-
Le Vietnam exhume les corps de plus de 700 soldats pour identifier ses disparus de guerre
-
La déforestation ralentit dans le monde, mais pas en Afrique centrale
-
Taïwan prêt à investir 4,4 milliards dans un projet de gazoduc en Alaska promu par Trump
-
L'ONU met l'UE en garde contre une aide internationale rabotée dans son prochain budget
-
A Moscou, Ivan Deforge, le dresseur français qui murmure à l'oreille des bisons
-
Trump annonce qu'une "exploration pétrolière, gazière et minière massive" se prépare "dans notre Groenland"
-
"Des affaires tests": pourquoi Shell est sommé de payer la facture de catastrophes climatiques
-
Toujours des blocages de lycées au lendemain de la cinquième journée de mobilisation
-
En Thaïlande, des villages inondés volontairement pour protéger la capitale
-
Journaliste arrêté par Moscou : Tokyo veut convoquer l'ambassadeur russe
-
La Chine vers un excédent commercial record en 2026
-
Ligue des champions : Manchester City-PSG, des étoiles et un gros nuage
-
Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun"
-
Budget: le gouverneur de la Banque de France appelle le monde politique à "prendre (ses) responsabilités"
-
Budget de la France: "il faudra du temps" pour restaurer la confiance, avertit le FMI
-
Journaliste arrêté en Russie : Tokyo demande un "traitement impartial"
-
Micro caché chez OpenAI : un ingénieur saoudien inculpé, Washington invoque la sécurité nationale
-
Expulsion de deux agents nigériens par la France: Niamey dénonce "un acte d'ingratitude grave"
-
Premier procès pour le sabotage des gazoducs Nord Stream : un Ukrainien jugé en Allemagne
-
L'accusation lance le procès pour viols de l'ex-comédien Russell Brand à Londres
-
Fin du suspens pour la verrerie Duralex qui attend son sauveur
-
Budget 2027 : les débats démarrent dans l'hémicycle, la dette et la présidentielle dans les esprits
-
Ligue des champions: le Bayern accroché à Stavanger (3-3) après un match à rebondissements
-
Ligue des champions: Lille battu à l'usure par Arsenal
-
Le pape opéré sans complications d'un nodule cancéreux au poumon
-
Budget 2027 : le débat s'ouvre dans l'hémicycle, la dette et la présidentielle dans les esprits
-
Ryad revendique des frappes au Yémen et dit intercepter plusieurs missiles
-
Wall Street clôture en baisse, entre IA et résultats d'entreprises
-
Les objets connectés infiltrés par une IA malveillante, ce n'est plus de la science-fiction
-
Ligue des champions : Lens battu par un Sporting Portugal plus réaliste
-
Pour la première fois, l'IA aide une parlementaire britannique à retrouver sa voix
-
Avec El Niño, période de vaches maigres pour les éleveurs du Salvador
-
Au CHU de la Guadeloupe, des opérations déprogrammées après la découverte d'un rat au bloc opératoire
-
L'opération du pape au poumon "s'est bien déroulée"
-
Grippe aviaire, dermatose: après les crises, la réforme du sanitaire animal avance doucement
-
L'Assemblée nationale adopte la loi "intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles
-
Conséquences des attaques de centres de données russes, ce que l'on sait
-
Foot: Pierre Sage retrouve l'OL, le club qui l'a "sorti de l'anonymat"
-
Foot: "Manchester City mérite ses trophées", soutient Luis Enrique
-
Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert
-
L'acteur Francis Renaud en garde à vue pour "viols, harcèlement et violences"
-
Des chaussures non conformes vendues sur Shein, Temu et AliExpress, selon une étude
-
Hongrie : la majorité pro-UE supprime des lois anti-LGBT+ d'Orban
-
"Tenir bon": en Israël, des Bédouins déterminés à rester sur leurs terres malgré les démolitions
-
La Bourse de Paris freinée par le luxe et les semi-conducteurs
-
Le géant américain Nvidia entre au capital du français Doctolib, annonce son patron Jensen Huang
-
Rues inondées, véhicules submergés: en Libye, de fortes pluies paralysent la capitale et causent un décès
-
Lunettes connectées: signalez quand vous filmez, demande le régulateur européen
-
Ryad frappe un site pétrolier au Yémen, selon un média des Houthis
-
Mer Noire : onze disparus après de nouvelles frappes sur deux navires près des côtes bulgares
A Hawaï comme dans l'Ouest américain, les incendies carburent aux herbes envahissantes
Après l'incendie catastrophique ayant causé la mort de plus d'une centaine de personnes à Hawaï, tous les regards se tournent vers un coupable inattendu: les herbes envahissantes qui se propagent massivement sur l'archipel depuis des décennies, devenant le combustible parfait pour alimenter de telles tragédies.
Résistantes à la sécheresse, capables d'envahir des terrains difficiles et de remplacer peu à peu les plantes locales, elles sont également une menace grandissante dans l'ouest des Etats-Unis, où les feux dévastateurs se multiplient.
"Les herbes envahissantes sont très inflammables, elles changent le paysage, elles créent des conditions favorables aux feux, et tout d'un coup, vous avez beaucoup plus d'incendies", explique à l'AFP Carla D'Antonio, chercheuse travaillant sur ces espèces depuis plus de 30 ans.
Au lieu de se décomposer comme d'autres plantes une fois mortes, ces herbes "restent debout pendant longtemps, aussi sèches que de la paille", décrit cette professeure à l'université de Californie à Santa Barbara. Et après un feu, elles survivent mieux que les plantes locales.
La plupart de ces herbes -- Cenchrus ciliaris, herbe de Guinée, herbe à mélasse... -- viennent d'Afrique, et ont été introduites pour servir de pâturage au bétail, sans se douter du danger qu'elles représenteraient des décennies plus tard.
A Hawaï, la fin des plantations de cannes à sucre autour des années 1990, dans un contexte de mondialisation, a eu des conséquences désastreuses: d'immenses zones sont abandonnées et envahies par les herbes.
"Le problème des incendies est surtout attribuable aux vastes étendues d'herbes allogènes laissées à l'abandon par de gros propriétaires", a écrit sur les réseaux sociaux Clay Trauernicht, de l'université d'Hawaï à Manoa.
Selon lui, la surface annuelle brûlée à Hawaï a augmenté de 300% ces dernières décennies.
Selon un rapport sur la prévention des feux réalisé par le comté de l'île Maui en 2021, la menace des incendies dans les champs d'anciennes cannes à sucre "va probablement croître à cause des températures en hausse et des périodes de sécheresses prolongées, liées au changement climatique".
Hawaï, évoquant d'ordinaire plutôt une forêt tropicale, reçoit de moins en moins de pluie. Les précipitations ont diminué pour 90% de l'Etat par rapport à il y a un siècle, selon une étude de 2016.
Le rapport préconisait un "plan efficace" pour remplacer les herbes envahissantes par des plantes locales.
- "Rien de naturel" -
Le problème ne se limite pas à Hawaï. Sur le continent américain, dans "les déserts de l'Ouest, les forêts de conifères, et les zones d'arbustes sur la côte, les herbes envahissantes sont là pour rester, elles font désormais partie de l'écosystème", prévient Carla D'Antonio.
Elle-même passe certains samedis soirs à enlever les herbes du bord des routes avec des voisins, dans une zone montagneuse près de Santa Barbara, en Californie. Le but: empêcher un départ de feu lié à un mégot de cigarette ou un véhicule en surchauffe.
De "grands feux dans les déserts des Mojaves et du Grand Bassin des Etats-Unis sont alimentés par les herbes envahissantes", pointe-t-elle, citant également le "Camp Fire", un incendie qui avait détruit la petite ville californienne de Paradise en 2018, tuant plus de 80 personnes. Il avait été déclenché par une ligne électrique mettant le feu à des herbes sèches.
De tels feux ne sont pas des catastrophes naturelles, souligne la chercheuse, "il n'y a presque rien de naturel là-dedans".
L'une des herbes (Cenchrus ciliaris), menace aussi les cactus emblématiques Saguaro, en Arizona, en permettant aux incendies de se propager dans la région. Des associations organisent régulièrement des opérations de défrichage.
Cette même herbe se propage également au Mexique et en Australie.
Selon une étude de 2019 ayant analysé douze espèces d'herbes envahissantes dans la partie continentale des Etats-Unis, six sont d'ores et déjà liées à une augmentation de la fréquence des feux de jusqu'à 150%.
Pour Carla D'Antonio, les tragédies comme celle d'Hawaï sont toutefois liées à de nombreux facteurs: l'altération du paysage par les humains (forêts abattues...), l'envahissement de plantes allogènes, la sécheresse accrue par le changement climatique, mais aussi le manque de préparation (routes d'évacuation, communications des secours...).
"La possibilité de désastres est énorme", martèle la chercheuse. "Ce sont les questions que nous devons nous poser (...) comment nous préparons-nous aujourd'hui pour les situations extrêmes? Pas l'incendie moyen, mais extrême."
O.Mousa--SF-PST