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Après un remaniement chaotique, le chancelier allemand promet de "mieux faire"
Le chancelier allemand a promis mercredi de "mieux faire" et de tirer les leçons d'un remaniement gouvernemental chaotique qui fait suite à une année ternie par des revers électoraux et politiques.
Très impopulaire après un peu plus d'un an au pouvoir, Friedrich Merz, le chef des conservateurs, a promis "une nouvelle impulsion" et "une nouvelle dynamique", à quelques semaines de trois scrutins régionaux cruciaux, à Berlin et dans l'est de l'Allemagne, à l'occasion desquels l'extrême droite, l'AfD, le principal parti d'opposition, pourrait battre de nouveaux records.
Au cours d'un point presse dans la capitale allemande, le chancelier a tenté de tourner la page de la fronde qui le menace dans son propre parti, la CDU, où il est accusé d'avoir mal géré le remaniement de son gouvernement dans la foulée de la démission du chef du groupe parlementaire conservateur, Jens Spahn, emporté par une controverse sur la gestation pour autrui.
Friedrich Merz, un ancien avocat d'affaires âgé de 70 ans, a avant tout promis de mieux communiquer, s'engageant à "expliquer davantage, transmettre davantage et consacrer également plus de temps à cette tâche".
"Je partage l'avis de nombreux collègues qui se sont exprimés aujourd'hui : nous devons faire mieux. Et c'est l'exigence que nous nous imposons à nous-mêmes et que la population nous impose à juste titre", a-t-il déclaré après une réunion des députés conservateurs destinée à élire le successeur de Jens Spahn, Thorsten Frei.
Ce dernier, un proche du chancelier et qui était jusqu'ici son chef de cabinet, a recueilli 91,9% des voix, un score meilleur que celui obtenu par M. Spahn en mai dernier (86,5%).
Un peu plus tôt dans la matinée, les trois nouveaux ministres (Carsten Linnemann à la Santé, Steffen Bilger aux Transports et Nina Warken, chef de cabinet de Merz) ont reçu leur lettre de nomination du président allemand. Ils ne prêteront toutefois serment devant le Parlement qu'en septembre après la pause estivale.
- "Frustration" -
La grogne contre Friedrich Merz ne semble toutefois pas totalement terminée, comme en témoignent les déclarations d'un vice-président du groupe parlementaire, Günter Krings.
A la chaîne de télévision Welt TV, il a confirmé que des critiques avaient été émises pendant la réunion des députés conservateurs consacrée à l'élection de M. Frei qui a d'ailleurs duré deux heures de plus que prévu.
Selon M. Krings, ils ont exprimé leur "frustration" sur les décisions liées au remaniement.
De plus, le ministre des Transports, Patrick Schnieder, limogé par M. Merz, a reçu un tonnerre d'applaudissements de la part de ses collaborateurs, tous debout, après son discours de départ, selon une vidéo diffusée par le quotidien allemand Bild.
Son éviction avait provoqué la colère de nombreux parlementaires conservateurs, irrités par la manière embarrassante dont le chancelier s'était conduit.
L'intention de Friedrich Merz de limoger M. Schnieder avait fuité la semaine dernière mais le ministre s'est retrouvé dans l'incertitude après que le candidat initialement choisi par le chef du gouvernement pour le remplacer s'est désisté.
"Je ne veux pas dire que l'ambiance est catastrophique. Mais ça va clairement dans ce sens. De nombreux membres (du parti, ndlr) sont mécontents du chancelier", avait affirmé Heiko Strohmann, le chef des chrétiens-démocrates (CDU) de l'Etat régional de Brême (nord), dans un entretien avec le quotidien Tagesspiegel, paru mercredi.
"Le président (de la CDU, ndlr) doit écouter et débattre. (...) La CDU repose sur des bénévoles, sur des députés librement élus. On ne peut pas leur donner des ordres", avait-il asséné.
L'hebdomadaire Stern qui s'était déjà fait l'écho fin mai d'un éventuel départ du chancelier était revenu à la charge mercredi.
Le magazine citait un membre du comité directeur de la CDU, sans le nommer, bouillonnant de rage : "Friedrich Merz n'est pas un éléphant dans un magasin de porcelaine. (...) C'est un mammouth".
G.AbuHamad--SF-PST