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Le Kremlin rejette les récits "alarmistes" sur le risque d'une attaque russe contre l'Otan
Le Kremlin a qualifié jeudi d'"histoires alarmistes" les informations parues dans la presse américaine, selon lesquelles le directeur de la CIA s'est rendu à Moscou cette semaine pour dissuader la Russie d'attaquer l'Otan, les jugeant dénuées de tout lien "avec la réalité".
La Russie, qui mène depuis 2022 une offensive militaire de grande ampleur contre l'Ukraine, a toujours démenti catégoriquement toute velléité d'attaquer les pays de l'Otan, alliance militaire dont l'expansion jusqu'aux frontières russes ces dernières décennies est considérée comme une menace existentielle par Moscou.
Le Wall Street Journal et la chaîne d'information CBS ont rapporté que le patron de la CIA, John Ratcliffe, s'était rendu mardi en Russie pour mettre en garde Moscou contre une potentielle attaque visant un pays membre de l'Otan, des évaluations des renseignements américains indiquant que la Russie pourrait chercher à mettre l'alliance à l'épreuve.
En parallèle, la Russie et le président des Etats-Unis, Donald Trump, ont tenté de minimiser l'importance de ce voyage inhabituel.
Interrogé sur les informations des médias américains jeudi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé que "de nombreuses histoires alarmistes sont publiées en ce moment".
"Bien entendu, cela n'a rien à voir avec la réalité et n'a rien à voir avec les intentions de la Russie", a-t-il dit, en accusant au contraire les pays européens de faire preuve d'"agressivité".
Une haute responsable européenne a indiqué jeudi que les services de renseignement européens ne disposent d'aucun élément permettant d'affirmer que la Russie se prépare à attaquer l'Otan.
"Les services européens ne voient pas de risques d'attaque russe contre les pays européens", a assuré cette responsable sous couvert de l'anonymat.
Mais elle a ajouté qu'il n'y avait aucun doute sur le fait que la Russie essayait "activement de créer des difficultés pour nos pays", l'Union européenne soutenant fermement l'Ukraine depuis l'invasion russe en 2022. "L'escalade de la part de la Russie est clairement là".
- "Semi-routine" -
Donald Trump avait affirmé mercredi que la visite du patron de la CIA n'était pas liée à des menaces russes contre l'Otan, tout en laissant entendre qu'elle avait un lien avec l'Ukraine.
"Nous aimerions que la guerre en Ukraine s'arrête", avait-il déclaré lors d'une interview avec le commentateur conservateur Glenn Beck.
Plusieurs pays de l'Otan ont dit récemment avoir été la cible d'opérations de sabotage ou d'espionnage, des actes de "guerre hybride" imputés à la Russie. Et certains, comme la Pologne ou la Roumanie, ont subi des intrusions de drones et de missiles, attribuées à la Russie.
Donald Trump avait aussi tenté d'atténuer la portée de cette visite en la qualifiant de "semi-routine", bien que le dernier voyage connu d'un directeur de la CIA en Russie remonte à novembre 2021, avant le début de l'offensive russe en Ukraine en février 2022.
Sur la même ligne, le chef des services de renseignement extérieurs russes (SVR), Sergueï Narychkine, a estimé jeudi que sa rencontre avec John Ratcliffe n'avait "rien d'inhabituel".
"Les rencontres entre dirigeants (de service secrets), qu'elles soient en personne ou en ligne, font partie intégrante de notre travail", a-t-il dit à des journalistes, assurant participer "presque chaque semaine" à des réunions avec ses homologues "de tous les continents".
Sergueï Narychkine a refusé de détailler les sujets abordés avec John Ratcliffe, se contentant d'indiquer qu'ils relèvent "de la compétence des services de renseignement".
- "Se calmer" -
Le Kremlin avait jugé mercredi qu'il était "encore trop tôt" pour savoir si la visite de John Ratcliffe pourrait avoir une incidence pour sortir les relations russo-américaines "de la crise".
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a maintenu le contact avec le président Vladimir Poutine, avec lequel il a échangé au téléphone plusieurs fois et qu'il a reçu avec les honneurs en Alaska durant l'été 2025.
Mais le président américain a ensuite multiplié les signes d'agacement envers son homologue russe, même s'il a aussi eu des mots durs pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Donald Trump, qui a promis un temps de mettre fin au conflit en 24 heures et comptait en récolter les lauriers, s'est heurté aux positions inconciliables de Moscou et de Kiev.
Le thème d'une supposée attaque russe en préparation contre l'Otan revient régulièrement dans le débat public européen, malgré les démentis répétés de Moscou.
Interrogé à ce sujet en juin, le président finlandais Alexander Stubb, l'un des principaux alliés de Kiev en Europe et dont le pays, voisin de la Russie, a rejoint l'Otan en 2023, avait appelé à "simplement se calmer".
"Je consulte tous les rapports des services de renseignement, je les lis très attentivement", a déclaré M. Stubb en estimant que mettre l'alliance atlantique à l'épreuve n'aurait "aucun sens" pour Moscou.
K.AbuTaha--SF-PST