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Espagne : l'opposition de droite rassemblée à Madrid contre Pedro Sánchez, cerné par des affaires judiciaires
"Ça suffit !", "Pas un jour de plus !" : l'opposition de droite espagnole et plusieurs dizaines de milliers de sympathisants se sont réunis dimanche à Madrid, pour demander "la démission" du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, cerné par des affaires judiciaires qui touchent son entourage.
Ce rassemblement organisé par le Parti populaire (PP, droite) est intervenu quelques jours après deux revers subi coup sur coup par le dirigeant de gauche : la condamnation du procureur général de l'Etat - qu'il avait défendu coûte que coûte - pour violation du secret judiciaire et le placement en détention provisoire de son ancien bras droit et ministre, José Luis Ábalos, dans une affaire de corruption.
"L'Espagne en a assez de ceux qui se croient au-dessus de tout le monde !", a accusé le patron du PP, Alberto Núñez Feijóo, appelant une nouvelle fois l'exécutif à organiser des élections législatives anticipées.
"Le +Sanchisme+ est en prison et doit être chassé du gouvernement", a-t-il encore tancé face à une foule compacte brandissant des drapeaux espagnols, après avoir énuméré les affaires judiciaires qui touchent notamment la conjointe et le frère de Pedro Sánchez, dans des dossiers distincts.
La corruption, "c'est leur système, leur mécanisme, leur façon de prendre et de garder le pouvoir", a encore reproché Alberto Núñez Feijóo devant, notamment, le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, et l'ancien Premier ministre Mariano Rajoy.
Selon un chiffre communiqué par la préfecture de Madrid à l'AFP, 40.000 personnes étaient présentes dimanche au rassemblement.
A la tribune, la cheffe de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a quant à elle affirmé que "l'Espagne vit son moment le plus critique" en près de 50 ans de démocratie, "abandonnée aux mains d'une mafia, d'un projet totalitaire".
Parmi les manifestants, le même message de ras-le-bol revenait auprès des personnes interrogées par l'AFP : "La situation est devenue intenable", a regretté Daniel Noguera, un étudiant madrilène de 18 ans venu avec son père, déplorant "les prix (qui) augmentent sans cesse", notamment le logement, qui "devient de plus en plus inaccessible".
Pour Marcelle, une retraitée qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, la seule solution est ainsi de "convoquer des élections et laisser le peuple décider" dans les urnes, dans ce paysage politique très polarisé.
A 78 ans, elle vient à son "deuxième" rassemblement politique de sa vie et se qualifie d'"apolitique", mais surtout d'"anti-mensonges", écornant "le menteur" Pedro Sánchez, à son poste depuis 2018.
Le dirigeant socialiste, qui s'est excusé à plusieurs reprises auprès des Espagnols pour les affaires l'entourant et qui jure qu'il ne démissionnera pas d'ici la fin de la législature en 2027, dénonce quant à lui des attaques ourdies par la droite et l'extrême droite destinées à l'affaiblir.
Y.Shaath--SF-PST