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Les cardinaux doivent arrêter le calendrier du conclave pour élire un nouveau pape
Maîtres des horloges vaticanes depuis la mort du pape François, les cardinaux pourraient décider lundi de la date de convocation du conclave qui élira le futur chef de l'Eglise catholique.
"Je crois que si François a été le pape des surprises, ce conclave le sera aussi, il n'est en rien prévisible", prévient le cardinal espagnol José Cobo, dans le journal El Pais.
Durant le conclave, qui se déroule selon un cérémonial bien précis élaboré au cours des siècles, les 135 cardinaux-électeurs se réuniront dans la chapelle Sixtine, au Vatican, pour choisir dans le plus grand secret un successeur à François, mort d'un AVC le lundi de Pâques à 88 ans.
Le jésuite argentin a été enterré - comme sept papes avant lui - lors d'une cérémonie privée samedi dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, l'une des quatre basiliques pontificales de Rome, où il avait choisi d'être inhumé.
Qui lui succèdera pour guider les plus de 1,4 milliard de catholiques ? Le nom du futur évêque de Rome ne sera annoncé "urbi et orbi" qu'à l'issue du conclave, réunion à huis clos des "Princes de l'Eglise" qui nourrit depuis des siècles l'imagination du commun des mortels.
"C'est excitant d'avoir un nouveau pape, de savoir sur quelle voie il va lancer l'Eglise pour les prochaines années", glisse François Larbin, un étudiant français de 21 ans, devant Sainte-Marie-Majeure.
"On fait confiance à l'Esprit Saint pour qu'on ait le meilleur des papes possible", dit-il à l'AFP.
Plus de 400.000 personnes ont honoré samedi la mémoire de François, que ce soit lors de la messe place Saint-Pierre au Vatican - à laquelle des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement ont aussi assisté - ou au passage de son cortège funèbre dans les rues de Rome.
- Vers le conclave -
"Il a été le pape du peuple", résume dans le journal La Repubblica le cardinal italien Giuseppe Versaldi, qualifiant par ailleurs de "cadeau post-portem" de François le tête-à-tête entre les présidents américain Donald Trump et ukrainien Volodymyr Zelensky à Saint-Pierre, en marge des funérailles.
Depuis les obsèques en grande pompe de François, premier pape sud-américain de l'histoire, le Vatican observe une période de neuf jours de deuil au cours de laquelle des célébrations ont lieu chaque jour à Saint-Pierre, jusqu'au 4 mai.
Au terme de celles-ci, les 135 cardinaux électeurs - ceux âgés de moins de 80 ans - seront convoqués pour élire le prélat des prélats.
En vertu des règles vaticanes, le conclave devrait s'ouvrir entre le 15e et le 20e jour après le décès du pape, soit entre les 5 et 10 mai. Pour le cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich, il débutera "probablement" le 5 ou le 6 mai.
Sa date pourrait être annoncée lundi au terme d'une cinquième "congrégation générale" - une nouvelle réunion préparatoire des cardinaux, électeurs et non-électeurs - qui doit démarrer à 09H00 (07H00 GMT).
Les deux tiers des voix des votants sont nécessaires. Or, "nous nous trouvons dans un moment où le catholicisme vit diverses polarisations en son sein et donc je n'imagine pas un conclave très, très rapide", relève Roberto Regoli, professeur à l'université pontificale grégorienne de Rome.
- Le "bon pape" -
Mais pour le cardinal espagnol Cristobal Lopez Romero, ce conclave offre l'"opportunité" de montrer que des films comme "Conclave ne sont pas la réalité": "Nous devons montrer dans la mesure du possible (...) que nous n'avons pas de secrets, pas de luttes intérieures", selon Vatican News, le média officiel du Vatican.
Pour les experts, la capacité de l'aspirant pape à unir l'Eglise dans un contexte géopolitique de plus en plus fracturé pourrait être un élément décisif, plus que sa nationalité.
Le cardinal italien Pietro Parolin, ex-numéro deux de François, est donné favori par le bookmaker britannique William Hill, devant le Philippin Luis Antonio Tagle, archevêque métropolitain émérite de Manille.
Originaire des Philippines, Ricardo Cruz, un informaticien de 44 ans, est venu rendre hommage à François et espère que son successeur viendra d'Asie, même si en tant que catholique il souhaite simplement que les cardinaux choisissent le "bon pape".
Si François a laissé l'image d'un pape réformiste au franc-parler notoire, rien ne dit que le prochain souverain pontife s'inscrira dans la même ligne, préviennent des experts.
François, ancien archevêque de Buenos Aires qui défendait ardemment les laissés-pour-compte, était très différent de son prédécesseur Benoît XVI, un intellectuel allemand peu à l'aise en public qui lui-même contrastait avec le charismatique, athlétique et immensément populaire pape polonais Jean-Paul II.
Le jésuite argentin a nommé la majorité des cardinaux appelés à élire son successeur, mais rien n'est cousu d'avance pour le cardinal Hollerich: "Le pape n'a pas nommé des clones. Ils ont des positions sur certains points très différentes, ce qui est normal."
S.Abdullah--SF-PST