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Syrie: Damas et les Kurdes annoncent un accord, une "étape historique" selon Washington
Après des mois d'impasse et des combats, Damas et les Kurdes ont annoncé vendredi un accord "global" en vertu duquel les forces et l'administration de la zone autonome kurde seront progressivement intégrées au sein de l'Etat syrien, déterminé à contrôler l'ensemble du territoire national.
Les Etat-Unis, qui soutenaient les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) mais appuient désormais le pouvoir du président islamiste Ahmad al-Chareh, ont salué une "étape historique" dans l'unification de la Syrie.
Cet accord intervient après que les puissantes forces kurdes ont subi un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie sous la pression militaire.
Le texte prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans la zone autonome kurde, établie par cette minorité dans le nord et le nord-est du pays au cours de la guerre civile (2011-2024).
Les nouvelles autorités islamistes, qui ont renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad, sont déterminées à étendre leur autorité sur l'ensemble du territoire syrien.
Le texte de l'accord a été d'abord annoncé par les FDS, puis par la chaîne de télévision officielle syrienne.
S'il met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes, il offre certaines concessions par rapport à un accord annoncé le 18 janvier par Damas et rejeté par les Kurdes.
Ainsi, les puissantes Forces Démocratiques syriennes (FDS) resteront regroupées au sein d'une division de l'armée syrienne, constituée de trois brigades, selon l'accord.
- Poche de Kobané -
En outre, les forces kurdes de la poche de Kobané, plus à l'ouest, seront constituées en une brigade relevant de l'armée.
Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole de la victoire des combattants kurdes contre les jihadistes de l'EI, est actuellement cernée par l'armée.
Les "administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des institutions de l'Etat syrien, et les employés civils seront maintenus" dans leurs fonctions", ajoute également le texte.
Un source gouvernementale citée par la télévision officielle a souligné que "l'Etat va prendre le contrôle de toutes les institutions civiles et gouvernementales, ainsi que les postes-frontières".
Les Kurdes contrôlaient une portion de la frontière avec la Turquie au nord, qui était fermée, et avec l'Irak à l'est, qui constituait le principal point de passage vers la zone autonome.
Le texte prévoit en outre la consolidation du cessez-le-feu, que Damas et les FDS avaient prolongé le 24 janvier pour 15 jours, et "le retrait des forces militaires des points de contact".
- France et Etats-Unis -
Sur X, Elham Ahmed, une haute dirigeante de l'administration autonome, a exprimé sa "profonde gratitude aux médiateurs", notamment "les Etats-Unis et la France, qui ont déployé des efforts considérables" afin de parvenir à cet accord.
L'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a salué une "étape historique" dans "le cheminement de la Syrie vers la réconciliation nationale, l'unité et la stabilité".
A Paris, une source de l'Elysée a souligné jeudi que la France a déployé "beaucoup d'efforts diplomatiques pour pousser vers un accord, à commencer par le président" Emmanuel Macron qui "a eu à plusieurs reprises depuis le 10 janvier le président Chareh et le général Mazloum Abdi", chef des FDS.
Damas et les Kurdes avaient signé en mars 2024 pour l'intégration des institutions de la zone autonome au sein de l'Etat, mais les négociations n'avaient jamais abouti.
Le pouvoir syrien a lancé début janvier une offensive qui lui a permis de déloger les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils tenaient dans la ville d'Alep (nord), avant de les pousser à se retirer des provinces de Raqa et Deir Ezzor.
Ce retrait a été accéléré par la défection massive des combattants arabes au sein des FDS, qui se sont ralliés au pouvoir syrien lors de l'offensive de l'armée.
Dans le même temps, le président Chareh avait publié un décret accordant des droits nationaux à la minorité kurde, dont la langue sera désormais officielle.
A.Suleiman--SF-PST