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Cinq choses à savoir sur la Crimée, une péninsule annexée par la Russie
La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a été placée en "situation d'urgence" cet été en raison des frappes ukrainiennes sur ses infrastructures, notamment énergétiques, qui entraînent coupures de courant et pénurie de carburant.
Voici cinq choses à savoir sur cette région stratégique sur les rives de la mer Noire qui joue un rôle central dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine - et dans leur histoire.
- Position stratégique sur la mer Noire -
Avec ses montagnes verdoyantes et ses plages, la Crimée est prisée pour sa beauté. Son sol est en outre propice à la viticulture.
Sa position sur la mer Noire a suscité l'envie de la part des marines européennes et été l'enjeu de guerres au cours des siècles.
Occupée par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle accueille en 1945 la conférence de Yalta au cours de laquelle l’Europe est divisée en zones d’influence.
Après la chute de l'URSS en 1991, la péninsule, déjà administrativement rattachée à l'Ukraine soviétique en 1954, est intégrée au territoire de l'Ukraine indépendante.
La Russie conserve cependant le droit de mouiller sa flotte de la mer Noire dans le port de Sébastopol en vertu d'accords signés dans les années 1990.
Simféropol, la capitale régionale, située à l'intérieur des terres, et les villes portuaires de Sébastopol, de Yalta et d'Eupatoria en sont les principaux centres urbains.
- L'annexion de 2014 -
En 2014, la Russie prend le contrôle de la Crimée, dans la foulée de la révolution pro-européenne en Ukraine et du renversement du président Viktor Ianoukovitch soutenu par Moscou.
Des militaires, masqués et sans insignes, s'emparent des bâtiments publics et assiègent les bases militaires ukrainiennes. Vladimir Poutine reconnaîtra plus tard qu'il s'agissait de soldats russes.
Au cours d'un référendum ensuite organisé par les autorités russes, la population locale vote sous la menace des armes le rattachement de la Crimée à la Russie. Les Occidentaux dénoncent une imposture et imposent des sanctions à ce pays.
L'annexion de mars 2014 entraîne la guerre dans l'est de l'Ukraine, où des séparatistes prorusses soutenus par Moscou se rebellent contre Kiev.
Le conflit fait des milliers de victimes entre 2014 et 2022, date à laquelle la Russie déclenche son offensive de grande envergure contre l'Ukraine.
L'annexion de la Crimée n'est reconnue que par une poignée de pays, tels Cuba, la Corée du Nord et le Venezuela.
Elle marque un tournant pour le président Vladimir Poutine, scellant notamment une rupture des relations avec les Occidentaux.
Ceux qui refusent de vivre sous tutelle russe fuient en nombre.
La Russie contrôle étroitement la vie sur place, interdit les symboles ukrainiens et exige de facto que les habitants de cette presqu'île se procurent des passeports russes.
- Les Tatars réprimés -
Les Russes sont accusés de prendre des mesures répressives contre les Tatars de Crimée, des habitants historiques de cette péninsule en majorité musulmans sunnites et turcophones.
En 2016, le Mejlis, l'organe représentatif de cette communauté, est déclaré "extrémiste", marquant le début d'une vague d'arrestations et d'exils forcés.
A l'époque soviétique, les Tatars de Crimée ont été déportés par dizaines de milliers sur ordre de Staline, principalement en Asie centrale. Ils n'ont commencé à retourner sur leurs terres que dans les années 1980.
Peu après l'annexion de la Crimée, Vladimir Poutine signe un décret officialisant leur réhabilitation.
Mais, en 2024, Amnesty international a accusé Moscou de vouloir "éradiquer" les identités ukrainienne et tatare de Crimée en procédant notamment à "des transferts forcés de population".
- Tremplin pour l'offensive de 2022 -
La Russie lance son offensive sur l'Ukraine en février 2022 à partir du nord, de l'est et du sud, y compris de Crimée, où elle a massé ses troupes pendant des mois.
L'Ukraine vise désormais régulièrement dans cette péninsule avec des drones et des missiles des cibles militaires, énergétiques et des routes de ravitaillement, en représailles aux bombardements quotidiens sur son territoire.
Ses drones navals coulent en outre plusieurs navires russes en mer Noire.
En septembre 2023, le quartier général de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol est frappé par les Ukrainiens et plusieurs officiers de haut rang sont tués.
- Pont symbolique -
Inauguré en grande pompe en 2018 par Vladimir Poutine, le pont de Crimée, un ouvrage de 19 km de long, est pour la Russie l'un des symboles de son autorité sur la péninsule dans laquelle elle a investi sans compter.
C'est aussi une infrastructure logistique militaire essentielle dans son offensive sur l'Ukraine.
Les services de sécurité ukrainiens ont revendiqué en octobre 2022 l'explosion qui a emporté une partie du pont, un camouflet pour les Russes qui souffraient déjà de revers sur le champ de bataille.
L'armée ukrainienne a par la suite visé cet ouvrage à de multiples reprises.
U.AlSharif--SF-PST