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Retour sur Terre du vaisseau Orion, la mission lunaire Artémis 1 conclue avec succès
Après avoir passé un peu plus de 25 jours dans l'espace et s'être rendu autour de la Lune, le vaisseau Orion de la Nasa a amerri dimanche dans l'océan Pacifique, dernière étape d'une mission couronnée de succès, et préfigurant le retour des humains sur la Lune dans les années qui viennent.
L'amerrissage a eu lieu au large de l'île mexicaine de Guadalupe à 17H40 GMT (09H40 du matin heure locale).
"Je pense qu'aucun de nous n'aurait pu imaginer une mission davantage réussie", s'est félicité lors d'une conférence de presse Mike Sarafin, en charge à la Nasa de cette mission Artémis 1. "Nous avons désormais un moyen de transport vers l'espace lointain".
La capsule, qui ne comportait pas d'astronaute à bord pour ce vol test, est entrée dans l'atmosphère terrestre à une vitesse de 40.000 km/h, et a dû supporter une chaleur infernale de 2.800°C, soit la moitié de la température de la surface du Soleil.
Le vaisseau a été freiné dans sa vertigineuse descente par une série de pas moins de onze parachutes, jusqu'à atteindre une vitesse d'environ 30 km/h au moment de toucher l'eau.
"Nous avons eu un amerrissage absolument parfait", s'est réjouie Melissa Jones, en charge des opérations de récupération, auxquelles la Nasa s'entraîne depuis des années.
Puis des plongeurs y ont attaché des câbles afin de la remorquer à l'aide de bateaux pneumatiques jusqu'à l'intérieur d'un navire de la marine américaine, l'USS Portland, dont l'arrière a été en partie immergé. L'eau devait ensuite être pompée, permettant de lentement déposer la capsule sur un support prévu à cet effet.
Les opérations devaient prendre entre quatre et six heures au total.
L'USS Portland prendra ensuite la route de San Diego, sur la côte ouest américaine, où la capsule sera débarquée dans les jours qui viennent.
- 2,2 millions de kilomètres -
Le succès de cette mission était crucial pour la Nasa, qui a investi des dizaines de milliards de dollars dans le programme américain de retour sur la Lune, Artémis. Après avoir ramené des humains sur la surface lunaire, son but est de préparer un futur voyage vers Mars.
L'objectif principal de cette première mission était de tester la résistance du bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit (5 m de diamètre).
En 2014, un premier test avait été réalisé, mais la capsule n'avait alors pas quitté l'orbite terrestre, et était donc rentrée moins vite dans l'atmosphère (environ 32.000 km/h).
Au total, le vaisseau a cette fois parcouru plus de 2,2 millions de kilomètres dans l'espace, depuis son décollage le 16 novembre lors du baptême de l'air de la nouvelle méga-fusée de la Nasa, SLS.
Orion a survolé la Lune à seulement quelque 130 kilomètres de sa surface, et s'est aventuré jusqu'à plus de 430.000 km de notre planète, soit plus loin que tout vaisseau habitable auparavant.
- Artémis 2 et 3 -
Récupérer la capsule permettra de recueillir de nombreuses données déterminantes pour les missions à venir, notamment celles des capteurs d'accélérations et de vibrations à bord. Certains éléments du vaisseau doivent en outre être réutilisés pour la capsule d'Artémis 2, déjà bien avancée.
Cette deuxième mission, prévue pour 2024, emmènera un équipage jusqu'à la Lune, toujours sans y atterrir. La Nasa devrait annoncer le nom des astronautes choisis début 2023.
Artémis 3, officiellement programmée en 2025, atterrira elle pour la première fois sur le pôle sud de la Lune, où se trouve de l'eau sous forme de glace. Par la suite, la Nasa souhaite lancer une mission par an.
"Nous avons du matériel en construction à travers le monde jusque pour Artémis 5", a souligné dimanche Jim Free, administrateur associé à la Nasa.
Seuls douze hommes, tous blancs, ont posé le pied sur la surface lunaire grâce aux missions Apollo - pour la dernière fois en 1972, il y a cinquante ans jour pour jour.
Le programme Artémis doit cette fois y envoyer la première femme et la première personne de couleur.
Le but de la Nasa est d'établir une présence humaine durable sur la Lune, grâce à une base à sa surface et une station spatiale en orbite autour d'elle. Apprendre à vivre sur la Lune doit permettre de tester toutes les technologies nécessaires à un voyage vers Mars - peut-être à la fin des années 2030.
Z.AbuSaud--SF-PST