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Starmer s'accroche au pouvoir, les travaillistes divisés sur son maintien
Bien qu'il soit de plus en plus fragilisé, le Premier ministre britannique Keir Starmer a dit mardi vouloir "continuer à gouverner", suscitant de profondes divisions au sein du Labour.
Mardi, 86 députés travaillistes - sur un total de 403 - avaient appelé à sa démission, selon la BBC, et quatre secrétaires d'État ont annoncé quitter leurs fonctions en signe de défiance envers le Premier ministre.
Mais plus de 100 députés ont signé une lettre de soutien à Keir Starmer, selon un décompte des médias britanniques. "Ce n'est pas le moment d'engager une procédure de contestation de la direction" du parti, ont-ils estimé dans leur texte.
. Qui veut son départ?
La pression sur le dirigeant n'a fait que s'accroître depuis son discours de lundi, censé relancer son mandat après des élections locales désastreuses pour le Labour jeudi dernier. Les députés et une partie des ministres qui l'appellent à quitter ses fonctions veulent le voir partir dès maintenant ou fixer un calendrier pour son départ.
Mais l'a répété en conseil des ministres mardi: il veut continuer à gouverner. "Le parti travailliste dispose d'une procédure pour contester la direction du parti mais celle-ci n'a pas été enclenchée", a-t-il fait valoir.
Cette procédure requiert qu'un candidat se déclare formellement - ce qui n'a pas eu lieu jusqu'ici - et qu'il obtienne le soutien d'au moins 81 députés, soit 20% du groupe parlementaire.
"Le public s'est exprimé, et son propre parti le fait désormais avec une voix plus forte (...) nous avons désespérément besoin de leadership, et je pense qu'il est temps pour lui de démissionner", a estimé Lane Bednash, administrateur judiciaire interrogé par l'AFPTV à Londres.
. Les arguments pour qu'il reste
Après le conseil des ministres, plusieurs ministres ont exprimé leur soutien à Keir Starmer. Le ministre du Travail Pat McFadden a notamment affirmé sur Sky News que Keir Starmer allait "continuer à faire son travail", et qu'il avait reçu de "nombreuses marques de soutien".
M. Starmer, lui-même, a souligné le "coût économique réel" des turbulences qui fragilisent le gouvernement depuis plusieurs mois. Les taux d'intérêt des emprunts d'État ont atteint mardi un plus haut à 5,8%, retrouvant des niveaux inédits depuis 1998.
Beaucoup de responsables travaillistes souhaitent éviter de replonger dans le chaos politique de 2022, lorsque les conservateurs avaient enchaîné trois Premiers ministres en seulement quatre mois.
. Comment en est-on arrivé là?
La popularité du dirigeant travailliste de 63 ans s'est effondrée depuis son arrivée au pouvoir après la large victoire du Labour aux législatives de 2024, qui a mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs.
Ses détracteurs mettent en avant ses multiples faux pas, revirements et polémiques - notamment le scandale autour de la nomination comme ambassadeur à Washington de la figure travailliste contestée Peter Mandelson.
Le mécontentement au sein du Labour s'est encore accentué après les élections locales de jeudi dernier. Le Labour a cédé du terrain au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage jusque dans ses bastions du nord populaire de l'Angleterre et du pays de Galles. Et les Verts, plus à gauche, lui ont pris des voix à Londres.
Cette tempête politique intervient sur fond d'économie atone, de crise internationale liée à la guerre au Moyen-Orient, et à la veille d'un moment-clé de la vie politique britannique: le traditionnel discours du roi Charles III, qui doit exposer mercredi le programme législatif de l'année à venir.
Le Royaume-Uni "commence à paraître ingouvernable", a prévenu Tony Travers de la London School of Economics, interrogé par l'AFP. "Le psychodrame permanent au sommet de la politique britannique n'est clairement pas bon pour la confiance du public".
. Qui pourrait remplacer Starmer?
Un éventuel départ de Keir Starmer n'entraînerait pas d'élections législatives --il serait remplacé à son poste de Premier ministre par un nouveau chef du Labour.
Les médias britanniques évoquent plusieurs noms depuis des semaines. Celui de Wes Streeting, actuel ministre de la Santé de 43 ans, apparaît comme l'option la plus simple, car ce dernier est élu à la chambre des Communes, condition sine qua non pour être chef du gouvernement.
Un sérieux prétendant est Andy Burnham, 56 ans, maire de l'agglomération de Manchester et personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages. Mais il ne peut se présenter faute de siège au Parlement. L'organisation d'une élection partielle pourrait prendre des mois et impliquerait qu'un député d'une circonscription "sûre" démissionne pour lui laisser la place. L'édile a été photographié à Londres mardi à la mi-journée.
Le nom de l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner, 46 ans, est aussi régulièrement évoqué.
G.AbuHamad--SF-PST