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Trump attendu à Pékin pour un sommet américano-chinois, avec la guerre au Moyen-Orient en toile de fond
Donald Trump est attendu mercredi à Pékin pour la première visite en Chine d'un président américain depuis celle qu'il avait lui-même effectuée en 2017, avec la guerre au Moyen-Orient en toile de fond et de multiples sujets de friction, dont le commerce et Taïwan.
Son programme, chargé, comprend notamment des rencontres avec son homologue chinois Xi Jinping jeudi et vendredi.
Les ventes d'armes des États-Unis à Taïwan, le contrôle des exportations de terres rares par la Chine et, plus généralement, des relations commerciales bilatérales tumultueuses figurent parmi les sujets qui devraient être évoqués par les dirigeants des deux premières économies mondiales.
Le conflit au Moyen-Orient sera également au cœur des discussions, un haut responsable américain ayant déclaré cette semaine à la presse que Donald Trump ferait pression sur Xi Jinping à propos de l'Iran, dans le cadre de ses efforts en vue de parvenir à un accord pour mettre fin à cette crise internationale.
- "Un événement majeur" -
En attendant, des policiers surveillaient les principaux carrefours de la capitale chinoise et contrôlaient les cartes d'identité des passagers du métro, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"C'est sûr, c'est un événement majeur", a commenté Wen Wen, une femme de 24 ans originaire de Nankin, dans l'est de la Chine, interrogée par l'AFP sur la visite de Donald Trump.
"Des progrès seront certainement réalisés", a-t-elle poursuivi, disant espérer que les deux superpuissances puissent garantir une "paix durable" malgré "l'instabilité actuelle dans le monde".
Les relations économiques entre Pékin et Washington ont été marquées par des tensions ces dernières années, les deux parties observant actuellement une trêve d'un an conclue au cours de la dernière réunion entre MM. Trump et Xi en Corée du Sud en octobre.
L'important excédent commercial de la Chine avec les États-Unis a longtemps irrité le président américain, qui a imposé des droits de douane sur les produits chinois pendant son premier mandat.
Donald Trump sera d'ailleurs accompagné en Chine par une importante délégation de dirigeants d'entreprises américaines, dont Elon Musk (Tesla), Tim Cook (Apple) et Kelly Ortberg (Boeing), a annoncé la Maison Blanche.
Ce sommet, très attendu, intervient à un moment incertain pour l'économie chinoise, qui a connu ces dernières années des difficultés liées à une faible consommation intérieure et à une crise de la dette persistante dans le secteur de l'immobilier, autrefois florissant.
Pour Li Jiahao, gérant d'un bar karaoké à Pékin, la visite de M. Trump ne mettra pas forcément fin à toutes les difficultés dans les relations sino-américaines, même s'il espère des "résultats positifs".
"Venir ici et résoudre les problèmes sont deux choses différentes", a ainsi affirmé le trentenaire à l'AFP, avant de lancer: "la Chine et les États-Unis ont des responsabilités en tant que grandes puissances" et "seule l'amitié peut nous permettre de parvenir à un développement mutuel et de devenir plus forts".
- Les ventes d'armes à Taïwan -
La guerre contre l'Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, est une source de nouveaux défis dans les relations déjà complexes entre Pékin et Washington.
Donald Trump a ainsi reporté une fois son voyage en Chine en raison de ce conflit, qui a de facto bloqué la navigation dans le détroit d'Ormuz.
La Chine est le premier acheteur du pétrole iranien, bien que le président américain ait cherché à mettre fin à ces importations par le biais de sanctions.
Le département du Trésor américain a renforcé ces mesures lundi en sanctionnant douze individus et entités – dont plusieurs ayant leur siège à Hong Kong – qu'il accuse d'avoir facilité l'envoi de brut iranien vers la Chine.
Interrogé mardi sur ces dernières décisions, Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a répondu que son pays s'opposait "fermement aux sanctions unilatérales illégales".
Un autre sujet de discorde majeur pour les responsables chinois est l'assistance militaire fournie à Taïwan par les États-Unis.
Guo Jiakun a réitéré mardi l'opposition "constante et sans équivoque" de la Chine aux ventes d'armes américaines à cette île.
Donald Trump s'était quant à lui dit la veille prêt à aborder ce sujet épineux, laissant entendre que sa relation personnelle avec Xi Jinping empêcherait une invasion chinoise de Taïwan.
"Je pense que tout ira bien. J'entretiens de très bonnes relations avec le président Xi. Il sait que je ne souhaite pas que cela se produise", a-t-il déclaré.
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force. Elle est hostile à tout agissement qui, à ses yeux, nuirait à une "réunification" non négociable et inéluctable, selon elle.
P.Tamimi--SF-PST