-
Le changement d'avion rocambolesque de Trump fait débat
-
Wall Street clôture en baisse avant l'inflation américaine
-
Euro de natation: sacrés en relais mixte, la "belle soirée" des Bleus et de Grousset
-
Pereira, une "ville zombie" après le tremblement de terre en Colombie
-
Séisme en Colombie: le bilan grimpe à 240 morts, la recherche de survivants se poursuit
-
L1: Pogba à nouveau blessé, son avenir à Monaco en doute
-
Russie : interdit de participer aux législatives, le parti antiguerre Iabloko veut continuer la lutte
-
L'exfiltration d'avion inouïe de Trump fait débat
-
La Bourse de Paris mise sur la prudence et termine en légère baisse
-
Euro de natation: Grousset décroche l'argent du 50 m papillon, Mahieu en bronze sur 200 m dos
-
Les Bourses mondiales prudentes face à la volatilité du prix du brut, avant l'inflation américaine
-
L'exfiltration d'avion inouïe de Trump reste entourée de mystère
-
La start-up d'IA Manus annonce qu'elle "redeviendra bientôt une entreprise indépendante"
-
La canicule gagne la quasi totalité du pays, seul le nord épargné
-
Euro numérique: les entreprises allemandes restent de marbre, selon une étude
-
NBA: Wemby et les Spurs contre OKC pour débuter, LeBron James face au champion
-
Entre méduses et canicules, l'été 2026 met le parc nucléaire d'EDF à l'épreuve
-
Allemagne : l'éclipse solaire fait momentanément bondir les prix de gros de l'électricité
-
Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat
-
Les marchés mondiaux suspendus au Moyen-Orient et à l'inflation américaine
-
Du Finistère à l'Hérault: la canicule s'étend à l'ouest, puis vers le nord
-
Hongrie : un ex-juge évincé par Orban devient chef de l'Etat
-
Syrie: le président déchu Bachar al-Assad condamné à la peine de mort par contumace
-
Séisme en Colombie : au moins 169 morts et plus de 600 blessés
-
Airbus va participer à l'enquête sur l'incident de vol d'un A320 d'Air India
-
Bourses: l'Europe sans direction claire, New York attendue à la hausse
-
Israël détruit la maison d'un Palestinien tué dans un affrontement en Cisjordanie
-
RDC: l'épidémie d'Ebola franchit le cap des 2.000 morts
-
Au moins 132 morts après le séisme en Colombie
-
Du Finistère à l'Hérault: la canicule s'étend à l'ouest, puis au nord
-
Ukraine: neuf morts dans des attaques russes au cours de la nuit
-
La Colombie à la recherche de survivants après un séisme ayant fait 132 morts
-
Du Finistère à l'Hérault : la canicule s'étend à l'ouest
-
Trump défend Infantino face aux voix réclamant son départ de la Fifa
-
Ligue des champions: Lyon et Fonseca jouent gros face au Sparta
-
Euro d'athlétisme: la revanche de Margot Chevrier, deux ans après sa grave blessure
-
Athlétisme: Innes Fitzgerald, la Britannique qui veut faire le "pont" entre haut-niveau et militantisme climatique
-
Tennis: Swiatek et Svitolina prennent rendez-vous en demie au WTA 1000 de Toronto
-
Benoît Castel, le meilleur pâtissier du monde resté artisan
-
Au nom de leurs filles, les efforts déchirants de pères afghans pour l'éducation
-
La Colombie à la recherche de survivants après un séisme ayant fait 111 morts
-
Un an après le sommet Trump-Poutine en Alaska, un "esprit d'Anchorage" introuvable
-
Aux Etats-Unis, l'essor de l'IA dope les centrales à gaz hors réseau
-
Un puissant séisme en Colombie fait 111 morts et d'importantes destructions
-
A Memphis, les quartiers noirs s'insurgent contre la pollution causée par les centres de données d'Elon Musk
-
Euro d'athlétisme: l'émotion de Daguinos en bronze sur 5.000 m, la désillusion de Gressier
-
Wall Street clôture dans le rouge, surveille la hausse du pétrole
-
Un puissant séisme en Colombie fait au moins 111 morts et des dizaines de blessés
-
Euro de natation: Marchand propulse les Bleus vers l'argent au relais 4x200 m
-
Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré aux Etats-Unis
L'excision, tragédie silencieuse pour des fillettes indigènes de Colombie
Alejandrina Guasorna n'a découvert qu'à l'âge adulte qu'elle avait subi une excision le jour de sa naissance. Une pratique parfois mortelle qui perdure dans certaines communautés indigènes de Colombie, seul pays d'Amérique latine où elle existe et dans lequel une interdiction est à l'étude.
Dans les montagnes plantées de caféiers du département de Risaralda (ouest), territoire ancestral des peuples embera, l'ablation du clitoris continue de toucher des dizaines voire des centaines de fillettes. Aucun chiffre officiel n'existe.
A la naissance des bébés, les sages-femmes utilisent une lame ou un clou brûlant, racontent à l'AFP des femmes de la réserve embera chami de Pueblo Rico, territoire sous juridiction indigène.
Mme Guasorna, âgée de 74 ans, a appris qu'elle avait subi une excision à la naissance à travers des rumeurs, ensuite confirmées par sa sœur. Chez les embera, le sujet est tabou.
"On voyait souvent des fillettes mortes", raconte-t-elle à l'AFP, "on pensait que c'était normal". Cette agricultrice a aidé aux accouchements des femmes de sa famille mais sans pratiquer de mutilations génitales.
Pour éradiquer cette pratique, certaines dirigeantes autochtones ainsi que des parlementaires ont présenté pour la première fois un projet de loi actuellement débattu au Parlement colombien.
Son objectif: interdire l'excision, mais sans infliger de peine de prison aux accoucheuses, considérées comme victimes du "manque d'information". L'initiative prévoit surtout des actions de prévention.
- Enterrées sans acte de décès -
Dans les communautés où elle est pratiquée, l'excision est censée éviter que les bébés deviennent des filles "faciles" ou que leur clitoris grandisse au point de se transformer en pénis, expliquent les femmes embera.
Sans cet organe, dont la fonction est le plaisir, les relations sexuelles sont parfois associées à la souffrance.
Etelbina Queragama a le visage peint de dessins traditionnels. Cette femme au foyer de 63 ans raconte qu'elle n'a "jamais" rien senti d'autre au cours des rapports sexuels que des "douleurs". L'un de ses sept enfants traduit ses paroles de l'embera vers l'espagnol.
L'ablation totale ou partielle du clitoris peut entraîner hémorragies et infections, parfois même la mort, et constitue une violation des droits fondamentaux des fillettes, rappelle l'Organisation mondiale de la santé.
D'après l'ONG Equality Now, 204 mutilations génitales ont été pratiquées en Colombie entre 2020 et 2025.
Il n'existe pas de chiffre consolidés: l'éloignement des communautés et le secret qui entoure ce phénomène rendent difficile le recensement des cas dans le pays sud-américain.
"Il y a un sous-enregistrement incroyable", affirme Sarita Patiño, médecin dans l'un des hôpitaux qui voit passer des victimes, à Pueblo Rico. Depuis le début de l'année, elle compte déjà six cas.
En février, un bébé âgé de six mois est arrivé avec de la fièvre. "La petite avait une mutilation du clitoris, (...) comme une brûlure", raconte la médecin.
Selon Francia Giraldo, dirigeante embera, de nombreuses fillettes meurent sans même passer par l'hôpital, sans certificat de naissance ni acte de décès.
Elles "se vident de leur sang" et "certaines (mères) ne les amènent pas à l'hôpital, elles les enterrent" directement, explique-t-elle.
- Coutume venue d'Afrique -
Pour Carolina Giraldo, historienne et députée à l'origine du projet de loi, la théorie la plus solide veut que la pratique soit arrivée d'Afrique où elle a encore lieu dans 33 pays.
"Cette transmission culturelle pourrait être née de l'interaction entre les embera et les esclaves africains" pendant la période coloniale, dit-elle.
Il existe en Colombie d'importants contacts et métissages entre les populations autochtones et afro-colombiennes.
Selon les Nations unies, le nombre de femmes ayant subi une mutilation génitale est estimé à 230 millions dans le monde.
Dans la réserve embera de Pueblo Rico, beaucoup détournent le regard ou se taisent, visiblement mal à l'aise, lorsque le sujet de l'excision est abordé.
Sous la juridiction indigène, pratiquer une ablation du clitoris est théoriquement puni par le port d'un carcan en bois.
Francia Giraldo est la première femme à diriger sa communauté et l'un des visages les plus visibles du projet de loi. Elle souhaite voir "des femmes qui défendent les droits des femmes" se rendre dans les territoires les plus reculés pour sensibiliser à la lutte contre les mutilations génitales.
Les accoucheuses ne font que suivre une coutume, souligne-t-elle, en plaidant pour un plan étatique et de la pédagogie. "Cela me fait mal quand on nous traite d'assassines, d'ignorantes", confie-t-elle.
T.Ibrahim--SF-PST