier.
Cette source a toutefois précisé que le plafond de loups pouvant être abattus serait maintenu à "209 loups sur la base de l'arrêté en vigueur". Le pourcentage de 19% de canis lupus pouvant être tués légalement est calculé, en vertu de cet arrêté, sur la population estimée en fin d'hiver, qui était de 1.104, a expliqué la même source.
Par ailleurs, le nombre d'attaques de loups est en hausse au niveau national, a-t-elle fait savoir.
- Braconnage -
"Pour 2024, on est sur une hausse des constats et des victimes", a confirmé Claude Font, référent du dossier prédation à la Fédération nationale ovine (FNO).
"Si on reste à 19% de prélèvements sur l'estimation de la population de loups, on ne va pas enrayer le nombre de brebis prédatées au niveau national", a-t-il poursuivi, plaidant pour un arbitrage politique au plus haut niveau pour augmenter ce pourcentage.
"Notre objectif reste le même, une baisse de la pression de prédation" sans "aller dans une surenchère des mesures de protection" des troupeaux, a insisté Claude Font.
Mais pour le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, "les loups sont sacrifiés sur l'autel de la démagogie agricole". Au delà des tirs autorisés, "on constate qu'il y a une recrudescence de braconnage et d'empoisonnement", a-t-il encore dit à l'AFP.
- Hurlements -
Vendredi se tiendra une réunion du Groupe national loup (GNL) à Lyon. Il s'agit d'une instance consultative rassemblant élus, représentants du monde agricole, bergers, chasseurs, espaces protégés, administrations et associations de protection de la nature.
Les ONG avaient claqué la porte du GNL en septembre, jugeant "inacceptable" le nouveau Plan national loup 2024-2029.
Celui-ci prévoit notamment un accompagnement renforcé des éleveurs face à la prédation de leur bétail, des tirs facilités du carnivore, ainsi qu'une refonte de l'actuel système de "comptage" du loup, en réalité une estimation établie par l'Office français de la biodiversité (OFB) à partir d'indices (traces, hurlements, analyses génétiques, etc.)
Les chiffres rendus publics jeudi se basent sur l'ancienne méthode.
Après avoir été exterminé en France, le loup est réapparu au début des années 1990 en traversant les Alpes depuis l'Italie, et ses rangs ont progressivement grossi, au grand dam des éleveurs qui ont déploré plus de 12.000 bêtes attaquées en 2022.
Alors que le loup est une espèce "strictement protégée" dans l'Union européenne, le nouveau plan loup en France évoque la possibilité de revoir le statut de l'animal.
Le gouvernement doit "cesser de prôner un déclassement du niveau de protection de l'espèce, cette nouvelle estimation venant renforcer le constat qu'elle n'est pas en bon état de conservation", rétorquent les ONG.
Y.AlMasri--SF-PST