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Hausse des prix à la pompe: coup dur pour les automobilistes qui n'ont "pas le choix"
Deux euros et cinq centimes: mercredi matin, tôt à la pompe, quelques heures après le coup de rabot sur les ristournes, Paul Orlowski soulève légèrement son bonnet de laine pour se frotter les yeux. Il est pourtant déjà bien réveillé, mais cela fait plusieurs mois qu'il n'avait pas vu le litre de gazole à un prix aussi élevé.
"La dernière fois, j'avais payé un euro quatre-vingts et quelques... C'est un Etat de voleurs", tempête ce retraité de 82 ans. "Tout a augmenté, le pain, l'huile, l'essence. Mais les gens ne disent rien, ils supportent."
Paris se réveille. Les automobilistes les plus matinaux font le plein à la station-service Esso boulevard de la Villette, sur le chemin du travail ou de l'école où ils déposeront leurs enfants.
Pierre Orlowski, lui, ne remplira pas totalement le réservoir de sa petite voiture. "Je mets vingt euros pour ne pas tomber en panne, mais je n'arrive pas à faire le plein", confie-t-il amèrement.
Mercredi, les prix à la pompe sont de nouveau repartis brutalement à la hausse en France avec une réduction drastique de la remise de l'Etat qui atteignait 30 centimes par litre depuis le 1er septembre et de celle de 20 centimes accordée par TotalEnergies dans ses stations-service. Toutes deux ont été ramenées à 10 centimes d'euros.
Ce mercredi matin, le sans-plomb 95-E10 est affiché à 1,87 euro dans cette station du Xe arrondissement de la capitale. Et même si Mehdi Redissi "doit faire avec", il est soulagé de voir qu'elle a retrouvé sa fréquentation habituelle.
"Hier, il y avait beaucoup trop de queue ! J'ai failli tomber en panne alors j'ai abandonné et je suis revenu ce matin", raconte ce gestionnaire de comptes de 27 ans, qui sillonne quotidiennement les rues parisiennes en scooter.
Ces derniers jours, les stations-service françaises ont en effet été assiégées par les automobilistes soucieux de bénéficier des dernières heures de remises plus élevées.
Nombre d'entre elles manquaient d'au moins un carburant et certaines étaient totalement à sec, particulièrement en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes.
- "Il faut bien travailler" -
Les ristournes de 10 centimes continueront d'être appliquées jusqu'au 31 décembre. En 2023, le gouvernement table plutôt sur une aide ciblée pour les automobilistes "qui ont du mal à joindre les deux bouts", a indiqué le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal.
"Et là, ça va être autre chose ! L'Etat devrait vraiment continuer de mettre la main à la pâte", lance Rachid Chelbi. Sur la pompe à essence, devant les yeux de ce chauffeur de taxi parisien, les chiffres défilent et le total grimpe à vive allure.
Ce quinquagénaire dit faire le plein tous les quatre jours environ. Il se souvient d'avoir payé 1,68 euro le litre de SP95-E10 la dernière fois, soit 20 centimes de moins. Mais "on n'a pas le choix, il faut bien travailler !", se résigne-t-il.
De l'autre côté du boulevard, la station TotalEnergies affiche un gazole à 1,98 euro le litre et un SP95 à 1,79 euro, celui qu'utilise Chiara, médecin italienne de 34 ans, pour faire rouler sa citadine blanche.
"Je suis plus déçue qu'autre chose", grince-t-elle en découvrant que les prix ont augmenté de quelques centimes. "Au début, je faisais un plein pour 40 euros, là c'est 60, il y a quelques temps, c'était 80... Ça change tout le temps !"
"Je travaille entre deux hôpitaux d'Ile-de-France difficilement accessibles en transports en commun et, évidemment, ils ne me payent pas l'essence", soupire-t-elle. "C'est horrible. De toute façon je veux retourner m'installer en Italie, la qualité de vie ici est devenue insupportable."
Dans la capitale française, ou ailleurs dans l'Hexagone, Chiara n'est pas la seule à avoir été surprise à la pompe mercredi.
A Lyon aussi, dans une station TotalEnergies, Philippe Banse, 55 ans, se résout à accepter l'inévitable. "Je fais le plein parce que j'ai besoin de remplir mon réservoir", dit-il, sans même avoir "calculé qu'il n'y avait plus les remises".
F.Qawasmeh--SF-PST