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Ebola: un médecin testé positif en France à son retour de RDC, des cas contacts isolés
Pour la première fois, un cas d'Ebola a été diagnostiqué en France, chez un médecin revenant de République démocratique du Congo, pays actuellement frappé par une importante épidémie. Les autorités sanitaires, qui se veulent rassurantes, ont placé à l'isolement cinq possibles cas contacts.
Cinq personnes ayant été contact avec ce patient, arrivé mardi à Paris à bord d'un vol en provenance de Kinshasa, ont été identifiées et placées à l'isolement, a expliqué le ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France 2 mercredi soir.
"Dès qu'on a été alerté, évidemment on a regardé les personnes qui étaient assez proches de lui dans l'avion", a expliqué Mme Rist, disant vouloir rassurer en précisant que le médecin était "asymptomatique" à son entrée dans l'avion.
Le ministère avait précisé plus tôt dans journée qu'elles devraient effectuer un "isolement à domicile de 21 jours".
La France est, dans le cadre de l'épidémie touchant la RDC, le premier pays hors d'Afrique à confirmer un cas diagnostiqué sur son territoire. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés. Une situation que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dit suivre de "très près".
"Le patient, de retour d'une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable", d'après le ministère de la Santé.
Selon France 2, il est pris en charge à l’hôpital Bichat à Paris.
- Faible charge virale -
Ce médecin travaillant pour l'ONG humanitaire Alima, avait embarqué sans symptômes, à part des maux de tête, mais son état s'est "légèrement" dégradé lors du trajet, selon le ministère, qui assure qu'il a "respecté totalement les consignes sanitaires, isolé selon les procédures dès son arrivée à l’aéroport puis transporté à l’hôpital à l’isolement chambre double flux".
"Sa charge virale est très faible", selon le ministère.
Le patient diagnostiqué positif en France a voyagé sur un vol Air France, qui a fourni la liste des passagers aux autorités sanitaires.
La RDC est actuellement frappée par une importante épidémie de cette maladie qui se traduit par une fièvre hémorragique très souvent meurtrière.
Selon les derniers chiffres officiels, 1.048 cas ont été recensés dont 267 décès, soit un taux de létalité d'environ 25%. Mais nombre d'experts jugent probable que l'ampleur soit sous-estimée, l'épidémie frappant des régions très reculées.
L'épidémie, qui touche dans une moindre mesure l'Ouganda, met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique.
Lors d'une précédente épidémie majeure, qui avait frappé au milieu des années 2010 l'Afrique de l'Ouest, deux cas avaient été présents sur le territoire français, mais seulement après avoir été diagnostiqués à l'étranger. En revanche, plusieurs cas avaient alors été diagnostiqués sur les sols américain et britannique, sans donner lieu à aucune propagation durable.
Le cas en France "rappelle les risques auxquels sont exposés les intervenants de première ligne", a déclaré le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que le risque reste "faible" au niveau mondial comme français.
- "Comprendre la contamination" -
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a également jugé le risque d'infection "très faible pour la population générale européenne", rappelle le ministère français de la Santé.
De son côté, l'ONG Alima a dit chercher à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec malades.
"Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure Alima dans un communiqué.
Sur place, l'épidémie actuelle d'Ebola, la 17e à frapper la RDC, est considérée comme particulièrement préoccupante. La prise en charge est compliquée par l'absence de vaccin, la présence de nombreuses zones de guerre et la lenteur des autorités sanitaires à initialement repérer le virus.
L'OMS, qui en a fait une urgence de santé publique, avait indiqué mi-juin que la transmission de l'épidémie s'accélérait en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire.
jdy-cld-neo-bj/alu/gvy
D.Khalil--SF-PST