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Au Sénat américain, Trump tente de réaffirmer son autorité
Donald Trump a ouvert mercredi un nouveau front dans ses tentatives d'étouffer les dissensions émergentes chez les sénateurs de son propre camp, utilisant un poste crucial du renseignement américain comme levier pour réaffirmer son autorité.
Depuis plusieurs semaines, un nombre croissant de sénateurs républicains affichent leur désaccord sur certains sujets avec le président octogénaire, à l'emprise pourtant quasi totale sur le Congrès depuis le début de son second mandat. Fin mai, quatre d'entre eux avaient ainsi voté pour faire progresser une résolution ordonnant la fin de la guerre en Iran, un texte que rejetait la Maison Blanche.
Dernier exemple en date, la nomination par intérim de Bill Pulte, un fidèle de Donald Trump, au poste de directeur du renseignement national (DNI). Plusieurs sénateurs républicains ont exprimé leur réserves sur le choix de ce personnage dénué de toute expérience dans la sécurité nationale.
Et lorsque le président a annoncé la semaine dernière vouloir nommer le procureur Jay Clayton de manière permanente à ce poste de DNI, les chefs républicains au Sénat se sont empressés d'organiser son audition de confirmation --prévue mercredi-- afin d'empêcher Bill Pulte de prendre l'intérim vendredi.
Mais face à ce processus accéléré par son propre camp, Donald Trump a affirmé mercredi que l'audition de confirmation de Jay Clayton n'aurait pas lieu tant que cet actuel procureur new-yorkais ne serait remplacé à son poste par le candidat choisi par la Maison Blanche.
- Vives réserves -
Il a aussi de nouveau exigé qu'un texte de restrictions sur les modalités de vote --le SAVE America Act-- soit adopté par le Sénat, alors que l'ensemble des démocrates ainsi que certains républicains s'y opposent.
Un moyen de reprendre le contrôle face aux velléités croissantes d'indépendance chez les sénateurs de sa majorité.
"Nous annulons l'audition au Sénat concernant le DNI prévue aujourd'hui et nous ne donnerons pas suite tant que Jamie McDonald n'aura pas été confirmé au poste de procureur des Etats-Unis", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
Dans un communiqué laconique, le chef républicain de la commission sur le renseignement au Sénat a pris Donald Trump à revers.
"Jay Clayton est un candidat en attente de confirmation devant la commission sur le renseignement. Nous allons procéder à son audition comme prévu, à moins que le président lui ordonne de ne pas se présenter, ou retire sa nomination", a déclaré Tom Cotton sur X.
Sans vote de confirmation au Sénat pour Jay Clayton, Bill Pulte doit prendre ses fonctions vendredi en remplacement de la démissionnaire Tulsi Gabbard.
La nomination par intérim de cet homme d'affaires dépourvu de la moindre expérience dans le monde du renseignement, à un poste qui chapeaute des agences comme la CIA, a ulcéré les démocrates et suscité de vives réserves jusque dans le camp républicain.
- "Chaos" -
L'opposition redoute que le locataire de la Maison Blanche ne s'appuie sur Bill Pulte pour lancer des opérations de vengeance politique ou de perturbation des élections. Donald Trump a déjà demandé à ce fidèle de tailler dans les effectifs de son bureau.
Avec l'annulation de l'audition, Donald Trump a ainsi voulu couper l'herbe sous le pied des chefs républicains au Sénat qui avaient organisé l'audition de Jay Clayton en vitesse.
Le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission sur le renseignement, a dénoncé dans un communiqué la décision du président, selon lui "déterminé à faire de la sécurité nationale de l'Amérique un instrument de marchandage politique".
"La sécurité nationale ne peut pas être régie à travers un message sur les réseaux sociaux", a déclaré le sénateur, condamnant "le chaos et la confusion émanant de la Maison Blanche elle-même".
Jay Clayton, qui a dirigé la puissante autorité des marchés boursiers (SEC) pendant le premier mandat Trump, est un choix bien plus consensuel que Bill Pulte pour les démocrates et les républicains.
Il occupe depuis le printemps 2025 l'un des postes de magistrats les plus puissants du pays, celui de procureur fédéral du district sud de New York.
Et Donald Trump veut qu'il soit remplacé à cette fonction par Jamie McDonald, un avocat qui s'est occupé de l'une de ses affaires judiciaires et doit lui aussi être approuvé par le Sénat.
O.Mousa--SF-PST