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Deux astronautes d'une mission de Boeing pourraient devoir rentrer avec SpaceX
Ce qui ne devait être qu'un séjour d'une semaine dans la Station spatiale internationale pourrait durer jusqu'en 2025: les deux premiers astronautes transportés par le nouveau vaisseau Starliner de Boeing pourraient bien devoir attendre une capsule de SpaceX pour rentrer sur Terre.
Un tel scénario, que la Nasa a dit envisager mercredi en raison des problèmes rencontrés par Starliner, constituerait une humiliation pour Boeing.
Le géant de l'industrie aéronautique a été chargé il y a 10 ans par la Nasa de développer une nouvelle capsule - la même année que son concurrent SpaceX. Mais l'entreprise d'Elon Musk opère déjà des missions vers la Station spatiale (ISS) depuis quatre ans.
Starliner a décollé début juin avec à bord ses premiers astronautes, Butch Wilmore et Suni Williams, pour une ultime mission test avant le début de ses opérations régulières.
Mais en vol, Starliner a rencontré des problèmes sur son système de propulsion ainsi que des fuites d'hélium. Il a malgré tout réussi à atteindre l'ISS, où il ne devait initialement rester amarré qu'un peu plus d'une semaine avant de rentrer avec son équipage.
Mais la Nasa a souhaité réaliser de nombreux tests pour comprendre les causes des problèmes rencontrés. Et les résultats n'ont jusqu'ici pas réussi à rassurer l'agence spatiale.
Elle étudie donc désormais la possibilité de laisser Starliner repartir vide vers la Terre et de ramener les deux astronautes dans un vaisseau de SpaceX, a expliqué mercredi Steve Stich, responsable à la Nasa.
- Décision d'ici mi-août -
Concrètement, l'idée est de tirer profit de la prochaine mission habitée de SpaceX, nommée Crew-9. Il s'agit d'une mission de rotation régulière de l'équipage de l'ISS, qui devait comporter quatre astronautes.
Celle-ci pourrait finalement ne décoller qu'avec deux astronautes, afin de pouvoir ramener les deux naufragés spatiaux de Boeing à son retour. Ces derniers resteraient donc à bord de l'ISS jusqu'en février, date du retour prévu de Crew-9.
"Nous n'avons pas approuvé ce plan", a prévenu Steve Stich lors d'une conférence de presse. Mais "nous avons fait tout le nécessaire" pour qu'il puisse être mis en place, a-t-il ajouté.
"Notre option privilégiée est de faire rentrer Butch et Suni à bord de Starliner", a-t-il répété, en expliquant que de nouveaux tests devraient permettre aux équipes d'ingénieurs de mieux comprendre les risques induits par les problèmes rencontrés sur le vaisseau.
Il a indiqué que la Nasa devait se décider d'ici "mi-août" entre les deux options.
La date de décollage de Crew-9 a été repoussée d'août à fin septembre afin de donner davantage de temps à la Nasa pour prendre sa décision.
- Désaccords -
Vendredi, Boeing avait assuré dans un communiqué rester "confiant" dans la capacité de Starliner "à revenir en toute sécurité avec l'équipage".
"Nous continuons à répondre aux demandes de la Nasa pour des tests, des données et des analyses supplémentaires", avait ajouté l'entreprise, qui n'a pas participé à la conférence de presse mercredi comme habituellement.
Steve Stich a reconnu l'existence de "désaccords". Avant d'approuver le retour des astronautes, les responsables de la Nasa "aimeraient mieux comprendre les causes et les mécanismes physiques" ayant conduit aux soucis de propulsion, a-t-il dit.
Plusieurs propulseurs avaient fait défaut au moment de l'amarrage du vaisseau avec l'ISS, or ceux-ci devront être utilisés lors de la vertigineuse descente vers la Terre.
Mais quoi qu'il arrive, "Starliner a un bel avenir", a assuré Steve Stich, estimant que les problèmes rencontrés pouvaient à l'avenir "être réparés".
Le programme de développement de Starliner a déjà connu de multiples revers -- notamment un premier vol sans équipage raté en 2019. Cette première mission habitée intervient avec des années de retard sur le calendrier initial.
L'agence spatiale américaine persiste malgré tout à vouloir disposer d'un deuxième moyen de transport vers l'ISS en plus de SpaceX, afin de pouvoir mieux faire face à d'éventuelles situations d'urgence.
M.AbuKhalil--SF-PST