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Les États-Unis sous le choc après une fusillade dans une école du Texas
Une fusillade dans une école du Texas, qui a fait 21 morts mardi en sus du tireur, a replongé les États-Unis dans un cauchemar chronique, Joe Biden exhortant à un sursaut pour réguler les armes à feu.
Un adolescent de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire au Texas, tuant 19 jeunes élèves âgés d'une dizaine d'années tout au plus et deux enseignants, avant d'être lui-même tué.
"Il est temps de transformer la douleur en action", a réagi le président américain, visiblement ému, dans une allocution solennelle à la Maison Blanche.
"Quand, pour l'amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ?", a lancé M. Biden, se disant "écoeuré et fatigué" face à la litanie des fusillades en milieu scolaire.
Le tireur a tué ses victimes "d'une façon atroce et insensée" dans la ville d'Uvalde (environ 130 kilomètres à l'ouest de San Antonio), a déclaré le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott.
Identifié comme Salvador Ramos, il a été tué par la police, ont indiqué des responsables du Département texan de la sécurité publique.
"Pour le moment, 19 enfants ont été tués par ce tireur maléfique, de même que deux enseignants de cette école" a indiqué à NBC News le lieutenant Chris Olivarez, porte-parole du Département.
Plus d'une douzaine d'enfants ont aussi été blessés, selon les informations transmises par des hôpitaux texans.
L'Uvalde Memorial Hospital a indiqué sur Facebook avoir reçu 13 enfants tandis que l'University Health Hospital à San Antonio rapportait sur Twitter avoir accueilli une femme de 66 ans et une fille de 10 ans, toutes deux dans un état critique, ainsi que deux autres fillettes de 9 et 10 ans.
Le tireur portait au moins un fusil et une tenue paramilitaire, a précisé le sergent Erick Estrada sur la chaîne CNN.
Salvador Ramos, de nationalité américaine, aurait d'abord visé sa grand-mère, dont l'état de santé restait à préciser, avant de se rendre à l'école en voiture pour y perpétrer son massacre.
Les mobiles de cette attaque, l'une des pires dans une école depuis des années, restent pour l'instant inconnus.
- Enfants de moins de 10 ans -
La fusillade s'est produite à l'école primaire Robb, qui accueille des enfants de moins de 10 ans.
Plus de 500 enfants, dont près de 90% d'origine hispanique, étudiaient dans l'établissement pendant l'année scolaire 2020-2021, selon des données de l'État.
Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des enfants évacués en urgence, se donnant la main ou courant par petits groupes vers des bus scolaires jaunes, devant cet établissement aux bâtiments bas et plats, typiques du sud des Etats-Unis.
La fusillade s'est produite alors que Joe Biden était sur le chemin retour d'une tournée en Asie. Il a pris la parole le soir, dès son arrivée à la Maison Blanche.
"Trop, c'est trop", s'est emportée de son côté la vice-présidente Kamala Harris, appelant à "agir" face aux violences par armes à feu, un fléau national.
"Nos cœurs continuent d'être brisés", a-t-elle déclaré. "Nous devons trouver le courage d'agir", a-t-elle ajouté à l'adresse du Congrès, impuissant à légiférer malgré les tragédies.
Le pape François a également dit mercredi avoir le "coeur brisé" par ce drame. "Il est temps de dire +ça suffit+ au trafic incontrôlé des armes", a-t-il aussi déclaré.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté ses condoléances aux victimes et déploré qu'il y ait "des victimes de tireurs en temps de paix".
La Maison Blanche a ordonné la mise en berne des drapeaux dans tous les bâtiments publics pour "honorer les victimes" d'Uvalde.
Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment avec des images choquantes d'élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d'être évacués par les forces de l'ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.
- Débat stérile -
Le drame rappelle celui de l'école primaire de Sandy Hook, survenu en 2012 dans le Connecticut, où un déséquilibré âgé de 20 ans avait tué 26 personnes, dont vingt enfants âgés de 6 et 7 ans, avant de se suicider.
Chris Murphy, sénateur démocrate de cet État du nord-est des États-Unis, a "supplié" mardi ses collègues élus d'agir, assurant que ces tragédies n'étaient pas "inévitables".
"Cela n'arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants vont à l'école en pensant qu'ils pourraient se faire tirer dessus".
L'Amérique a aussi été particulièrement marquée par une fusillade dans un lycée de Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts, dont une majorité d'adolescents, en 2018.
Cette nouvelle tuerie ne manquera pas de relancer les critiques sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis, un débat qui tourne pratiquement à vide étant donné l'absence d'espoir d'une adoption par le Congrès d'une loi nationale ambitieuse sur la question.
La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a dénoncé un acte "monstrueux qui a volé l'avenir de chers enfants". "Il n'existe pas de mots pouvant décrire la douleur et l'indignation face au massacre de sang froid de petits écoliers et d'un enseignant", a-t-elle écrit dans un communiqué.
F.AbuZaid--SF-PST