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Keir Starmer annonce sa démission, Andy Burnham aux portes de Downing Street
Le Premier ministre travailliste Keir Starmer a annoncé lundi sa démission après des mois de pression, et son principal rival Andy Burnham semble plus que jamais en position de force pour lui succéder à la tête du Labour et à Downing Street.
"Toutes les décisions que j'ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j'aime. C'est pourquoi je vais démissionner de mon poste de président du Parti travailliste", a-t-il déclaré, la voix étranglée par l'émotion, lors d'un bref discours devant la porte du 10, Downing Street.
Le dirigeant de 63 ans résistait depuis des mois aux appels à démissionner. Mais sa position est devenue intenable après l'élection jeudi au Parlement de du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, qui a réaffirmé lundi son ambition de lui succéder.
La décision de Keir Starmer "marque le début d'une transition" et "je me porte candidat", a-t-il dit sur X, peu avant son arrivée à Londres pour être investi député.
L'ex-ministre travailliste de la Santé Wes Streeting, candidat déclaré qui aurait pu lui faire concurrence, a lui annoncé dans une lettre publiée sur X se rallier à Andy Burnham.
Keir Starmer, qui était entré à Downing Street il y a moins de deux ans après une victoire écrasante du Labour aux législatives de juillet 2024, a annoncé sa décision au roi Charles III lundi matin, a-t-il déclaré, serrant son épouse Victoria dans ses bras à la fin de son discours, sous les applaudissements du personnel du numéro 10.
Le Comité exécutif national du Labour doit annoncer l'ouverture formelle des candidatures pour succéder à Keir Starmer le 9 juillet, a-t-il précisé, ajoutant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur et ferait "tout ce qui est en (son) pouvoir" pour faciliter la passation.
Même dans le cas de plus en plus improbable où une élection interne serait nécessaire, le processus sera achevé avant "la fin de la pause estivale" du Parlement le 1er septembre, selon lui.
Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, en tête des sondages nationaux depuis des mois, a immédiatement appelé à de nouvelles élections législatives. Mais le Labour garde une large majorité au Parlement, et rien ne l'oblige à organiser des élections avant 2029.
- "J'accepte cette réponse" -
Keir Starmer a vanté lundi dans son discours son bilan sur l'économie, l'accès à la santé ou le soutien à l'Ukraine. Mais il a ajouté avoir entendu le message de son parti.
"La question que mon parti se pose aujourd'hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J'ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire, et j'accepte cette réponse de bonne grâce", a-t-il déclaré.
Il avait répété vendredi qu'il se battrait pour rester au pouvoir mais selon Sky News, des poids lourds du gouvernement, dont la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, l'ont exhorté à fixer une date pour son départ du 10, Downing Street.
Plus de 100 députés travaillistes réclamaient son départ, soit environ un quart des députés du parti, selon l'agence Press Association.
Donald Trump avait pris pour acquis dès dimanche la démission de son homologue britannique. "Keir Starmer va démissionner" de son poste, avait écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, lui souhaitant "le meilleur".
Avec ce départ, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l'histoire moderne du pays.
A l'arrivée à Downing Street de cet ex-avocat, les attentes étaient grandes après le long règne des conservateurs. Mais, deux ans plus tard, le Royaume-Uni reste confronté à une économie apathique et à une forte hausse du coût de la vie.
Keir Starmer a aussi commis des erreurs notables, comme celle de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Neuf mois plus tard, celui-ci était limogé après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Andy Burnham, personnalité politique préférée des Britanniques, selon l'institut YouGov, a été élu député à 54,8% des voix jeudi dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l'Angleterre, battant largement le candidat de Reform UK (34,5%).
Maire du Grand Manchester depuis 2017 et surnommé le "roi du Nord", il a répété pendant la campagne qu'il voulait "changer le Labour et le pays". Il avait échoué à deux reprises à prendre la tête du Labour, en 2010 et 2015.
P.Tamimi--SF-PST