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Foot: Mohamed Salah à Liverpool, l'artiste fait sa sortie
Légende vivante à Anfield, Mohamed Salah enfile le maillot rouge de Liverpool pour la dernière fois dimanche dans le stade qui l'a fait roi, des adieux poignants en perspective même s'ils ont été précédés par une ultime polémique.
"The Egyptian King", comme il est surnommé en Angleterre, a vécu une véritable histoire d'amour avec le club de la Mersey et ses supporters, longue de neuf années parsemée de moments magiques, d'une flopée de buts (257) et de titres (9).
Dans les coeurs, le troisième meilleur buteur de l'histoire du club est devenu l'égal des légendes locales Steven Gerrard, Kenny Dalglish ou Graeme Souness, auprès d'un peuple rouge qui lui pardonne tout, ou presque.
Peu importe, en effet, si l'ailier droit au pied gauche redoutable a manqué sa dernière saison, sur le terrain avec des performances déclinantes, et en dehors avec des sorties tonitruantes.
Il restera à jamais ce roi qui arpente son couloir en majesté, comme le dit la chanson qui lui est dédiée: "Mo Salah, Mo Salah, Mo Salah, Running down the wing... Salah, la, la, la, laaaaaa... the Egyptian King".
Loin d'Anfield, pourtant, des voix critiques se sont élevées à l'endroit de Salah, auteur d'un message offensif publié le week-end dernier et interprété comme une nouvelle pique envers son entraîneur Arne Slot.
- Equipe +heavy metal+ -
"Je veux voir Liverpool redevenir cette équipe offensive, +heavy metal+, que les adversaires craignent, et redevenir une équipe qui gagne des trophées. C'est ce football-là que je sais jouer et c'est cette identité qu'il faut retrouver et conserver pour de bon", a-t-il lâché.
Et d'insister: "Cela ne peut pas être négociable, et tous ceux qui rejoignent ce club doivent s'y adapter".
La plume aiguisée du N.11 a été perçue comme un nouveau coup porté à Slot en raison, notamment, de la référence au football "heavy metal" qui était la signature de son prédécesseur, le très populaire Jürgen Klopp.
Interrogé sur le sujet, vendredi, le Néerlandais a esquivé: "avec +Mo+, on a le même objectif: nous voulons ce qu'il y a de mieux pour ce club, qu'il réussisse le mieux possible". Mais il a aussi refusé de dire si Salah serait impliqué dans le dernier match, dimanche contre Brentford.
Ne pas aligner le "roi d'Egypte" s'apparenterait à un crime de lèse-majesté pour le peuple rouge. C'est pourtant ce que ferait Wayne Rooney, ancienne vedette d'Everton, l'autre équipe de Liverpool.
- "Coup bas" -
"Si j'étais Arne Slot, je serais obligé de faire valoir mon autorité et de dire: +écoute, dimanche tu ne mets pas un pied ici, que ça te plaise ou non+. Je doute vraiment qu'il le fasse, mais je pense qu'il le devrait", a dit l'ex-international anglais, lundi dans son podcast.
Patrick Vieira et Jamie Carragher, consultants sur Sky Sports, n'ont pas apprécié non plus que le joueur règle ses comptes avant la fin de saison.
"Je ne pense pas que ce soit le bon moment. On peut comprendre la frustration, mais là c'est un coup bas et je suis vraiment déçu par ces déclarations", a relevé l'ex-capitaine français d'Arsenal. "On ne devrait parler que du Liverpool FC, pas du Salah FC", a renchéri l'ancien défenseur des Reds.
L'ailier avait déjà mis le feu au club en décembre 2025, dans des proportions plus grandes, après avoir été remplaçant pour la troisième fois d'affilée. Il avait fustigé une situation "pas acceptable", des promesses "non tenues" et dit n'avoir "plus aucune relation" avec l'entraîneur.
Cette sortie au lance-flamme lui a valu d'être mis à l'écart, le temps d'un match. Mais après la Coupe d'Afrique des nations, il a retrouvé sa place comme si de rien n'était, sans que son lien avec les supporters ne soit abîmé.
"Le soutien que vous m'avez montré durant les meilleurs moments de ma carrière et le fait que vous soyez restés à mes côtés dans les moments les plus difficiles pour moi... je ne l'oublierai jamais", avait-il déclaré au moment d'annoncer son départ prochain.
I.Saadi--SF-PST