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A Jérusalem, Merz réaffirme le soutien de l'Allemagne à Israël avant une rencontre avec Netanyahu
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a réaffirmé le soutien de l'Allemagne à Israël dimanche, lors d'une visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem, avant d'entamer une rencontre avec son homologue, Benjamin Netanyahu.
M. Merz est arrivé samedi pour une visite diplomatique en Israël, la première depuis sa prise de fonctions, destinée à consolider la relation privilégiée entre les deux pays, après des frictions au vu de la guerre menée dans la bande de Gaza et des violences de colons juifs extrémistes en Cisjordanie occupée.
"L'Allemagne doit défendre l’existence et la sécurité d'Israël. Cela restera à jamais profondément inscrit dans le lien qui nous unit", a déclaré le chancelier au mémorial Yad Vashem, mettant en avant "la responsabilité historique durable" de son pays dans l'extermination de six millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il a ensuite été entamé un entretien avec M. Netanyahu, de plus en plus isolé sur le plan international.
L'entretien doit porter sur les efforts en vue de passer à une deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, dans le cadre du plan du président américain Donald Trump censé mettre un point final à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël.
Accueilli samedi à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui l'a qualifié d'"ami d’Israël ", M. Merz a ensuite rencontré dans la soirée le président israélien, Isaac Herzog, à Jérusalem.
"Se tenir au côté de ce pays fait partie du noyau essentiel, immuable de la politique de la République fédérale d'Allemagne et le restera", a-t-il déclaré à l'issue de cette rencontre, alors que sa décision prise en août de décréter un embargo partiel sur les exportations d'armes de son pays vers Israël face à l'intensification des bombardements sur Gaza avait fortement déplu aux autorités israéliennes.
"Les actions de l'armée israélienne à Gaza nous ont posé quelques dilemmes [et] nous y avons réagi", mais "nous avons également constaté qu'à ce jour, il n'y a fondamentalement aucune divergence [entre nous]", a ajouté M. Merz, qui a levé cet embargo fin novembre à la faveur du fragile cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre.
"Israël a le droit de se défendre car c'est la seule façon de garantir son droit à exister", a-t-il encore déclaré.
- Appel à Mahmoud Abbas -
Avant son départ, M. Merz avait appelé au téléphone le président palestinien Mahmoud Abbas pour l'exhorter à mettre en oeuvre des "réformes urgemment nécessaires" pour pouvoir "jouer un rôle constructif" dans l'après-guerre à Gaza.
Selon le porte-parole du gouvernement allemand, il a aussi salué "l'attitude coopérative" de l'Autorité palestinienne envers le plan Trump, et réitéré le soutien de Berlin à une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, qui est rejetée par le gouvernement Netanyahu.
Lors d'une brève escale samedi à Aqaba, dans le sud de la Jordanie, où il a rencontré le roi Abdallah, II, M. Merz a appelé à ce que plus d'aide humanitaire soit acheminée à Gaza et à ce que les combattants du Hamas déposent les armes.
Selon un communiqué du palais royal, le roi Abdallah a lui plaidé pour la mise en oeuvre de "toutes les étapes de l'accord pour mettre fin à la guerre et fournir une aide humanitaire" à travers toute la bande de Gaza. Il a aussi mis en garde contre "l'escalade (des violences) israéliennes en Cisjordanie".
- "Grandes attentes" -
Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas reste très fragile, les deux camps s'accusant de façon quasi-quotidienne de le violer, alors que la deuxième étape du plan Trump, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas, le déploiement d'une force internationale dans le territoire palestinien et le retrait de l'armée israélienne n'a toujours pas été enclenchée.
Après sa victoire aux législatives, fin février, Friedrich Merz avait assuré que Benjamin Netanyahu pourrait venir en Allemagne malgré le mandat d'arrêt émis à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerres et contre l'humanité dans la bande de Gaza.
Mais ce n'est "pas un sujet pour le moment", a récemment souligné la chancellerie.
Désormais, M. Netanyahu a de "grandes attentes" et espère un "signal de soutien continu" de Berlin, a dit à l'AFP Michael Rimmel, le directeur à Jérusalem de la Fondation Konrad-Adenauer, étroitement affiliée aux chrétiens-démocrates (CDU) de M. Merz.
E.Qaddoumi--SF-PST