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La Nasa bouleverse ses plans de retour sur la Lune après de multiples retards
La Nasa a annoncé vendredi bouleverser ses plans de retour sur la Lune en ajoutant une mission lunaire habitée supplémentaire avant l'envoi d'astronautes sur la surface lunaire, aujourd'hui toujours prévu pour 2028.
Ce changement abrupt dans le programme Artémis est destiné à augmenter la cadence des lancements afin de faciliter la résolution de problèmes techniques, a justifié le nouveau patron de la Nasa, Jared Isaacman.
"Lorsque vous effectuez un lancement tous les trois ans, vos compétences s'atrophient", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. "Ce n'est pas la voie à suivre".
Programme phare de la Nasa, Artémis cumule depuis des années des retards et des déconvenues techniques.
La dernière en date concerne la très attendue mission Artémis 2, qui enverra des astronautes autour de la Lune pour la première fois en plus de 50 ans. Elle a été retardée une nouvelle fois la semaine passée à la suite d'un problème technique sur la fusée.
La première mission de très onéreux programme, qui constituait en un vol à vide, s'était tenue en 2022 après des années de retard et de complications techniques.
- Pression de la Chine -
Face à cet énième report et la pression exercée par la Chine, puissance rivale des Etats-Unis qui ambitionne également d'envoyer des hommes sur la Lune d'ici 2030 et d'y installer une base, la Nasa change donc ses plans.
Pour tenir l'échéance de 2028, l'agence spatiale américaine va "ajouter des missions" entre le vol Artémis 2, désormais prévu pour début avril au plus tôt, et le retour sur la surface lunaire, a indiqué M. Isaacman.
Si le programme d'Artémis 2 reste inchangé, celui des missions suivantes va grandement évoluer.
Lors d'Artémis 3, les astronautes ne se poseront finalement pas sur la surface lunaire. A la place, ils tenteront une manoeuvre de rendez-vous en orbite avec un alunisseur, a indiqué l'agence spatiale américaine.
L'étape cruciale et très risquée de l'alunissage sera tentée plus tard, lors des missions Artémis 4 et Artémis 5 prévues désormais toutes les deux pour 2028, a expliqué le patron de la Nasa.
Cette date coïncidera avec la dernière année du mandat de Donald Trump.
- Cadence accélérée -
"Nous ne nous engageons pas nécessairement à lancer deux missions en 2028", a précisé M. Isaacman, "mais nous voulons avoir la possibilité de le faire".
Ce programme pourrait toutefois être encore retardé, du fait de la Nasa mais aussi de ses partenaires privés SpaceX et Blue Origin, les entreprises spatiales des multimilliardaires Elon Musk et Jeff Bezos qui développement les alunisseurs devant être utilisés par le programme.
L'an dernier, un panel d'experts indépendant avait signalé que la version modifiée de Starship conçue par SpaceX et devant servir d'alunisseur pour Artémis 3 pourrait avoir "des années" de retard.
La refonte annoncée par la Nasa vise à rapprocher l'architecture d'Artémis de celle du célèbre programme Apollo qui avait permis dans les années 1960 et 1970 aux Etats-Unis de battre l'Union soviétique durant la première course à la Lune.
Ce programme, qui consistait en de multiples missions rapprochées de difficulté croissante, a transporté les seuls êtres humains à fouler la surface lunaire.
Durant Apollo comme lors des programmes l'ayant précédé, Mercury et Gemini, "notre cadence moyenne de lancement était plus proche des trois mois" que des "trois ans", a insisté vendredi Jared Isaacman.
Annoncé sous la première présidence de Donald Trump, Artémis consistait en peu de missions espacées avec des objectifs ambitieux.
Son objectif est d'établir une présence humaine durable sur la Lune et de préparer de futures missions sur Mars.
Z.AlNajjar--SF-PST