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Cachemire indien : au moins 24 morts dans une attaque contre des touristes
Au moins 24 personnes ont été tuées au Cachemire indien lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur un groupe de touristes mardi, l'une des pires attaques contre des civils depuis des années, selon les autorités locales.
"Au moins 24 personnes ont été tuées", a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police locale sous couvert d'anonymat.
Aucun bilan officiel n'a encore été annoncé.
Le chef du gouvernement régional Omar Abdullah a souligné que le bilan des victimes était "encore en cours de vérification" mais a affirmé que l'attaque était "bien plus importante que toutes celles ayant visé des civils ces dernières années".
Une source sécuritaire a signalé que des touristes étrangers figuraient parmi les personnes touchées par les tirs. Toutefois, cette information n'a pas reçu de confirmation officielle.
- Un "acte odieux" -
Le Premier ministre indien Narendra Modi a dénoncé un "acte odieux", promettant que leurs auteurs seraient "traduits en justice".
"Leur dessein maléfique n'aboutira jamais. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est inébranlable et elle ne fera que se renforcer", a martelé M. Modi dans un communiqué.
Le drame est survenu à Pahalgam, une destination touristique populaire à environ 90 kilomètres de l'importante ville de Srinagar.
Un guide touristique a expliqué à l'AFP qu'il s'était rendu sur les lieux après avoir entendu des coups de feu et avait transporté certains blessés à cheval. "J'ai vu quelques hommes allongés sur le sol, ils avaient l'air morts", a témoigné Waheed, qui n'a donné que son prénom.
Des médecins d'un hôpital à Anantnag ont dit avoir reçu plusieurs blessés, dont au moins deux ont été atteints par des balles, l'un d'eux au cou.
"Les combattants (...) sont sortis de la forêt près d'une petite prairie ouverte et ont commencé à tirer", a raconté à un journaliste de l'AFP un témoin de l'attaque sous couvert d'anonymat.
"Ils épargnaient clairement les femmes et continuaient à tirer sur les hommes, parfois un seul coup et parfois plusieurs balles, c'était comme une tempête", a-t-il déclaré.
Les Etats-Unis sont "fermement aux côtés de l'Inde face au terrorisme", a quant à lui réagi - sur son réseau Truth Social - Donald Trump.
Le vice-président américain JD Vance, en visite officielle de quatre jours en Inde, avait auparavant adressé sur X ses condoléances après cette "terrible attaque".
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a également condamné "l'odieux attentat terroriste contre des touristes" dans un message sur les réseaux sociaux, ajoutant qu'Israël "se tient uni avec l'Inde".
- Destination touristique -
Le ministre indien de l'Intérieur Amit Shah a annoncé se rendre en avion sur place.
"Ceux qui sont impliqués dans ce lâche acte de terreur ne seront pas épargnés", ils subiront les châtiments "les plus sévères", a-t-il écrit dans un communiqué.
"Le pays tout entier est uni contre le terrorisme", a proclamé Rahul Gandhi, le chef du principal parti d'opposition en Inde, le Congrès, appelant le gouvernement fédéral à "assumer ses responsabilités".
L'Inde déploie en permanence environ 500.000 soldats dans sa partie du Cachemire, bien que les combats aient diminué depuis que le gouvernement de Narendra Modi a révoqué l'autonomie limitée de ce territoire en 2019.
Depuis cette date, les autorités indiennes oeuvrent à faire de cette région montagneuse une destination touristique, tant pour le ski pendant les mois d'hiver que pour échapper à la chaleur étouffante de l'été dans le reste de l'Inde.
Environ 3,5 millions de touristes ont visité le Cachemire en 2024, en majorité des Indiens, selon les chiffres officiels.
- Insurrection -
En 2023, l'Inde a accueilli à Srinagar une réunion du G20 sur le tourisme pour illustrer le retour au calme dans cette région après la répression massive qui avait suivi la révocation de son autonomie limitée.
De nombreux complexes touristiques y sont en cours de développement, dont certains situés près de la frontière fortement militarisée qui divise le Cachemire entre l'Inde et le Pakistan.
Des rebelles dans ce territoire en majorité peuplé de musulmans ont déclenché une insurrection en 1989. Ils réclament l'indépendance ou une fusion avec le Pakistan, qui contrôle une partie plus petite du Cachemire et, comme l'Inde, en revendique l'intégralité.
New Delhi accuse régulièrement Islamabad de soutenir ces combattants.
Le Pakistan rejette cette accusation, évoquant seulement son soutien à l'autodétermination du Cachemire.
L'attaque contre des civils la plus meurtrière y remonte à mars 2000, lorsqu'une trentaine d'Indiens avaient été tués.
pzb-bb-sai-ash-pjm/sco/gge/bds
T.Samara--SF-PST