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Municipales: en meeting à Lyon, Mélenchon défend la Jeune Garde et charge la presse
En meeting à Lyon jeudi soir, alors que La France insoumise est en pleine tourmente après le meurtre de Quentin Deranque, Jean-Luc Mélenchon a renouvelé son soutien au mouvement anti-fasciste de la Jeune Garde et a de nouveau ciblé la presse.
"La demande de dissolution de la Jeune Garde ne repose sur rien (...) ce n'est pas une organisation criminelle", a assuré le fondateur de LFI, venu dans la capitale des Gaules pour soutenir la députée du Rhône et candidate aux municipales, Anaïs Belouassa-Cherifi.
Le mouvement de gauche radicale, accusé par ses rivaux d'encourager un climat de violence, réfute toute responsabilité indirecte dans la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, que M. Mélenchon a qualifié de "fasciste". Et ce même si un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, originaire de Lyon et cofondateur du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, est mis en examen pour complicité d'homicide.
"Leur formation ne prévoit pas qu'on tue", a plaidé le triple candidat à la présidentielle, devant 2.000 militants, selon les organisateurs.
"Quand une bagarre commence, on ne sait jamais comment elle va finir. C'est pour ça que je dis +pas de bagarre+", a-t-il encore avancé.
Avant lui, Anaïs Belouassa-Cherifi avait cité Martin Luther King en déclarant: "la violence n’apporte jamais la paix durable". Et en se présentant comme "la candidate de l'antifascisme".
Le meeting a notamment été rythmé par des chants "Siamo tutti antifascisti" lancés par les militants. Ce slogan italien apparu dans les années 1920 en opposition à Mussolini est un classique des meetings insoumis, mais était repris avec encore plus de vigueur dans ce climat où LFI affirme plus que jamais son opposition au "fascisme" et son soutien de la Jeune Garde.
Jean-Luc Mélenchon a également profité de l'occasion pour charger de nouveaux les médias, avec qui les relations des Insoumis se sont envenimées depuis la mort de Quentin Deranque.
Ciblant "les croûtons" et "la vieille presse indignée", le triple candidat à la présidentielle est revenu sur la conférence de presse réservée aux "nouveaux médias numériques", souvent marqués à gauche, qu'il a tenue en début de semaine et pour laquelle de nombreux médias nationaux, dont l'AFPTV, Libération et LCI, n'ont pas obtenu d'accréditation.
"Nous ne renoncerons pas" à trier les médias, a assumé Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant ces derniers de "menteurs".
Le septuagénaire s'en est notamment pris à BFMTV, qui diffusait le meeting lyonnais contre sa volonté. Il a appelé les spectateurs de la chaîne d'information en continu à plutôt suivre son allocution sur sa propre chaine YouTube.
- Appels à la démission de Arnault -
Jeudi matin, deux figures de gauche, François Ruffin et Marine Tondelier ont appelé à la démission de Raphaël Arnault.
Le premier en raison de la mise en examen de son collaborateur parlementaire. La seconde en invoquant la condamnation pour violences du député du Vaucluse, survenue avant son élection à l'Assemblée mais devenue définitive après, lorsqu'il s'est désisté de son appel.
A Lyon également jeudi pour soutenir les sortants écologistes à la mairie et à la métropole, Grégory Doucet et Bruno Bernard, le sénateur Yannick Jadot a également appelé Jean-Luc Mélenchon à "rejeter la violence de la Jeune Garde, très clairement".
François Hollande, autre figure de gauche volontiers critique de LFI, était également présent dans le Rhône jeudi. Et a réaffirmé sa ligne pour le second tour des municipales: aucun accord avec La France insoumise pour le PS.
"La seule chose qu'il est possible de faire, c'est que la liste qui arrive derrière au deuxième tour se retire purement et simplement. Mais pas de fusion", a-t-il expliqué à l'AFP.
- Dépôt des listes -
A moins de trois semaines du scrutin, la campagne prend un nouveau tournant avec la fin du dépôt des listes en préfecture. Le couperet pour les quelque 34.700 communes est tombé à 18H00 et il faudra s'attendre à quelques exceptions comme l'île de Molène, qui faute de candidats sera privée de premier tour le 15 mars.
Des rebondissements ont eu lieu aussi, comme à Marseille où Christine Juste, adjointe au maire à l'environnement, furieuse de ne pas figurer sur la liste du maire sortant Benoît Payan (divers gauche) pour cette nouvelle élection, a réussi en quelques jours à monter sa propre équipe, officialisée jeudi.
A Pau, c'est l'ancien Premier ministre François Bayrou, candidat à sa réélection à la mairie, qui a présenté son programme.
J.AbuHassan--SF-PST