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Les primaires dans le Michigan ont débuté, à un moment charnière pour les démocrates américains
Les bureaux de vote ont ouvert mardi dans le Michigan, où les démocrates doivent désigner leurs candidats pour les élections de mi-mandat, avec l'attention tournée principalement vers une primaire hautement contestée pour un siège au Sénat, miroir des divisions actuelles de la gauche américaine.
D'un côté, Abdul El-Sayed, un docteur issu de l'aile progressiste du Parti démocrate, et de l'autre Haley Stevens, actuelle députée soutenue par l'establishment du parti.
Le vainqueur dans cet Etat de plus de 10 millions d'habitants dans le nord du pays affrontera en novembre le républicain Mike Rogers pour un siège de sénateur laissé libre par le démocrate Gary Peters.
L'élection sera particulièrement scrutée: les démocrates espèrent reprendre la majorité au Sénat, mais pour cela doivent assurément conserver leur siège dans le Michigan, Etat gagné par Donald Trump en 2024.
La primaire démocrate elle-même attire de nombreux regards. Une victoire mardi d'Abdul El-Sayed, favori des sondages, viendrait en point d'orgue du mouvement progressiste qui a déjà affiché plusieurs victoires dans des primaires récentes à New York et dans le Colorado.
Et une victoire en novembre de ce médecin de 41 ans servirait à montrer que l'aile gauche du parti peut gagner au-delà des sièges déjà acquis aux démocrates.
- Mobilisation -
Soutenu par plusieurs figures progressistes comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, Abdul El-Sayed se présente comme prêt à se battre pour les classes populaires face à Donald Trump, les grands patrons, mais aussi les responsables actuels du Parti démocrate et le mouvement pro-Israël aux Etats-Unis.
Ses alliés affirment que la mobilisation de la base progressiste autour de sa candidature peut permettre de réussir sans le soutien du réseau traditionnel de grands donateurs du parti.
Une dynamique comme la sienne "n'arrive pas par accident", assure Joseph Geevarghese, directeur exécutif de l'organisation progressiste Our Revolution, qui affirme avoir déjà contacté 300.000 électeurs dans le Michigan en soutien à Abdul El-Sayed.
En face, Haley Stevens, députée depuis 2019 des alentours de Détroit, a centré sa campagne autour de la réindustrialisation et de sa capacité à rassembler divers horizons face aux républicains. Cette ancienne conseillère du président Barack Obama sur les questions automobiles est soutenue par plusieurs chefs démocrates, comme Chuck Schumer et la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer.
Elle compte également sur le soutien de populations qu'elle dit sous-représentées dans les sondages, comme les électeurs afro-américains, les seniors, et ceux sans diplôme du supérieur.
Entre les deux candidats, peu de points d'accord et particulièrement sur la question d'Israël.
Haley Stevens est en faveur d'un soutien continu à cet allié des Etats-Unis et rejette les accusations de génocide à Gaza.
- "Bassesses" -
Abdul El-Sayed a lui appelé à la fin de l'aide américaine à Israël et s'est attaqué à l'influence de l'organisation Aipac, qui finance des candidats démocrates et républicains pro-Israël. Il a également dit s'opposer à l'existence d'Israël comme un Etat uniquement réservé aux juifs.
Dans un Etat du Michigan qui compte une large diaspora arabe et où l'Aipac a déjà déboursé des millions de dollars dans la campagne, cette question du soutien à Israël promet d'être décisive pour la primaire.
La campagne a déjà vu les deux démocrates échanger des attaques de plus en plus personnelles, Abdul El-Sayed qualifiant son opposante de "candidate la moins compétente" des Etats-Unis, tandis que Haley Stevens l'accuse d'utiliser les juifs américains comme boucs émissaires de ses problèmes.
Debbie Dingell, députée démocrate du Michigan, a averti que la "brutalité" et les "bassesses" de cette campagne pourraient compliquer le rassemblement de leurs partisans pour novembre.
Chaque camp affirme être le mieux placé pour battre le républicain Mike Rogers.
Haley Stevens souligne que le Michigan a l'habitude d'élire des candidats démocrates pragmatiques, tandis qu'Abdul El-Sayed soutient qu'un candidat bénéficiant de l'enthousiasme de la base aura plus de chances de mobiliser l'électorat jeune et celui des classes populaires.
H.Jarrar--SF-PST