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Avec des étés de plus en plus chauds, l'Inde apprend à s'adapter
Les températures ne cessent d'augmenter chaque année", se lamente Sawai Bhati Singh, 26 ans, berger dans un village du désert du Rajasthan, dans l'ouest de l’Inde, où la vie devient chaque été de plus en plus difficile.
Début juin, les températures ont atteint 45 °C dans son village de Sanwata, un niveau désormais habituel en période estivale. Situé dans le district de Jaisalmer, celui-ci a même enregistré des pics à 49 °C, un record.
Les habitants tentent tant bien que mal de s'adapter aux chaleurs étouffantes.
Le berger et sa famille vivent dans une maison en pierre, aux rares fenêtres, qui protège partiellement de la chaleur. A l'intérieur, pourtant, la température reste suffocante.
"Nous essayons de nous adapter, mais les méthodes traditionnelles pour lutter contre la chaleur ne fonctionnent plus", se lamente M. Singh, qui tire ses revenus de son troupeau de chèvres et de bovins.
Le pays le plus peuplé de la planète, avec plus d'1,4 milliard d'habitants, est habitué aux étés caniculaires et fait régulièrement face à des vagues de chaleur entre avril et juin.
Celles-ci ont cependant gagné en intensité, en longueur et en fréquence en raison du changement climatique.
Dans la cuisine de l'éleveur, sa femme et sa mère suffoquent autour du feu de bois.
L'eau est tirée d'un puits voisin, puis rafraîchie dans des bouteilles enveloppées de ficelle de jute tressée, qui utilisent l'évaporation pour en abaisser la température.
Le berger s'inquiète pour ses deux jeunes fils, âgés de deux et quatre ans, qui toute la journée jouent pieds nus dans la poussière.
A l'ombre de quelques arbustes épars, son bétail est amorphe. "La chaleur affecte leur appétit et réduit leur production de lait", pointe-t-il.
- "Jour et nuit se confondent" -
La famille a acheté l'an dernier son premier refroidisseur d'air.
A quelques centaines de kilomètres de là, le long des plaines inondables du fleuve Yamuna près de la capitale New Delhi, Bhole Shankar, un agriculteur fait face à d'autres difficultés.
Dans la mégapole de 30 millions d'habitants, le thermomètre a atteint 46,5°C cet été, soit plus de trois degrés en dessous du record de 49,9°C enregistré en 2024.
Situés non loin du fleuve, les champs sont luxuriants et verts. Un contraste saisissant avec les paysages désertiques et poussiéreux du Rajasthan.
"Vivre dans les plaines inondables peut sembler être moins étouffant que d'être coincé au milieu des maisons", reconnaît M. Shankar, 36 ans, devant sa cabane faite de bâches en plastique tendues sur des poteaux de bambou.
"Mais certains jours, le jour et la nuit se confondent".
L'agriculteur, sa femme et leurs trois fils, âgés de neuf à seize ans, vivent sous des lignes à haute tension. Leur cabane n'est pourtant pas reliée au réseau électrique.
Un panneau solaire leur fournit juste assez pour faire fonctionner un petit ventilateur, qui ne fait que brasser de l'air chaud.
Les jours de températures torrides, la famille modifie sa routine : travail dans les champs avant l'aube, repos à l'ombre aux heures les plus chaudes, puis retour dans les cultures au crépuscule.
La famille enroule les parois en plastique de la tente pour laisser passer un peu d'air et dort sur des "charpoys", des lits en cordes tressées, ce qui permet de laisser circuler l'air.
"Chaque année qui passe semble plus chaude", confie-il.
"Nous essayons de rester à l'ombre, mais quand on est agriculteur, c’est difficile".
I.Saadi--SF-PST