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Starliner, la capsule de Boeing, s'apprête enfin à atteindre la Station spatiale internationale
La capsule de Boeing, Starliner, doit atteindre vendredi pour la première fois la Station spatiale internationale, une étape cruciale vers la mise en place d'un nouveau moyen de transport américain pour les astronautes de la Nasa, même si ce test à vide arrive avec des années de retard.
L'amarrage à la Station spatiale (ISS), qui file à 28.000 km/h et 400 km d'altitude au-dessus de nos têtes, doit avoir lieu à 19H10 heure de la côte est américaine (23H10 GMT).
Ce vol d'essai non habité avait déjà été tenté en 2019, mais la capsule avait alors rencontré plusieurs problèmes et dû rebrousser chemin avant d'avoir rejoint la station.
Depuis, Boeing peine à rattraper SpaceX, pourtant nouveau venu dans le secteur aérospatial en comparaison, mais qui transporte déjà des astronautes pour la Nasa depuis 2020, après la réussite des vols de qualification de sa propre capsule, Dragon.
L'approche de l'ISS vendredi sera suivie de près par les astronautes à bord de la station. Ils commanderont d'abord à un voyant de s'allumer pour vérifier le lien de communication avec le vaisseau, puis il lui demanderont de se stabiliser à environ 250 mètres de distance. Enfin, la délicate manoeuvre de contact sera enclenchée. En cas de besoin, l'équipage pourra aussi annuler l'opération.
L'écoutille de la capsule ne sera ouverte que samedi. Boeing transporte environ 230 kg de ravitaillement pour le compte de la Nasa, dont de la nourriture.
Starliner doit rester amarrée à l'ISS durant environ cinq jours, avant de redescendre vers la Terre pour atterrir dans le désert de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, sur la base de White Sands.
- Bug de propulseurs -
La capsule a décollé jeudi depuis la Floride, au sommet d'une fusée Atlas V de United Launch Alliance (ULA).
Environ 30 minutes après le lancement, Starliner a bien réussi à se placer sur la bonne trajectoire, mais deux de ses 12 propulseurs n'ont pas fonctionné. Des responsables de la Nasa et de Boeing ont minimisé l'incident, qui ne devrait selon eux pas affecter la mission.
"Les équipes sont en train de travailler pour comprendre pourquoi nous avons eu ces anomalies", a déclaré lors d'une conférence de presse Mark Nappi, responsable du programme spatial habité chez Boeing.
Les propulseurs seront de nouveau utilisés en fin de mission, pour la manoeuvre destinée à faire réentrer la capsule dans l'atmosphère terrestre. Mais le problème n'a a priori pas "besoin d'être résolu" d'ici là, les précédentes poussées ayant malgré tout fonctionné, a estimé Steve Stich, de la Nasa. "Je pense que nous pourrions très bien terminer la mission avec les propulseurs restants."
- Image écornée -
Une mission enfin réussie permettrait de redorer un peu l'image du géant aéronautique, après des déboires à répétition ces dernières années.
En 2019, la capsule n'avait pas pu être placée sur la bonne orbite à cause d'un problème d'horloge. Boeing s'était ensuite aperçu que d'autres soucis de logiciel avaient failli engendrer une grave anomalie de vol.
Puis, en 2021, alors que la fusée se trouvait déjà sur le pas de tir pour retenter le vol, un problème d'humidité avait causé une réaction chimique ayant bloqué l'ouverture de certaines valves de la capsule. Elle avait dû retourner à l'usine pour inspection -- pendant dix mois.
Après le présent test à vide, un deuxième devra être effectué pour que le vaisseau obtienne l'homologation de la Nasa, avec cette fois des astronautes à bord. Le calendrier dépendra des performances de Starliner cette semaine, mais Boeing envisage de le conduire d'ici la fin de l'année.
Pour l'agence spatiale américaine aussi, l'enjeu est de taille, celle-ci ayant beaucoup investi dans le développement du vaisseau. La Nasa a passé des contrats à prix fixe avec Boeing et SpaceX, à hauteur de plusieurs milliards de dollars.
Le choix de recourir à deux entreprises devait permettre d'encourager la concurrence et de ne plus jamais risquer, en cas de problème pour l'une ou l'autre, de se retrouver sans "taxi" américain vers l'ISS. Après l'arrêt des navettes spatiales en 2011, et jusqu'à 2020, la Nasa en était en effet réduite à payer pour des places dans les fusées russes Soyouz.
H.Jarrar--SF-PST