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A Tel-Aviv, la vie au rythme des alertes aux missiles iraniens
Sur le front de mer de Tel-Aviv, les promeneurs déambulent sous le soleil, d'autres jouent au ballon sur le sable ou font leur footing. Une journée ordinaire, quand soudain la vie se fige au moment où retentissent les sirènes signalant des tirs de missiles iraniens.
"Je me sens fatiguée, surtout fatiguée", témoigne Gabrielle, une étudiante en médecine de 32 ans.
La jeune femme, qui vit à Tel-Aviv, doit descendre deux étages et traverser la rue en courant pour rejoindre un abri. "Au bout d'un moment, ça s'accumule, on perd beaucoup de sommeil", raconte-t-elle à l'AFP.
Entouré de pays ennemis depuis sa création en 1948, Israël a construit au fil des années un réseau d'abris publics sur une partie de son territoire, complété par les "mamad", les pièces sécurisées dont sont équipés les logements neufs ou rénovés.
Ce dispositif s'accompagne d'un système d'alerte perfectionné au fil du temps, qui permet aux habitants de se mettre à l'abri pendant qu'Israël active son puissant système de défense antimissiles, capable d'intercepter la majorité des projectiles.
Dès qu'un tir est signalé depuis l'Iran, la défense passive israélienne envoie un premier message sur les téléphones portables, appelant la population à se préparer à rejoindre un abri.
- "Rentrez immédiatement" -
Quelques minutes plus tard, dans la zone concernée, une deuxième alerte signale une frappe imminente, au moment où résonnent les sirènes: "Séjournez dans un espace protégé dans votre zone - Rentrez immédiatement dans l'espace protégé et restez-y jusqu'à réception d'une nouvelle notification".
"C'est accablant, mais d'une certaine façon on finit par s'y habituer. C'est étrange", dit Eden, 28 ans, qui habite Tel-Aviv. "Au moins, nous avons le privilège d'avoir accès à des abris et aux systèmes de défense anti-aérienne qui nous protègent".
Paradoxe dans ce pays engagé sur un double front, le bilan humain de la riposte iranienne comme des tirs de roquettes du Hezbollah reste limité, avec dix morts jusqu'à présent, parmi lesquels neuf personnes tuées le 1er mars par un impact de missile iranien à Bet Shemesh, une ville proche de Jérusalem.
Parmi les dizaines de blessés pris en charge chaque jour par les secours, l'immense majorité ont été victimes de chutes en rejoignant un abri.
- "Presque normal" -
Liana, une infirmière de 31 ans qui a grandi à l'étranger, se dit "impressionnée de voir à quel point les gens qui vivent (en Israël) ont grandi avec ça, au point que c'est presque devenu normal et qu'ils continuent simplement leur vie quotidienne, presque sans peur".
"Bien sûr, c'est effrayant, c'est éprouvant, mais on n'arrête pas de vivre pour autant. Les gens se retrouvent, font des pique-niques, jouent dehors et continuent de vivre, tout en restant prudents."
Comme tous les Israéliens, Yehia, propriétaire de deux restaurants à Tel-Aviv, garde en mémoire la précédente guerre de 12 jours avec l'Iran en juin 2025, qui avait fait 30 morts de très importants dégâts, et les tirs de missiles et de drones iraniens sur Israël, menés en avril et octobre 2024 en riposte à des frappes israéliennes.
"L'été dernier aussi, c'était la guerre", se souvient ce restaurateur de 32 ans. "Mais nous avons des restaurants, des employés à payer, des factures à payer. Nous voulons simplement travailler, voir des gens, entendre d'autres langues, comme avant".
I.Saadi--SF-PST