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De nouveaux pourparlers americano-ukrainien lundi, après un dimanche de négociations
Le président ukrainien et les négociateurs américains se retrouvent lundi à Berlin, dans la foulée de cinq heures de pourparlers dimanche, Kiev espérant convaincre Washington qu'un cessez-le-feu doit intervenir en Ukraine sans concessions territoriales préalables à la Russie.
Les parties "ont convenu de continuer demain", a indiqué à la presse le conseiller du chef de l'Etat ukrainien, Dmytro Lytvyn, ajoutant que Volodymyr Zelensky s'exprimerait lundi.
Un photographe de l'AFP a vu le dirigeant de l'Ukraine quitter la chancellerie allemande, lieu de la rencontre, peu avant 21H00 (20H00 GMT).
Outre ce deuxième round de discussions ukraino-américaines, de nombreux dirigeants européens sont attendus lundi soir à Berlin pour accorder leurs positions et peser sur le plan américain pour mettre fin à la guerre mais jugé trop favorable à la Russie.
Comme Kiev, ils s'opposent au fait de céder aux revendications maximalistes du Kremlin. Ils craignent que le président américain, Donald Trump abandonne l'Ukraine et que l'Europe soit exclue des débats sur la sécurité du continent, alors que le Kremlin est perçu comme une menace majeure.
Des photos diffusées par la présidence ukrainienne montraient les deux dirigeants en compagnie des émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
MM. Zelensky et Witkoff s'y donnent l'accolade en souriant.
Sur X, M. Merz a jugé que des "questions difficiles" étaient sur la table et que les "intérêts ukrainiens sont aussi les intérêts européens".
Avant la rencontre, M. Zelensky a dit vouloir convaincre les Etats-Unis de soutenir un cessez-le-feu impliquant un gel de la ligne de front, et non la cession de tout le Donbass (est), comme réclamé par le Kremlin et proposé par Washington: "J'aimerais que les Américains nous soutiennent sur ce point".
Kiev et l'Europe ont toujours refusé cette concession, qui récompenserait l'agresseur.
M. Zelensky a aussi dit dimanche, avant les négociations, que Washington n'avait pas encore répondu à la version du plan pour mettre fin au conflit, amendée cette semaine par Kiev et les Européens.
- Fortes objections russes -
Interrogé par la télévision d'Etat russe, le conseiller de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov a balayé ces amendements, prédisant de "fortes objections", tout en admettant ne pas en avoir pris connaissance.
M. Zelensky a aussi réaffirmé vouloir des garanties de sécurité européennes et américains pour dissuader toute nouvelle attaque : "Nous voulons être sûrs qu'il n'y aura pas de répétition de la guerre après un cessez-le-feu".
Il s'agirait d'un mécanisme inspiré de l'article 5 de l'Otan prévoyant une protection mutuelle des pays membres, sans adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique, comme le demandait Kiev auparavant.
"C'est déjà un compromis de notre part", a jugé M. Zelensky, car c'est une revendication majeure de Moscou.
Alors que les hostilités se poursuivent, ajoutant de nouvelles victimes aux centaines de milliers de morts et de blessés, Donald Trump a affiché son impatience cette semaine face à la lenteur des discussions autour de son plan de règlement du conflit déclenché par l'invasion russe de février 2022.
- L'Europe veut peser -
Lundi, M. Zelensky doit aussi s'entretenir à Berlin avec le chancelier Merz, son principal bailleur en Europe, et se rendre à un forum économique germano-ukrainien. Dans la soirée, de nombreux dirigeants européens alliés de Kiev sont attendus à Berlin pour un dîner à huis-clos.
Maintenus sur la touche par une Maison Blanche critique de ses alliés du Vieux continent, les Européens veulent peser, arguant que la sécurité européenne est en jeu et que la Russie est une menace continentale.
L'Ukraine est pressée par Washington et Moscou de céder la partie du Donbass qu'elle contrôle, essentiellement dans la région de Donetsk. Il s'agirait d'y créer une "zone économique libre" ou une "zone démilitarisée".
En échange, l'armée russe se retirerait de la partie occupée des régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk (nord, nord-est et centre-est), mais se maintiendrait dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud) dont Moscou revendique l'annexion.
La version du plan américain révisée par les Ukrainiens n'a pas été rendue publique. Un texte a également été soumis à Moscou par Steve Witkoff.
L'Ukraine est particulièrement sous pression: la présidence est affaiblie par un scandale de corruption, l'armée recule et la population soumise à des coupures de courant à cause des frappes russes.
burx-alf/sba
L.AbuTayeh--SF-PST