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L'Iran promet de ne pas se rendre, l'aéroport de Téhéran pilonné
Le président iranien Masoud Pezeshkian a promis samedi que son pays ne se rendrait jamais, alors qu'Israël annonçait une nouvelle offensive menée par 80 avions de combat qui a mis le feu à l'un des principaux aéroports de Téhéran.
Samedi, la vague de raids israéliens menés avant l'aube a été l'une des plus importantes depuis le début de la campagne de bombardements le 28 février, visant notamment une académie militaire, un centre de commandement souterrain et un site de stockage de missiles. Des photos de l'AFP montrent des flammes et de la fumée s'élevant de l'aéroport international Mehrabad de Téhéran, l'un des deux aéroports desservant la capitale.
Israël a également indiqué une nouvelle vague de frappes à Ispahan, grande ville du centre de l'Iran.
Mais le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé que l'Iran ne se rendrait pas, alors que son pays mène des frappes en représailles, visant bases militaires et installations pétrolières dans plusieurs pays voisins.
"Les ennemis (Israël et les Etats-Unis) peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat, s'excusant par ailleurs auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés depuis le début du conflit.
En parallèle, samedi à l'aube, Israël a dit répondre à une attaque de missiles iraniens, avant de lever l'alerte.
Samedi, Téhéran a dit avoir frappé un pétrolier dans le Golfe et les Gardiens de la Révolution avoir visé des "groupes séparatistes" au Kurdistan irakien.
L'aéroport de Dubaï, le plus fréquenté au monde pour le trafic international, a annoncé samedi la reprise partielle de ses opérations, après une brève suspension plus tôt dans la matinée à la suite d'une interception au-dessus de l'aéroport, rapportée par un témoin à l'AFP.
La veille au soir, Donald Trump se félicitait que les opérations militaires "se déroulent très bien", après avoir écrit sur son réseau Truth Social qu'il n'y aurait "pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION!".
En parallèle, les grandes entreprises américaines de la défense vont quadrupler leur production d'armes sophistiquées, a annoncé Donald Trump, dont le département d'Etat a approuvé la vente de 12.000 bombes à son allié israélien.
Les bombardements se sont enchaînés ces derniers jours sans relâche, l'armée israélienne annonçant avoir frappé "400 cibles" à travers l'Iran vendredi. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a, lui, dit avoir frappé plus de "3.000" cibles depuis le déclenchement de l'opération "Fureur épique".
Selon les autorités iraniennes, environ un millier de personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, a dit le porte-parole du gouvernement vendredi. L'AFP ne peut pas vérifier ces affirmations.
- Extension du conflit -
Depuis son déclenchement le 28 février, la guerre s'est propagée dans la région, avec des retombées jusqu'à Chypre, membre de l'UE, où une base aérienne britannique a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne.
Une attaque de drones iraniens contre l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, soulève par ailleurs la crainte d'une extension du conflit au Caucase, selon des experts, Bakou ayant accusé Téhéran d'attaque "terroriste" et ordonné à l'armée de préparer des représailles.
La Turquie a, elle été visée par un tir de missile balistique iranien mercredi, même si l'on ignore si le projectile visait délibérément le pays, membre de l'Otan.
Le conflit s'étend aussi au Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil. Vendredi soir, les forces de la coalition menée par Washington en Irak ont intercepté des drones chargés d'explosifs au dessus d'Erbil, selon les autorités kurdes.
Les monarchies du Golfe continuent elles aussi de vivre au rythme des alertes, après des frappes répétées de l'Iran qui assure ne s'en prendre qu'à des intérêts américains. Treize personnes, dont sept civils, sont mortes dans la région, habituellement paisible.
Samedi matin, des correspondants de l'AFP ont entendu des explosions à Dubaï, aux Emirats arabes unis, mais aussi dans la capitale du Bahreïn, Manama. Et en Arabie saoudite, l'armée a détruit dans la nuit un missile balistique qui visait la base aérienne du prince Sultan abritant des militaires américains.
Le ministre saoudien de la Défense Khaled ben Salmane a appelé samedi l'Iran à la "sagesse" et l'a mis en garde contre "toute erreur d'appréciation",
- Affrontements au Liban -
Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah a attaqué Israël pour "venger" la mort de l'ayatollah Khamenei, un "désastre humanitaire" se profile, a averti son Premier ministre Nawaf Salam, avec le déplacement massif des habitants de la banlieue sud de Beyrouth - d'ordinaire quelque 600.000 à 800.000 - bastion du mouvement pro-iranien.
Le bilan des bombardements massifs israéliens lancés s'est alourdi, avec au moins neuf nouveaux morts vendredi soir dans des frappes dans l'est, portant le bilan total depuis lundi à 226 tués et quelque 800 blessés selon les autorités.
Environ 300.000 personnes ont dû fuir, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, souvent sans savoir où aller.
Samedi matin, l'agence de presse libanaise officielle Ani a rapporté que des soldats israéliens avaient tenté de se poser le long de la frontière libano-syrienne, dans le district de Baalbek où le Hezbollah dispose d'un fief.
Israël n'a pas commenté, mais si cette information était confirmée, il s'agirait de l'opération israélienne menée le plus en profondeur au Liban depuis 2024, lorsqu'Israël avait appréhendé un agent du Hezbollah dans le nord du pays.
Le mouvement a dénoncé "l'infiltration de quatre hélicoptères" militaires israéliens "depuis la direction de la Syrie" et dit samedi avoir combattu une "infiltration" de l'armée israélienne dans l'est du Liban dans la nuit.
La veille dans le sud du Liban, une position de la Force intérimaire des Nations Unies (Finul) a été prise pour cible vendredi, blessant grièvement deux Casques bleus ghanéens, selon un média d'Etat et l'armée ghanéenne.
burs-al/mdh
C.Hamad--SF-PST