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Des jihadistes européens transférés de Syrie en Irak, pays qui réclame leur rapatriement
Des Européens figurent parmi les détenus de haut rang de l'organisation Etat islamique (EI) que les Etats-Unis ont transférés de Syrie vers l'Irak voisin, qui a réclamé vendredi leur rapatriement dans leurs pays d'origine.
Sous la pression militaire de l'armée syrienne, les forces kurdes se sont retirées cette semaine des prisons où elles gardaient des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) depuis sa chute en 2019, ainsi que des camps où elles surveillaient leurs familles, dans le nord-est de la Syrie.
Les Etats-Unis ont commencé cette semaine à transférer 7.000 prisonniers de l'EI depuis la Syrie vers l'Irak.
Parmi 150 premiers prisonniers de haut rang déjà transférés dans une prison de Bagdad figurent des Européens, ont indiqué à l'AFP deux responsables de sécurité irakiens.
Amnesty International a jugé vendredi que le groupe de 7.000 détenus en partance pour l'Irak "comprend certainement des Syriens, des Irakiens et d'autres étrangers, ainsi qu'environ 1.000 garçons et jeunes hommes".
L'ONG des droits humains a prié les Etats-Unis de "mettre en place de toute urgence des garanties avant de procéder à d'autres transferts" et demandé à l'Irak d'organiser "des procès équitables, sans recourir à la peine de mort".
Vendredi, le chef du gouvernement irakien Mohamed Chia al-Soudani a appelé, lors d'une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, les pays européens à rapatrier leurs ressortissants, ce qu'ils refusent jusqu'à présent.
Malgré les appels répétés des Kurdes et des Etats-Unis dans le passé, les gouvernements étrangers ont généralement évité de rapatrier leurs ressortissants, craignant des menaces sécuritaires et des réactions politiques négatives.
- "Vide sécuritaire" -
En 2014, l'EI s'est emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant les femmes et les filles à l'esclavage sexuel, mais avec le soutien d'une coalition menée par les Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont finalement vaincu les jihadistes en Syrie cinq ans plus tard.
Dans le plus grand camp de proches de jihadistes, al-Hol, la situation était "volatile" ces derniers jours, a indiqué vendredi l'ONU.
Les Kurdes s'en étaient retirés mardi et les forces syriennes y sont entrées le lendemain.
Un ancien employé humanitaire ayant requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que des détenus ont profité du "vide sécuritaire" pour s'évader, sans en préciser le nombre ou la nationalité.
Al-Hol abrite plus de 23.000 personnes, en grand nombre des femmes et des enfants, dont près de 15.000 Syriens et plus de 2.200 Irakiens.
Outre les Irakiens, les étrangers du camp sont au nombre de 6.280, en majorité des Arabes et des Asiatiques, mais aussi un petit nombre d'Occidentaux, selon l'administration précédente.
- Du pain et de l'eau -
Après avoir dû suspendre leur présence durant trois jours pour des raisons sécuritaires, des employés du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) ont pu à nouveau entrer vendredi en fin de journée à l'intérieur du camp d'al-Hol, accompagnés par des représentants du gouvernement syrien.
"La livraison de fournitures essentielles a repris", a annoncé l'agence sur le réseau X, ajoutant que "des camions transportant du pain" sont rentrés dans le camp. Le HCR et l'Unicef avaient pu y faire livrer de l'eau la veille.
L'agence avait pris en charge la gestion du camp le 1er janvier, avant le début des hostilités entre Damas et les forces kurdes, a précisé sa porte-parole Céline Schmitt.
Un deuxième camp plus petit, Roj, qui reste sous contrôle des FDS, abrite 2.328 personnes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.
Un cessez-le-feu, proclamé mardi soir, est globalement respecté entre l'armée syrienne et les Kurdes.
En vertu d'un accord, quelque 800 combattants kurdes qui étaient retranchés dans la prison d'Al-Aqtan à Raqa, où ils gardaient des prisonniers de l'EI, ont été évacués sous la garde des forces syriennes.
Un journaliste de l'AFP à Raqa a vu des cars et des voitures quitter la prison dans la nuit de jeudi à vendredi, escortés par des véhicules des forces syriennes.
Lundi, le ministère syrien de l'Intérieur avait affirmé que 120 membres de l'EI s'étaient évadés d'une autre prison, Chaddadi, mais qu'il avait réussi à en arrêter 81.
"Les récentes évasions présumées de détenus de Daech (acronyme de l'EI) au milieu des affrontements sont extrêmement préoccupantes", a déclaré vendredi un porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni.
M.Qasim--SF-PST