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Cyclisme: dernier Giro pour Thibaut Pinot, l'Italien
Rassuré sur son état de forme, Thibaut Pinot aborde avec impatience son dernier Tour d'Italie dans un pays qu'il adore et où il a connu le meilleur comme le pire.
C'était en 2018, mais c'est "comme si c'était hier". Cela fait cinq ans déjà que le grimpeur français n'était plus revenu sur le Giro et c'est l'occasion pour lui, qui prendra sa retraite en fin de saison, de constater qu'une carrière "ça passe très vite".
Aux yeux du coureur de Groupama-FDJ, qui aura 33 ans le 29 mai, il "n'était même pas imaginable de faire ma dernière saison sans le grand tour que je préfère", comme il l'a confié mercredi à trois jours du départ.
Parce qu'il aime l'Italie et ses courses endiablées, théâtre de plusieurs de ses plus grands exploits. Mais aussi parce qu'il a "une revanche à prendre sur le Giro" qu'il avait quitté en ambulance en 2018, abandonnant après une avant-dernière étape terrible, victime d'un début de pneumopathie, alors qu'il était encore troisième au général le matin-même.
Cette fois, il ne sera a priori pas question de viser le maillot rose. L'objectif est d'abord de cibler une belle victoire d'étape en montagne, comme en 2017, lors de sa première participation, lorsqu'il s'imposa à Asiago, à la veille de l'arrivée à Milan où il termina quatrième du général, malgré dix jours de maladie.
- "Pourquoi pas un Top 5 ?" -
Mais sait-on jamais? Dans une course aussi imprévisible, "pourquoi ne pas aller chercher une place dans le Top 5 ?" si par exemple "le mauvais temps ou le froid s'en mêlent", des conditions qu'il adore.
"Je pense que je peux me battre tous les jours pour le général et pourquoi pas un jour aller chercher une victoire d'étape. L'un n'empêche pas l'autre, a-t-il ajouté. Là ou je prends le plus de plaisir c'est quand même d'être avec les favoris du Giro. L'année dernière, j'étais assez frustré de mon Tour de France et de ma Vuelta où je ne jouais pas le général."
Il faut dire qu'après deux saisons très compliquées, gâchées par une blessure au dos suite à sa chute sur le Tour de France 2020, le Franc-Comtois reste sur un début d'année convainquant, avec trois deuxièmes places et un total de huit Top 10, dont les classements généraux de Tirreno-Adriatico (10e en mars) et du Tour de Romandie (5e dimanche).
Et en Italie, le Français trouvera un terrain de jeu à son goût, loin de la pression infernale du Tour de France qu'il disputera peut-être en juillet dans un rôle de lieutenant de David Gaudu, quatre ans après y avoir fait naître les plus fols espoirs, avant d'abandonner, blessé à la cuisse, alors qu'il était "à l'apogée de (s)a carrière".
- A son meilleur niveau depuis 2020 -
"J'ai beaucoup de plaisir de retourner en Italie et retrouver un public de fans, de connaisseurs. J'ai toujours aimé courir là-bas", insiste Pinot qui a signé en 2018 au Tour de Lombardie l'un de ses plus grands triomphes.
S'il ne compte que deux participations au Giro à ce jour, c'est bien malgré lui. "J'aurais aimé le faire plus souvent mais Marc (Madiot, le manager de l'équipe Groupama-FDJ) m'en a toujours empêché" pour privilégier le Tour de France, glissait-il dans un sourire à l'intersaison au moment de dévoiler son calendrier.
Contrairement au Tour de France, "très nerveux" et truffé de "pièges", le Giro est une course "plus simple", plus "décousue", où il y a "moins de calcul".
"C'est plus dur aussi et ça se joue souvent à la pédale", notamment dans les arrivées au sommet de la troisième semaine où il rêve de "monter en puissance" et rivaliser avec les meilleurs, mais "sans se prendre la tête".
"Je suis assez loin de mon niveau de 2019. Mais je n'ai plus de soucis de dos et je pense être à un niveau que je n'avais plus connu depuis 2020, prévient-il. C'est seulement ma troisième participation au Giro, ça reste un grand regret dans ma carrière de ne pas l'avoir fait plus souvent. J'espère me rattraper cette année."
Y.Zaher--SF-PST