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Russie: un séparatiste ukrainien meurt après une explosion dans un immeuble à Moscou
Un séparatiste ukrainien, accusé par Kiev d'avoir aidé la Russie dans son offensive de 2022, est décédé des suites de ses blessures après une explosion dans un complexe résidentiel de luxe lundi à Moscou, ont annoncé les agences et les autorités russes.
Son décès s'ajoute à un premier bilan communiqué par le ministère russe de l'intérieur, qui faisait alors état d'un mort et de quatre blessés.
Le séparatiste Armen Sarkissian, considéré comme un baron du crime et fondateur d'un bataillon combattant l'armée ukrainienne, était d'abord compté parmi les blessés mais il est ensuite décédé à l'hôpital, selon les agences d'Etat Ria Novosti et Tass, citant des sources anonymes.
Le Comité d'enquête de la capitale a lui confirmé qu'un des blessés était ensuite mort, sans toutefois l'identifier.
La victime dont la mort a été annoncée dans le premier bilan était le garde du corps d'Armen Sarkissian, selon l'agence Tass.
Il s'agit d'une attaque commanditée et "soigneusement planifiée", a indiqué à l'agence Tass une source au sein des forces de l'ordre.
Les circonstances de l'explosion restent floues, et l'identité de ses auteurs n'est pas connue.
Elle s'est produite lundi dans l'entrée d'un complexe résidentiel du nord-ouest de Moscou, selon le Comité d'enquête russe.
Un important dispositif policier était déployé autour de la résidence de luxe "Alyïé Paroussa", survolée par un hélicoptère, selon un journaliste de l'AFP.
Olga Voronova, femme au foyer de 36 ans vivant dans un bâtiment voisin, a dit ne pas comprendre comment cela avait pu se produire compte tenu des strictes procédures de sécurité du complexe.
"Nous avons des gardes assez sérieux ici", et chaque voiture est contrôlée à l'entrée, a-t-elle dit à l'AFP.
Andreï, manager de 37 ans, a lui évoqué une "forte explosion" et dit avoir vu de la "fumée sortir du hall d'entrée".
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré pour sa part que "les services spéciaux font leur travail" et que les informations étaient en train d'être clarifiées.
- Bataillon "Arbat" -
Armen Sarkissian, âgé de 46 ans, était originaire d'Arménie mais avait déménagé durant sa jeunesse dans la région de Donetsk, dans l'est ukrainien, selon le média russe Mediazona.
Il aurait notamment vécu à Gorlivka, ville de la zone désormais occupée.
Son maire installé par les autorités russes, Ivan Prikhodko, a confirmé son décès, une "nouvelle tragique".
Il a affirmé qu'Armen Sarkissian avait créé et dirigé le bataillon "Arbat", combattant contre l'armée de Kiev.
En décembre, les services de sécurité ukrainiens (SBU) avaient indiqué que cet homme, impliqué dans la rébellion séparatiste prorusse dès 2014, avait recruté des prisonniers pour se battre dans ce groupe.
D'après le SBU, le bataillon "Arbat" a combattu dans l'est de l'Ukraine avant d'être transféré dans la région russe de Koursk, où Kiev a lancé en août une offensive transfrontalière.
Les autorités russes l'avaient chargé de créer cette "nouvelle formation armée" après le début de leur offensive de 2022, selon le SBU.
Armen Sarkissian s'était d'abord fait connaître comme "baron du crime" dans la zone avant de se rapprocher de l'ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch, d'après le SBU.
L'ex-dirigeant a fui son pays en 2014, après la mort d'une centaine de personnes dans la tentative de répression de la révolution pro-européenne du Maïdan.
Armen Sarkissian, aussi connu sous le nom d'Armen Gorlivsky, est recherché depuis 2014 pour avoir "organisé des meurtres" à Kiev, ont indiqué les services de sécurité ukrainiens.
"Des démarches sont en cours pour traduire en justice l'auteur de ces crimes contre notre Ukraine", avait indiqué le SBU.
Selon Tass, il était aussi le président de la Fédération de Boxe de la république populaire de Donetsk (DNR), nom donné par la Russie à cette région dont elle revendique l'annexion.
De larges pans de la région ukrainienne de Donetsk, et de celle avoisinante de Lougansk, échappent au contrôle de Kiev depuis une rébellion séparatiste prorusse armée pilotée par Moscou en 2014.
Depuis le début de l'assaut russe contre l'Ukraine en février 2022, des figures russes ou prorusses liées au conflit ont été visées par des assassinats en Russie et dans les territoires occupés.
La plupart de ces attentats ont été attribués à Kiev ou revendiqués par les services secrets ukrainiens, le dernier en date étant l'assassinat du général Igor Kirillov en décembre à Moscou.
Pour l'heure, rien n'indique néanmoins que l'Ukraine est suspectée d'être liée à l'explosion de lundi, qu'elle n'a pour l'instant pas commenté.
T.Khatib--SF-PST