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Ebola: un premier cas identifié en France, un médecin revenu de RDC
Pour la première fois, un cas d'Ebola a été diagnostiqué en France, chez un médecin revenant de République démocratique du Congo, actuellement frappée par une importante épidémie. Mais les autorités sanitaires se veulent rassurantes: le patient a été isolé dès son retour et n'a qu'une faible charge virale.
Le ministère français de la Santé a annoncé mercredi "l'identification d'un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national".
"Le patient, de retour d'une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable", selon son communiqué.
Ce médecin travaillant pour l'ONG humanitaire Alima est "arrivé à Paris" mardi, en provenance de Kinshasa, a précisé le ministère. Il avait embarqué sans symptômes, à part des maux de tête, mais son état s'est "légèrement" dégradé lors du trajet, selon la source, qui assure qu'il a "respecté totalement les consignes sanitaires, isolé selon les procédures dès son arrivée à l’aéroport puis transporté à l’hôpital à l’isolement chambre double flux".
"Sa charge virale est très faible", selon le ministère.
Les personnes ayant été contact avec ce patient sont "en cours d'identification", avec à la clé un possible "isolement à domicile" de trois semaines sous "surveillance attentive".
C'est la première fois qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué sur le territoire français, une situation que le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a dit suivre de "très près".
La RDC est actuellement frappée par une importante épidémie de cette maladie qui se traduit par une fièvre hémorragique très souvent meurtrière.
Selon les derniers chiffres officiels, 1.048 cas ont été recensés dont 267 décès, soit un taux de létalité d'environ 25%. Mais nombre d'experts jugent probable que l'ampleur soit sous-estimée, l'épidémie frappant des régions très reculées.
L'épidémie, qui touche dans une moindre mesure l'Ouganda, met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique.
La France est, dans le cadre de cette épidémie, le premier pays hors d'Afrique à confirmer qu'un cas a été diagnostiqué sur son territoire. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés.
- Transmission accélérée en RDC -
Lors d'une précédente épidémie majeure, qui avait frappé au milieu des années 2010 l'Afrique de l'Ouest, deux cas avaient été présents sur le territoire français, mais seulement après avoir été diagnostiqués à l'étranger.
En revanche, plusieurs cas avaient alors été diagnostiqués sur les sols américain et britannique, chez des patients de retour des pays concernés par l'épidémie. Ces précédents restent néanmoins rassurants, n'ayant donné lieu à aucune propagation durable.
Les experts en santé publique estiment en effet que le risque de transmission de l'épidémie reste faible à travers le monde, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola.
"Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé faible le risque d’infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne", rappelle le ministère de la Santé.
De son côté, l'ONG Alima a dit chercher à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés.
"Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure Alima dans un communiqué.
Sur place, l'épidémie actuelle d'Ebola, la 17e à frapper la RDC, est considérée comme particulièrement préoccupante, face à de nombreux facteurs qui freinent la lutte contre cette flambée.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui en a fait une urgence de santé publique, avait indiqué mi-juin que la transmission de l'épidémie s'accélère en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire.
L'absence de vaccin, la présence de nombreuses zones de guerre, ainsi que la lenteur des autorités sanitaires à initialement repérer le virus, sont autant de facteurs qui rend l'épidémie particulièrement difficile à contrôler.
D.Khalil--SF-PST