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Premier tour des municipales: la participation attendue en nette baisse par rapport à 2014
Signe de lassitude des électeurs et d'une campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient? La participation au premier tour des municipales s'annonçait en nette baisse par rapport à 2014, malgré les nombreuses incertitudes qui pèsent dans plusieurs grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille.
A 17H00, le taux de participation en France métropolitaine était de 48,90% selon le ministère de l'Intérieur. Un chiffre certes en hausse de 10 points par rapport aux dernières élections municipales de 2020 - organisées en pleine pandémie de Covid-19 et marquées par une abstention historique, mais en recul de près de six points par rapport à 2014 (54,72% à la même heure).
Au final, les différents instituts de sondage tablent sur une participation pour ce premier tour comprise entre 56% et 58,5%, contre 63,55% en 2014.
Pas de quoi enrayer la lente érosion observée d'élection en élection depuis plus de 40 ans, particulièrement chez les jeunes et les habitants des quartiers populaires.
- "Inquiétude" -
Si les Français restent attachés aux maires, plus appréciés que les élus nationaux, la mobilisation peut aussi être pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
A Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, qui entend reconquérir la mairie, a senti cette "forme d'inquiétude" liée à la situation internationale.
En outre, les macronistes étant très peu implantés, il est difficile d'utiliser ce scrutin pour sanctionner l'exécutif, à la différence de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.
Enfin, le manque d'alternatives peut aussi affecter la participation : avec une majorité de listes uniques (68% des communes), le choix est quasi-inexistant pour les électeurs, qui n'ont par ailleurs, d'après les nouvelles règles en vigueur, plus le droit d'ajouter ou de rayer les noms de candidats ("panachage").
Les bureaux de vote fermeront à 18 heures, 19 heures ou, dans les plus grandes villes, 20 heures, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes - dont 358.000 ressortissants de l'Union européenne.
"Je voudrais un maire qui agit parce qu'il y a beaucoup de pauvreté, de misère, de délinquance, des problèmes de logements, dans l’éducation", raconte Rébiah, 62 ans, qui a voté à Roubaix (Nord) où s'affrontent six listes.
Au total, 93% des communes, qui n'ont qu'une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès le premier tour.
Mais l'incertitude est importante dans les grandes villes où peu d'édiles sont assurés d'être reconduits. Dans ces agglomérations, sitôt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour... des marqueurs cruciaux à un an de la présidentielle.
- Triangulaire, quinquangulaire -
A gauche, l'inimitié entre socialistes et LFI fait peser un risque de bascule sur certaines villes.
De l'autre côté de l'échiquier politique, l'extrême droite entend bien supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance.
A Paris, les perspectives de victoire d'Emmanuel Grégoire ou de Rachida Dati seront ainsi très différentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) dépassent ou non les 10% et décident ou non de se maintenir.
La question se posera aussi à Marseille pour le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio donnés largement en tête devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis Sébastien Delogu. Ou encore à Toulouse où le divers droite sortant Jean-Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais, à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.
Paris, Lyon et Marseille connaissent leur première municipale depuis la réforme du mode de scrutin, avec élection "directe" du conseil municipal en plus des secteurs ou arrondissements.
C'est "un vrai enjeu logistique", explique Charles Jacob, président d'un bureau de vote à Paris. Mais il n'y a pas eu de souci, "le cheminement est très clair" pour les électeurs bien informés.
Peu implanté localement, le Rassemblement national entend gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.
Quant aux Insoumis, ils espèrent ravir Roubaix (Nord) et créer la surprise dans certaines villes franciliennes.
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, qui brigue sa réélection au Havre, en a fait le prérequis pour poursuivre sa candidature à l’Élysée.
far-bur-bpa-sde/bow
F.AbuShamala--SF-PST