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Législatives en Colombie: le dépouillement a commencé
Les Colombiens ont voté dimanche aux élections législatives, qui ont valeur de test à moins de trois mois de la présidentielle au terme de laquelle la gauche du président Gustavo Petro espère conserver le pouvoir.
Les bureaux de vote ont fermé à 16H00 locales (21H00 GMT) et le dépouillement a commencé. Les résultats sont attendus dans les heures qui viennent.
Le Congrès bicaméral va être renouvelé, avec 285 élus de la Chambre basse et du Sénat, avant le scrutin présidentiel du 31 mai auquel la Constitution interdit à M. Petro de se représenter.
Le vote a eu lieu dans le calme, malgré les nombreuses violence perpétrées contre des responsables politiques ces derniers mois, dont l'assassinat en 2025 d'un candidat de droite à la présidentielle, Miguel Uribe.
La coalition Pacte historique, dirigée par M. Petro, premier président de gauche de l'histoire du pays, tentera de conserver ses 48 sièges au Congrès, dont elle est actuellement la principale force politique, mais loin de la majorité.
L'une de ses propositions est de modifier la Constitution, ce que les analystes considèrent comme un risque de concentration du pouvoir entre les mains du président.
La droite veut elle regagner du terrain, après son recul inédit en 2022, quand elle a perdu à la fois le plus grand groupe parlementaire et la présidence.
M. Petro, qui met en garde depuis plusieurs jours contre d'éventuelles fraudes, a dénoncé tout au long de la journée sur les réseaux sociaux des irrégularités présumées dans des bureaux de vote.
Parallèlement, le ministre de la Défense a indiqué qu'environ 2.400 personnes étaient entrées illégalement dans le pays depuis le Venezuela pour voter, malgré la fermeture des frontières depuis samedi.
- "travail d'équipe" -
Le nouveau Congrès entrera en fonction le 20 juillet, près de trois semaines avant l'investiture du successeur de M. Petro.
Pour la présidentielle, les sondages placent en tête le sénateur de gauche Iván Cepeda, du même parti que le président sortant, et l'avocat proche de la droite Abelardo de la Espriella.
S'il est élu, M. Cepeda entend poursuivre les réformes de gauche, mais aura besoin pour cela d'un Congrès compréhensif.
L'actuel Congrès, s'il a bien donné son feu vert à certaines des ambitieuses réformes notamment sociales de M. Petro, a aussi rejeté récemment la modification du système de santé et une hausse des impôts des plus riches.
"Si (le futur président) n'a pas de soutien au Congrès, ça va être très compliqué", a commenté Daniel Alfonso, salarié d'un centre d'appels de 31 ans, qui plaide pour "un travail d'équipe" entre le prochain président et les élus du Congrès.
"J'espère que les députés resteront fidèles à ce qu'ils ont dit et critiques, qu'ils ne resteront pas silencieux et joueront leur rôle de contre-pouvoir", a souligné de son côté à l'AFP Ángela Álvarez, une exportatrice de cacao de 36 ans.
Aux élus d'opposition, M. Pedro a répondu pendant son mandat en organisant des marches massives et répétées au cours desquelles il a prononcé de virulents discours contre le Congrès, dont des élus sont en outre discrédités par de multiples scandales de corruption.
- La droite veut se relever -
La campagne électorale a été entachée de violences, venant surtout de groupes armés (guérillas, paramilitaires, cartels) qui se disputent le marché de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.
C'est dans ce contexte tendu, marqué par plusieurs assassinats, que la droite compte regagner des sièges. Elle promet une reprise en main sécuritaire, alors que M. Petro a tenté de négocier, en vain, avec des groupes armés qui se sont renforcés sous son mandat
Les conservateurs sont menés par l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), candidat au Sénat, après l'annulation par la justice d'une condamnation à 12 ans d'assignation à résidence pour subornation de témoins et fraude procédurale.
La partie de l'électorat qui le soutient est celle nostalgique de sa campagne antiguérilla, estime Patricia Muñoz, professeure à l'université Javeriana.
A ce scrutin se présentent aussi d'ex-combattants de la guérilla marxiste des Farc, reconvertis en politique depuis l'accord de paix conclu en 2016 avec l'Etat colombien, et pour lesquels il n'y a cette fois pas de sièges garantis.
"Aller chercher les voix n'a pas été facile", a confié à l'AFP la sénatrice Sandra Ramirez, 63 ans, qui pour la première fois se soumet au vote populaire. Comme 12 autres candidats de Comunes, le parti issu des Farc.
X.Habash--SF-PST